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Politique et insécurité s’invitent dans les journaux camerounais

La politique est à l’épreuve de la crise anglophone et des nouvelles menaces de Boko Haram, dans les journaux camerounais parus lundi.L’image saisissante, en couverture de L’essentiel rehaussée du titre «La paix maintenant», représente plusieurs femmes plongées dans les lamentations, l’«arbre de la paix» à la main et brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire : «Nous voulons que nos époux et nos enfants rentrent à la maison».

Derrière ce cliché, le bihebdomadaire entend manifestement traduire la lassitude des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest face à un conflit armé ayant déjà fait des centaines de morts, des milliers de déplacés internes et de réfugiés au Nigeria voisin.

A la suite de la descente sur le terrain du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, un constat se dégage : son offre de dialogue, prescrite par le président Paul Biya, rencontre l’adhésion des populations, dans un contexte où l’issue heureuse de la crise passe inéluctablement par un cadre de concertation qui prendra en compte tous les acteurs de la société.

De nouvelles perspectives de paix sont en effet apparues, acquiesce le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune qui a fait le choix de recueillir les avis et les espoirs de plusieurs résidents des zones sous conflit, tous s’accrochant comme à une bouée au message de paix transmis aux populations par le chef du gouvernement.

«D’aucuns suggèrent déjà que ce dialogue, quoique destiné prioritairement à ramener la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, soit élargi à l’ensemble de la République, car pour eux, les mêmes causes qui ont créé la violence dans ces deux régions, se retrouvent partout dans le reste du pays», analyse L’essentiel.

Et de s’empresser de constater qu’une certaine opinion a pu percevoir qu’à la suite de la descente d’apaisement du Premier ministre sur le terrain, le ministre de l’Administration territoriale (Minat) a plutôt utilisé des termes plus ou moins offensifs, qui ne sont pas de nature à calmer le jeu sociopolitique.

La déclaration du ministre Paul Atanga Nji, par ailleurs secrétaire permanent du Conseil national de sécurité est venue, soupire Défis Actuels, frontalement contredire le Premier ministre, semant ainsi la confusion au sein de l’opinion et remettant fondamentalement en question la volonté du gouvernement et du président Paul Biya de réellement dialoguer avec le plus grand nombre de belligérants.

Lors de sa récente descente sur le théâtre des affrontements, le Premier ministre, rappelle La Nouvelle, a dit à ses nombreux interlocuteurs qu’on pourra débattre de tout, sauf de la sécession : en le déclarant, Joseph Dion Ngute ne dit pas «oui» au fédéralisme, comme ont tenté de l’insinuer certains commentateurs ; il dit plutôt que celui-ci peut être un sujet de débat, comme bien d’autres, lors de la prochaine plateforme de dialogue.

Il s’agit désormais d’une crise gouvernementale dans la crise anglophone, note The Post, relevant que le sujet a amené, en fin de semaine dernière, le Premier ministre à tancer les ministres «indisciplinés».

Il faut en finir au plus tôt avec la cacophonie gouvernementale ! tonne le politologue Moussa Njoya dans les colonnes de Défis Actuels, attribuant cet état de choses à un capharnaüm largement dû à l’absence d’une véritable instance de coordination de la communication de l’exécutif.

Cameroon Tribune, lui, pointe un doigt accusateur vers les «entrepreneurs de la guerre», des esprits criminels qui se nourrissent du malheur des populations, ces groupes d’individus qui ont voulu programmer le chaos et qui en bénéficient depuis le début.

Le trihebdomadaire L’Anecdote abonde dans le même sens, qui sous le titre «Le bal des imposteurs et des pyromanes» blâme sans filtre ceux qui, divisés en deux groupes, se recrutent dans la classe politique, la société civile, l’Église et l’establishment, les premiers voulant s’en servir pour un nouveau rayonnement tandis que les seconds fulminent de colère, dans la perspective de la perte d’avantages égoïstes.

«Qui parle de dialogue ?» tacle pour sa part L’Actualité : avant de s’en prendre aux autres, le pouvoir de Yaoundé, avec à sa tête Paul Biya, n’a ni la culture de la contradiction démocratique, encore moins la volonté de composer avec ses contempteurs.

C’est le moment que choisit Mutations pour rappeler, à la mémoire collective, que l’insécurité continue également de sévir dans les régions septentrionales du Cameroun où, depuis plus de 6 mois, l’on observe un regain de vitalité de la secte terroriste Boko Haram à travers de multiples exactions, un retour en puissance qui s’explique non seulement par la sècheresse qui sévit dans le Grand-Nord et favorise la mobilité des terroristes, mais aussi et surtout par la recherche d’approvisionnement en denrées alimentaires et en médicaments.

L’Extrême-Nord est de nouveau plongé dans la psychose, confirme le tri-hebdomadaire régional L’œil du Sahel, constatant à son tour que le mouvement jihadiste a repris du poil de la bête en s’attaquant prioritairement, cette fois, à l’armée avec des attaques devenues quasi-quotidiennes.

Une approche globale s’impose, tranche Cameroon Tribune : même si la majorité des pays qui en, sont victimes font en outre face à d’autres types de menaces internes, l’heure doit être à la remobilisation des troupes et au renforcement du dispositif sécuritaire, dans une approche incluant une diversité de mesures.

Dans cette partie du Cameroun où Boko Haram a pris ses quartiers, se dessine une autre menace au sujet de laquelle l’environnementaliste Esaie Tia lance un cri d’alarme : dans une décennie, le septentrion sera «sahélien» à 40% contre un taux de dégradation environnementale de 30% aujourd’hui, si aucune mesure n’est prise contre l’avancée du Sahara.

Entre société et économie, l’hebdomadaire La Météo est vent debout contre un opérateur véreux, pris la main dans le sac en fin de semaine dernière en pleine capitale, Yaoundé : un tenancier de magasins de grande distribution est, également, propriétaire d’entrepôts dans lesquels les services du ministère du Commerce ont découvert, avec stupeur, une machine servant à falsifier les dates de fabrication et de péremption de liqueurs, d’aliments et autres produits de grande consommation.

Entre des lingettes pour bébés, des couches pour adultes, des bonbons au chocolat, des bidons d’huile raffinée dont les étiquettes sont toutes déchirées au même endroit, l’ambiance est glaçante, décrit Cameroon Tribune.

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