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Pollution en eaux camerounaises: Le gouvernement s’est-il trompé ?

Le groupe danois dément les accusations du ministre de l’environnement qui avait lancé une alerte contre la pollution par un de ses navires

Des accusations injustifiées et infondées selon Maersk
L’armateur danois Maersk a confirmé ce vendredi 19 août 2010, le démenti des accusations des autorités camerounaises selon lesquelles un de ses navires, le Nashville, sillonnait actuellement les côtes d’Afrique de l’Ouest dans le but de trouver un endroit où se débarrasser de sa cargaison de déchets toxiques dangereux. La Maersk Nashville est en ce moment dans la localité d’Apapa, au Nigeria, a indiqué Erik Hogh-Sorensen, le responsable de la communication du groupe Maersk, répondant aux questions du site Journalducameroun.com. Monsieur Sorensen affirme que les déclarations du ministre camerounais en charge de l’environnement, et relayées par de nombreux médias qui l’ont rapproché au drame du Kapaola en Côte d’ivoire, sont fausses et infondées, car le Nashville actuellement ne contient aucun produit toxique. Il n’y a aucune preuve pour soutenir les accusations. Maersk ne rejette aucune substance toxique, et à notre avis il n’existe aucun malentendu technique, nous a indiqué le responsable de Maersk, précisant que quinze conteneurs du Maersk Nashville ont été choisis par l’agence environnementale nigériane (NESREA) pour une inspection de déchets toxiques le 26 juillet, et aucune cargaison toxique ou suspecte n’a été trouvée. Le responsable de Maersk nous a indiqué pour conclure que le groupe danois respectait toutes les régulations internationales afin d’éviter toute participation à un trafic illégal, y compris de déchets toxiques ou de toute autre cargaison illégale.

Une erreur de chargement à l’origine de l’incident?
Dans le communiqué de démenti cependant, l’armateur a indiqué qu’il était de la responsabilité du client de déclarer correctement ce qu’il chargeait dans le conteneur. Or toujours selon le même communiqué, le propriétaire du porte-conteneurs en question n’est pas néerlandais mais allemand. Le navire aurait tout simplement été affrété par Maersk. Pourtant c’est principalement à ce niveau que le problème serait né. Selon certaines sources médiatiques, la première alerte aurait été donnée par le ministère néerlandais de l’environnement « VROM ». Ce ministère hollandais aurait attiré l’attention des autorités nigérianes de ce que le Nashville transporterait des vieux téléviseurs. Or selon une directive européenne, les vieux appareils électroniques ne devraient plus être exportés en dehors des pays membres de l’OCDE, l’Organisation européenne de coopération et de développement économiques. Et toujours selon cette source, ce conteneur de vieux téléviseurs aurait été chargé sur le Nashville par erreur. Cette erreur découverte par le VROM, celui-ci aurait alerté les autorités Nigérianes. L’inspection évoquée par le groupe Maersk a permis de retrouver le conteneur incriminée et de le retourner à son point de départ, toujours selon des sources médiatiques. Répondant à une de nos correspondances, la position du ministère hollandais de l’environnement est claire et simple. Les autorités camerounaises ont commis une erreur, cette affaire n’a rien à voir avec un navire néerlandais nous a répondu Aad Meijer, un responsable de la communication de ce ministère, en nous renvoyant au communiqué de Maersk. Mais le responsable hollandais n’a pas non plus levé l’équivoque sur les vieux téléviseurs. Cela dit on ne comprend toujours pas pourquoi, et sur la base de quelles informations, le ministre camerounais Hele Pierre, en charge de l’environnement, a sonné l’alerte à la pollution aux produits toxiques, mettant sous vigilance les eaux territoriales camerounaises et les populations côtières? Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagit face au démenti de Maersk, dont ils ont certainement reçu le communiqué.


maersk.co.uk)/n
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