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Portrait de Mgr Joseph Befe Ateba nommé à la tête du conseil national de la communication

Premier évêque de Kribi, ce prélat formé à l’Esstic est bien connu des milieux des journalistes qui le connaissent comme un confrère

Près d’un an après le décès de l’ ancien président, Félix Sabal Lecco, en octobre 2010, Mgr. Joseph Befe Ateba, évêque de l’Eglise catholique du diocèse de Kribi, ville balnéaire du Sud du pays, a été nommé le 8 juillet dernier par le président de la République Paul Biya à la tête du Conseil national de la communication (CNC).

C’est une enfance ordinaire qui a été celle du prélat. Il est né d’un couple de cultivateurs le 25 Avril 1962 à Nkoabé, un petit village de l’arrondissement de Ngomezap dans le Département du Nyong et So’o. Son père, en plus de s’adonner aux activités agricoles, est catéchiste à la mission catholique d’Akok. C’est dire si le parfum de l’église flotte dans la famille du jeune Befe Ateba. D’ailleurs, son père, Thaddée Ateba, ne badine avec les valeurs morales et chrétiennes qu’il inculque à l’enfant notamment l’obéissance, la politesse, l’honnêteté, le goût de l’effort et le sens du partage. C’est donc presque par filiation qu’il acquiert l’esprit de la chrétienté. En outre, la modestie de ses conditions de vie a sans aucun doute influencé son choix d’embrasser très tôt les voies de la religion. L’Abbé Lucien Manga qui l’a recueilli après l’obtention de son CEPE est pour le futur évêque, un modèle que le jeune homme côtoie quotidiennement. L’idée de devenir prêtre lui vient le jour où il assiste à l’ordination sacerdotale de l’Abbé Paul Bidzamena. Fasciné par le rituel de cette cérémonie et marqué par tout le mystère qu’elle recouvre, il décide de devenir prêtre.

Le choix du sacerdoce
C’est donc tout naturellement qu’en 1977, à 15 ans seulement, il choisit de s’inscrire au petit séminaire Sainte Thérèse de Mvolyé. Il répond en quelque sorte à l’appel du sacerdoce après avoir obtenu le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) au collège Ebanda à Yaoundé. Au petit séminaire, il obtient d’abord son probatoire série A2 en 1979, puis l’année suivante et dans la même série, son baccalauréat. Nanti de ce parchemin qui lui ouvrait aussi les portes de l’Université, Joseph Befe Ateba opte pour le grand séminaire, et c’est de toute évidence qu’il dépose ses valises au séminaire Immaculée Conception de Nkolbisson à Yaoundé. Il y décroche son Baccalauréat canonique en Philosophie et en Théologie. Après 7 ans d’études, et à 25 ans, il est ordonné prêtre le 20 Juin 1987 par son excellence Mgr Jean Zoa, archevêque de Yaoundé. Après son ordination sacerdotale, le jeune Abbé Befe Ateba est nommé vicaire de la cathédrale, là même où il avait déjà servi comme diacre.

Brillant orateur, journaliste et communicateur professionnel
Il se fait remarquer par son talent oratoire, la profondeur de ses homélies et sa parfaite maîtrise des subtilités de la langue Ewondo qu’il manie avec aisance. En 1991, Monseigneur Jean Zoa qui a visiblement des ambitions pour le jeune Abbé l’envoie faire des études. D’abord au Nigeria (Kano) puis à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (Esstic) de Yaoundé. Joseph Befe Ateba regagne là un chemin qu’il avait quelque peu perdu : celui l’information et de la communication. En effet, l’on se rappelle que dans son petit village de Nkoabe, il avait créé avec quelques uns de ses cousins, un périodique intitulé Nkoabe parle. En fait de périodique, il s’agit des feuilles volantes où ils évoquaient les faits d’actualités du village. A Kano au Nigeria, il passe une année et assimile les techniques radiophoniques. A son retour de Kano, il est responsable du service des informations catholiques en collaboration avec la s ur Marie Thérèse Olinga. A l’Esstic où il est envoyé plus tard, il en sort major de sa promotion en 1994. Son mémoire de sortie est intitulé : Présentation et impact du prône dans l’archidiocèse de Yaoundé .

