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PolĂ©mique autour des rĂ©sultats du concours d’entrĂ©e Ă  la police camerounaise

Par Vincent-Sosthène Fouda, Président du Mouvement camerounais pour la social-démocratie (M.C.P.S.D)

Environ 61 500 postulants au dernier concours de recrutement Ă  la police nationale du Cameroun, 35 000 fr. CFA pour constituer le dossier. Quand on a Ă©tĂ© admissible, il faut enfin passer les oraux et les examens mĂ©dicaux soit environ 30 000 fr. CFA. Nous avons pris le temps d’examiner les 121 listes affichĂ©es Ă  l’Ecole de Police de YaoundĂ© pour inviter les candidats Ă  concourir.

Après ce premier travail, nous avons pris les 43 pages des candidats admissibles puis nous avons pris le temps d’Ă©couter les enregistrements audio de la CRTV annonçant les rĂ©sultats mis en ligne sur le site CIN. Puis enfin, nous avons pu accĂ©der aux listes affichĂ©es afin de comprendre comment les rĂ©sultats tant attendus par les 61 500 Camerounais au dĂ©part ont pu tourner au cauchemar malgrĂ© les assurances du ministre-dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de la sĂ»retĂ© nationale.

La presse Ă©crite, notamment les quotidiens Mutations et Le Jour en ont fait des dossiers purement journalistiques sans fouiller, donc sans montrer. C’est ainsi qu’une candidate pourtant admissible et en 11ème position sur la liste additive des commissaires de police a Ă©tĂ© jetĂ©e en pâture, accusation reprise par le politologue Eric-Mathias Owona Nguini sur sa page Facebook avec mise en Ă©vidence :


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A la lecture de la liste additive du 13 novembre 2015, nous pouvons constater que la candidate Vanta Eto Annie Lucrece y figure en 11ème position.

Rappelons que pour ce concours de la police 5 500 candidats avaient pris la ligne de départ pour 100 places dont 75 places pour le concours direct et 25 places pour les spécialistes.

Les résultats des admissibilités ont été communiqués en respectant ces deux catégories (admission directe ou généralistes et spécialistes)
Nous avons consulté le Cameroon Tribune du 27 février 2015 dans lequel un papier signé de Jeanine Fankam est consacré à ce concours avec des interventions de deux inspecteurs généraux de la délégation générale à la sûreté nationale Jean Marie Mvogo et Pierre Marie Ngouanom.

Tripatouillage réel. Nous considérons que cette liste additive est la vraie par rapport à la première publiée plus haut.


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Elle comporte cependant les mĂŞmes noms que la première avec en 11ème position la candidate Vanta Eto Annie Lucrece. Nous savons aussi qu’elle a concouru pour la catĂ©gorie Elèves-Commissaires de 1ère annĂ©e c’est-Ă -dire pour les 75 places.

Maintenant, regardons ensemble les documents suivants qui montrent Ă  suffisance qu’il y a eu tripatouillage des listes.


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Les noms de Mfossi Nchamoun Soulemane Rejel et Monkoup Mapiemfu Makika n’y figurent point.


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Absence des deux noms sur la liste additive. Ces deux candidats ne figurent même pas sur la liste des 61 500 candidats invités à prendre la ligne de départ ni sur celle des 5 500 pour les 100 postes de commissaires.


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Miraculeusement, ils sont ici 3ème et 4ème nom.


Peut-on avoir une explication rationnelle et objective Ă  ce tripatouillage ?

La rĂ©ponse est manifestement oui. En effet sur la liste des 25 dans certaines spĂ©cialitĂ©s, il y a eu un rĂ©sultat soit nĂ©ant donc, aucun candidat admissible, soit encore moins d’admissibles que le nombre de places ouvertes. Regardons ensemble.


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Ici, le ministre-dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral Ă  la sĂ»retĂ© nationale voulait deux ingĂ©nieurs de conception de tĂ©lĂ©communication, aucun Camerounais n’a pu remplir les critères d’admissibilitĂ©. Question que sont devenues les deux places ?
RĂ©ponse probable

Mais ce n’est pas tout regardons :
La sûreté nationale devait recruter 2 ingénieurs de génie civil, mais un seul a été déclaré admissible pour les épreuves orales, une place est donc ainsi libérée pour le tripatouillage.
Je pourrais continuer cet exercice encore pendant longtemps seulement au niveau des commissaires.

24 000 Camerounais ont pris la ligne de dĂ©part pour 190 places d’Ă©lèves officiers de police. 421 candidats ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s admissibles. Les irrĂ©gularitĂ©s ici sont encore plus flagrantes.


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Conclusion partielle
Chers compatriotes, c’est pour vous que je me suis engagĂ© dans la vie politique – pour combattre les injustices et donner Ă  tous les chances de rĂ©ussir parce que c’est cela la rĂ©publique. En RĂ©publique, on a le droit de choisir son destin, son travail, voilĂ  pourquoi certains d’entre vous ont passĂ© le dernier concours de la police en croyant Ă  cet idĂ©al. En rĂ©publique les choses ne sont pas jouĂ©es d’avance, tout dĂ©pend donc de nous citoyens.

La deuxième valeur de l’identitĂ© de la RĂ©publique c’est que nous vivons tous, ensemble dans le mĂŞme territoire que nous appelons le pays, la patrie c’est-Ă -dire le fatherland la terre de nos pères. La RĂ©publique, c’est un cadre de conception et d’application de la loi, la mĂŞme pour tous. VoilĂ  pourquoi je vous invite Ă  vous unir Ă  moi pour faire le droit et la loi Ă  l’Ecole Nationale SupĂ©rieure de Police oĂą 7 noms prĂ©alablement non admissibles se retrouvent admis Ă  la fin du processus. Non, ce n’est pas une affaire de bafia, ce n’est pas une affaire d’ewondo, de moundang, de mafa, de bafou, de bangou, de foto, d’eton, mais une affaire de Camerounais.

Ce n’est pas une affaire de basa’a ou de bakoko, de bawairi ou de douala, de yabassi ou de fang, mais une affaire de Camerounais. Il ne s’agit pas d’une tribu contre une autre, il ne s’agit pas d’une affaire d’anglophone ou de francophone, mais bien une affaire de Camerounais. Il s’agit de dire que l’Ă©cole de la RĂ©publique est le lieu de l’apprentissage de la citoyennetĂ© et du « vivre ensemble » un vivre ensemble qui est construction du « nous-commun ». Il s’agit ici de dire qu’un concours est une construction rĂ©publicaine de l’Ă©galitĂ© des chances ; c’est un principe fondateur de la RĂ©publique, le concours est le seul moyen de donner les mĂŞmes chances Ă  tous et Ă  chacun, c’est ce que nous appelons des inĂ©galitĂ©s acceptables dans la mesure oĂą les candidats ont les mĂŞmes chances sur la ligne de dĂ©part.

C’est par notre engagement aujourd’hui que nous pouvons demander au ministre dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral Ă  la sĂ»retĂ© nationale de reculer ou de rĂ©tablir dans ce concours les mĂŞmes chances pour tous. Sommes-nous disposĂ©s Ă  le faire ?


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