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Plus de 2000 Nigérians rapatriés du Cameroun en deux semaines

Les services nigérians de l’immigration notent qu’il s’agit pour la plupart de réfugiés qui avaient trouvé un abri dans les camps à l’Extrême-Nord. Conséquence des attentats perpétrés au Cameroun

Plusieurs Nigérians, dont le nombre dépasse 2000, ont été rapatriés ces dernières semaines du Cameroun pour leur pays d’origine, rapporte le journal nigérian Daily Times ce vendredi. Il s’agit essentiellement de personnes déplacées internes (PDI) qui avaient trouvé refuge en terre camerounaise, observe ce média.

En visite au Cameroun les 29 et 30 juillet, le président de la République fédérale du Nigéria, Muhammadu Buhari, a pourtant salué «l’hospitalité» que le Cameroun accorde aux dizaines de milliers de réfugiés de son pays.

Le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord a été la cible, les 22 et 25 juillet 2015, de trois attentats suicides, perpétrés par des kamikazes, qui ont fait officiellement, selon les bilans officiels, au moins 34 morts et 117 blessés.

Le ministre camerounais de la Défense a déclaré lundi dernier, 27 juillet, en début de matinée, sur la radio publique nationale, que l’identité des kamikazes de l’Extrême-Nord n’était pas encore «clairement définie».

Le gouverneur de cette région partageant des frontières avec le Nigéria, Midjiyawa Bakary, a pris de nombreuses mesures pour prévenir d’éventuels attentats, à l’instar: du port du voile intégral, le refoulement systématique de tout étranger sans possession de ses papiers d’identité, la fermeture des écoles coraniques illégales, l’interdiction du commerce ambulant entre autres.

Le rapatriement massif de Nigérians serait survenu à l’issue de l’explosion d’une bombe dans l’un des camps de réfugiés installés à l’Extrême-Nord. Le Service de l’immigration nigériane a été averti hier de l’expulsion de 1500 réfugiés.

La seule semaine dernière, les autorités camerounaises ont rapatrié 520 Nigérians qui s’étaient rendus dans le pays à cause de l’insurrection meurtrière de Boko Haram, a révélé à Daily Times Ubi Ikpi Nkanu, contrôleur au Service nigérian de l’immigration, en charge des Etats de l’Adamawa et de Taraba.

Soupçons de complicité avec Boko Haram
Un autre haut responsable du Service a indiqué que la décision des autorités camerounaises de rapatrier 1500 Nigérians était due à des problèmes de sécurité.

Cela fait partie des «mesures de précaution prises par les autorités camerounaises pour faire face à l’aggravation de l’insécurité sur son sol, découlant de l’escalade des attaques de Boko Haram», a-t-il expliqué à ce journal paraissant au Nigéria.

Ce haut fonctionnaire, qui a souhaité gardé l’anonymat, a précisé que les autorités camerounaises ont justifié leur acte en raison du «soupçon» que certaines des attaques commises sur leur sol ont bien été perpétrées avec la collaboration de certaines personnes déplacées.

Les autorités camerounaises ont également pris la décision de démonter les camps montés dans les zones touchées par les incursions du groupe terroriste.

Selon lui, la plupart des personnes rapatriées sont des femmes et des enfants.

L’enquête menée par le Daily Times révèle que les Nigérians rapatriés par les autorités camerounaises campent maintenant à Sagoda, une communauté frontalière jouxtant les deux pays.

Les autorités administratives de Borno et de l’Adamawa sont en train de réfléchir à la réinstallation de ces déplacés dans les camps d’accueil des deux Etats, au Nigéria.

La majorité d’entre eux sont des autochtones de l’Etat de Borno qui ont fui les attaques de la secte menées sur Gwoza et d’autres communautés de Borno, attaques qui ont forcé les habitants à fuir vers le Cameroun et le Tchad.

Le Tchad, victime d’attentats avant le Cameroun, a clairement demandé pour sa part au HCR de relocaliser les réfugiés nigérians en territoire nigérian.

Des déplacés internes au Nigéria. Photo pour illustration
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