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Portrait: Nicolas Tiangaye, Premier Ministre de la République Centrafricaine

Pragmatique et concret, volontaire et engagé, « bâtisseur de cathédrales », un opiniâtre qui sort des sentiers battus

Pragmatique et concret, volontaire et engagé, « bâtisseur de cathédrales », un opiniâtre qui sort des sentiers battus, on pourrait ainsi démultiplier les superlatifs à propos de cet homme qui entre en politique dans les années 2000 pour défendre une certaine idée de la Centrafrique. Reconnu pour sa détermination à défendre la glorification du travail bien fait, Maître Nicolas Nicolas Tiangaye est resté jeune et vert, cette envie d’avancer chevillée à son ouvrage, un topographe dans l’âme qui utilise avec aisance les outils du géomètre.
De lui, il nous est loisible de dire qu’il porte sur ses épaules, le poids de sa génération, sacrifiée à l’aune de la dimension inhumaine des soubresauts qui traversent son pays par intermittence.
Grand humaniste rendu célèbre par ses positions vives et tranchées mais toujours optimistes dans un environnement où la pensée unique a pignon sur rue comme vérité révélée, Maître Nicolas Tiangaye s’est toujours constitué pour défendre ceux que la société a déjà condamnés. C’est ainsi qu’il aura comme client, Jean-Bedel Bokassa, ex-empereur de l’ECA, lors du célèbre procès qui prit place alors que la volonté du pouvoir de l’époque visait à solder les vestiges d’une période dictatorialed’un régime en fin de parcours et révolu. L’histoire a des revers que personne ne peut prévoir car elle retiendra que Maître Nicolas Tiangaye eut aussi comme client le nom moins célèbre François Bozizé Yangouvonda, à l’époque, futur ex-président de la République Centrafricaine, mis aujourd’hui en fuitepar la SELEKA et accusé à l’époque par les autorités de Bangui d’alors, de mutinerie au sein de l’armée et de tentative de putsch. Nous savons que plus tard, ce que l’histoire nous révèle, ils deviendront frontalement de virulents adversaires politiques.

En marge de sa carrière d’avocat, l’actuel Premier Ministre de la Centrafrique a été un temps, président de l’organisation de défense des droits de l’Hommes dans son pays. C’est donc à la faveur de la rébellion de décembre 2012 et des accords qui s’en sont suivis à Libreville que ce jeune cinquantenaire prend les rênes de la primature, avec pour ambition de redonner au poste sa juste dimension de Premier Ministre, afin d’effacer cette image de premier des ministres qui colle au poste depuis bientôt dix longues années. Quand il accède donc à la Primature, Maître Nicolas Tiangaye se donne pour mission première, vaste programme, l’instauration d’une paix durable dans le pays sous toutes ses largeurs et dans toutes ses composantes ainsi que la mise en perspective du rassemblement des centrafricains autour de l’idée d’un changement de mentalités quant à l’approche des difficultés du pays. A la vérité, sa mission estcomplexe et difficile, tant les hommes armés de la SELEKA jouent parfois inconscients, le rôle des forces centrifuges qui nous éloignent des objectifs de la réal politique dont le pays a tant besoin, tant aussi le tissu économique est exsangue et déstructuré.

Nous savons qu’au-delà de sa position politique, le nouveau Premier Ministre de Centrafrique fustige les gouvernants successifs qui depuis cinquante années ont voulu faire croire que son pays ne pouvait avoir les moyens de son auto suffisance économique, il s’est longtemps révolté contre l’amateurisme pathologique de la classe politique centrafricaine, l’absence de de véritable projet de développement pour le pays, de volonté politique pour l’intégration nationale et la lutte contre le tribalisme qui perdure depuis de longues années, présidant ainsi d’une manière chaotique, aux destinées de la nation. « Comment ne pas avoir des doutes, comment envisager l’avenir pour notre jeunesse, si nous ne pouvons à travers nos actions et le leadership des aînés, donner du rêve à nos enfants, leur apporter de l’avenir et créer pour eux les conditions d’un décollage économique réel. » ainsi s’exprimait-il à une tribune politique en 2011 lors de la dernière consultation électorale qui s’est déroulée en RCA, et concluant son propos, il dira ; « .c’est notre devoir de dire, de dénoncer avec véhémence et de nous indigner de cette absence de responsabilité dont la classe politique de notre pays a fait preuve depuis un demi-siècle. » Nicolas Tiangaye est un homme de conviction qui a une haute idée de sa fonction de Premier Ministre, mais surtout de son rôle social et politique en RCA. En y croyant ferme, il souhaite ainsi apporter à son pays les moyens d’un développement durable, en rassemblant autour de lui, les hommes et les idées qui permettront de promouvoir la bonne gouvernance des finances publiques et la rigueur, la clairvoyance nécessaire dans les choix de développement de la République centrafricaine.

Le projet agricole de Centrafrique, un vaste programme de développement reste sa marotte, une obsession qui, tout en remettant ses concitoyens au travail permettra d’apporter au pays, les moyens économiques de son développement et de son autosuffisance alimentaire.
Ce projet d’une large amplitude s’il en était, préfigure aux termes de ses différentes étapes, le développement agro-industriel qui devrait voir le jour dans les prochaines années et ce, dans la continuité de la mise en place de la stratégie et du plan directeur de la relance économique du pays. Aussi compte-t-il sur la mobilisation du secteur privé, d’un partenariat dynamique public-privé et de la contribution des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. Pour Nicolas Tiangaye, ceci n’est ni un rêve, ni une chimère mais très largement, une hypothèse de travail à laquelle il croit et sur laquelle il appuie sa démarche de reconstruction et de stabilisation des agrégats économiques du pays.

Cela dit et il le sait, toutes ces grandes ambitions, pour peu qu’on les souhaite rapides et authentiques, requièrent la participation de chaque citoyen et de tout le peuple centrafricain à cet effort national de progrès. Autre façon de s’exprimer, Nicolas Tiangaye invite ses concitoyens au sacerdoce, un sacrifice personnel de chacun et la mise en commun de moyens dont la mobilisation reste encore hypothétique tant le tissu social a été désorganisé et disloqué durant ces trente dernières années. Mais il faut d’abord y croire, y adjoindre une forte volonté politique et alors, l’espoir sera permis de croire qu’il est possible dans un pays riche, disons-le sans ambages, un pays dont le sous-sol regorge de fortunes entre autre, le puissant bassin hydraulique de l’Afrique Centrale, de mettre en perspective ici et maintenant, un développement harmonieux, une vision dynamique et désormais optimiste.C’est seulement ce prix qu’il est loisible d’envisager un avenir, mais aussi, la fin des hostilités internes, congénitales et séculaires qui traversent périodiquement la République Centrafricaine. Les enjeux sont importants, mais nous savons aussi que Nicolas TIANGAYE est à la hauteur de la tâche, pour peu qu’il ait autour de lui confiance et loyauté, que dans son entourage immédiat, il soit accompagné par un esprit de conquête et une forte implication des acteurs.

Monsieur le Premier Ministre, la balle est dans votre camp !!!

Nicolas Tiangaye, Premier Ministre de la République Centrafricaine
CENTRAFRIQUE-PRESSE.COM )/n
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