Mgr Joseph Befe Ateba
Journal du Cameroun)/n

Journaliste et remis au service de l’archidiocèse de Yaoundé, Joseph Befe Ateba va aider à la restructuration du service de la presse écrite diocésaine. Il fusionne Nleb Bekristen, le tout premier organe d’information catholique du Cameroun publié en langue Ewondo depuis 1928 avec, Ensemble, le journal en français créé en 1994 et édité par la même institution. En 1995, il est désigné secrétaire de la commission de la communication lors de la visite du pape Jean Paul II au Cameroun. Il assumera également les fonctions de responsable national des moyens de communication sociale à la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun (Cenc). De 1998 à 2004, il est envoyé au Ghana pour occuper le poste de Secrétaire exécutif de la commission épiscopale panafricaine pour la communication sociale. En même temps, il est consultant à Rome en qualité de conseiller pontifical pour la communication sociale. Rappelé au Cameroun par Mgr Victor Tonye Backot, archevêque de Yaoundé, il est nommé chancelier de l’évêque. En 2005, il passe vicaire général de l’archidiocèse de Yaoundé.

Evêque de Kribi
Parallèlement, il est curé de la paroisse Saint Joseph anglophone de Mvog-Ada à Yaoundé où il bâtit le presbytère, installe une connexion Internet à la paroisse. Le pape fait de lui le premier évêque de Kribi le 19 Juin 2008 et, le 4 Octobre 2008, c’est devant un parterre d’invités très spéciaux dont le premier ministre camerounais, Inoni Ephraïm qu’il est porté à sa nouvelle charge épiscopale. La présence de plusieurs membres du gouvernement et de nombreuses délégations venus de plusieurs villes du Cameroun donne un éclat particulier à l’événement. Son talent de communicateur se déploie aussi depuis le début des années 1980 quand il décide d’écrire un roman intitulé Yobo, la spirale de l’épreuve. Dans cet ouvrage édité en 2003, Joseph Befe Ateba raconte les tribulations d’un ressortissant de ‘Kamalos’, pays fictif autrefois colonisé par l’Allemagne dont Ongola ou Yaoundé est la capitale. Son style d’écriture remarque t-on à la lecture de l’ouvrage est traversé par la culture Ewondo et par sa maîtrise du Latin.

Moi, ma mission, c’est de rendre visible ce décret de fondation, de manifester que cette église existe déjà. Ma mission, c’est de lui donner une consistance physique réelle de telle sorte qu’on puisse dire voilà le diocèse de Kribi avec son clergé, avec ses églises, sa chrétienté et ses structures
Joseph Befe Ateba évêque de Kribi

L’histoire retient que Joseph Befe Ateba est le tout premier évêque de Kribi. Certains estiment même qu’il est le fondateur de ce diocèse. Même s’il affirme que c’est le souverain pontife en tant qu’évêque de l’église universelle qui fonde une église, il reconnaît néanmoins avoir joué un rôle non négligeable dans l’édification de ce diocèse. Moi, ma mission, c’est de rendre visible ce décret de fondation, de manifester que cette église existe déjà. Ma mission, c’est de lui donner une consistance physique réelle de telle sorte qu’on puisse dire voilà le diocèse de Kribi avec son clergé, avec ses églises, sa chrétienté et ses structures. En choisissant de devenir « berger », Joseph Befe Ateba a répondu à l’appel du destin et à l’appel de Dieu. Il en est d’ailleurs fier. Le sacerdoce m’a beaucoup apporté déclare t-il. Et pour partager après avoir reçu, conformément à l’esprit de l’église, le prélat entend mener plusieurs actions pastorales qui viendront s’ajouter à plusieurs autres dont il est l’acteur. Ces actions pastorales diocésaines devraient aboutir à la réalisation de diverses opérations dans 23 paroisses de la zone Océan du diocèse de Kribi entre 2008 et 2011. Ceci, dans le respect de son approche pastorale : permettre à l’église de déployer sa valeur intrinsèque pour que ceux qui aiment la vérité la voient et qu’ils y adhèrent.

Mgr Joseph Befe Ateba
Journal du Cameroun)/n


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