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Port de Douala: Les commissionnaires agrées en douane à l’origine de 70% des lenteurs

L’information a été servie aux journalistes de l’association de la presse économique, à l’occasion d’une session de formation sur la compétitivité au port de Douala

Enregistrement des déclarations
C’est le 3e thème intitulé « La problématique des délais de passage : les défis et les réponses des pouvoirs publics », qui a permis d’arriver à cette conclusion. Ce thème éclaté en deux sous-thèmes, à savoir les défis et les réponses des pouvoirs publics et la présentation de l’étude sur les délais de passage, a été développé par Edwin Fongod Nuvaga et Marcellin Djeuwou, respectivement chef de la division informatique de la douane et chef de la cellule de gestion des risques. On retient ainsi que le délai de passage des marchandises est plus important entre l’enregistrement du manifeste et l’enregistrement de la déclaration. Il représente 70% du délai global, soit 13,6 jours. Et dans cette étape, ce sont les Cad (commissionnaires agrées en douane) qui sont concernés. «La plupart des Cad (56%) enregistrent les déclarations en moyenne entre 7 et 13 jours après l’enregistrement du manifeste. Seuls 5% le font la première semaine après la validation du manifeste et 61% le font les 2 premières semaines après l’enregistrement du manifeste. Au bout de 4 semaines après l’enregistrement du manifeste, en moyenne 3% des Cad n’ont pas toujours enregistré les déclarations », souligne le rapport. On comprend dès lors pourquoi leur responsabilité est engagée au premier chef. Ce n’est pas tout. Concernant l’enregistrement de la déclaration et sa liquidation, le rapport indique que seuls 3% des Cad ont un délai moyen inférieur à un jour. Car, pour 61% d’entre eux, le délai moyen est compris entre un et deux jours. Même constatation pour la période comprise entre la liquidation de la déclaration et son paiement. Pour la plupart d’entre eux, ce délai est compris entre 2 et 3 jours. Le temps mis entre l’enregistrement de la déclaration et sa liquidation est le moins important et représente un peu moins de 3% du temps total, soit 0,6 jours environ. Soit environ trois heures de temps. C’est à ce stade qu’intervient la douane.

Compétitivité
L’inspecteur des douanes égrène un chapelet de facteurs qui aggravent les délais. Il s’agit, entre autres de l’amateurisme des consignataires, le piège de franchise, les coûts abordables de stockage dans l’enceinte portuaire, la méconnaissance des procédures et le manque d’anticipation, le non-respect des horaires de fonctionnement du Pad par tous les intervenants, la multiplicité des centres de décision, le taux d’occupation du parc à conteneurs très élevé. Concernant ce dernier point, une étude de la Banque mondiale situe le taux d’occupation du parc à conteneurs à 88% et le taux d’occupation moyen des postes à 60%. Or, apprend-on, le mode de manutention actuel utilisé au port nécessite beaucoup d’espace. Appuyant les propos de Marcellin Djeuwou, Mbarga Bekoko relève que 11,5 jours sont consommés avant le dédouanement, 3,5 pendant le dédouanement et 5 après le dédouanement. « Sur les 3,5 jours, la douane consomme seulement 0,44 jours, soit environ 3 heures », souligne l’inspecteur des douanes qui travaille avec la Banque mondiale.

La session de formation des membres de Presse éco se déroule sur le thème « La place portuaire de Douala à l’épreuve de la compétitivité ». Les travaux ont été ouverts par le gouverneur de la région du Littoral, en présence de Minette Libom Li Likeng, la directrice générale des douanes, représentant le ministre des Finances, partenaire de l’événement et de François Bambou, journaliste au quotidien La Nouvelle Expression et président de Presse eco. L’objectif de cette session est de renforcer les capacités professionnelles et de relever les habiletés des journalistes commis au quotidien à la couverture des questions économiques, et donc susceptibles de s’intéresser aux délais de passage portuaire de Douala. En dehors de la phase pédagogique consacrée aux exposés, il
est prévu une descente au port de Douala, afin de faire découvrir cet espace à certains journalistes. Car, comme l’a révélé Joseph Béti Assomo, « il y a des journalistes qui parlent du port de Douala sans y avoir mis les pieds ». Les travaux qui s’achèvent ce 09 novembre 2012, connaissent la participation de 40 journalistes, dont 30 viennent de Yaoundé. Presse éco est une association regroupant uniquement les journalistes qui traitent des questions économiques. L’association a à son actif trois autres sessions de formation organisées à l’attention de ses membres à Yaoundé.

Image d’illustration


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