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Portraits : Sosthène et Eric, deux jeunes techniciens qui ont trouvé leur voie après le Bacc

Sosthène Juvenal Etame Njampa a persévéré dans sa passion. © Journalducameroun.com

Tous deux diplômés de l’enseignement technique au Cameroun, ils racontent comment ils ont réussi, par des concours de circonstance,  à travailler dans les domaines étudiés dans leurs cursus secondaires respectifs, malgré la pauvreté de l’offre de formation dans les institutions publiques au niveau supérieur.

Assis derrière son bureau l’air serein et le regard confiant, Sosthène Juvenal Etame Njampa semble avoir conquis le monde de l’informatique. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu son poste de responsable des systèmes Informatiques dans une organisation internationale ayant ses bureaux dans la ville de Yaoundé.

Si faire un choix après le Bacc est souvent difficile pour certains bacheliers, cela n’a pas été le cas pour Sosthène Juvenal. Il savait déjà ce qu’il voulait. Poursuivre des études supérieures en  ingénieurie électronique. Depuis son adolescence, il développe un amour particulier pour le dépannage des appareils électroniques. « Pendant les vacances et les week-ends, je démontais les radios et autres appareils électroniques », raconte Sosthène Juvenal Etame Njampa. Une attitude qui motivera son père à l’inscrire en série F2 au lycée technique de Nkolbisson, (un établissement situé dans l’arrondissement de Yaoundé  7ème), après l’obtention de son BEPC, diplôme de l’enseignement général.

Un choix que Sosthène Juvenal approuve, car il voulait tout savoir sur le fonctionnement du circuit électrique. « Je me posais beaucoup de questions sur le pourquoi et le comment des circuits électriques ». Mais, son Baccalauréat décroché avec la mention Assez Bien, il a du mal à trouver son créneau. A l’époque, raconte-t-il, « les techniciens n’avaient pas beaucoup de choix ». Il fallait postuler à l’école supérieure Polytchnique par voie de concours. C’était l’une des options qu’il avait pour réaliser son rêve.

Cependant, Sosthène Juvenal décide de ne pas se présenter à ce concours. Non pas parce qu’il doute de ses compétences, mais juste parce qu’il n’est pas d’accord avec le système. « J’ai toujours trouvé aberrant de concourir pour  entrer dans cette école, surtout pour nous les techniciens, pour la simple raison que nous  devons rivaliser avec des généralistes, -encore que ce sont les meilleurs des séries C et D qui sont admis- sous un programme en mathématiques et en sciences physiques qui leur est favorable, très favorable même », analyse l’informaticien.

L’option Polytechnique

Il poursuit en relevant: « Nous n’avions, à mon époque -je ne sais plus trop ce qu’il en est aujourd’hui-, que 3h de mathématiques par semaine, et 2h de Physique-chimie, ceci sur une partie du programme national. C’est par curiosité qu’on se « risquait » à lire autre chose, tellement le programme de l’enseignement technique est dense. Alors que les généralistes (série C et D) avaient 6 à 8h par semaine pour les mêmes matières ». Toutes ces explications pour démontrer que dès le départ, les techniciens sont défavorisés au concours d’entrée à Polytechnique. « Dès le départ, ils partent avec 30% de chance en moins que les autres, et je suis modeste », déclare Sosthène Juvenal.

Ayant trouvé très minces ses chances d’accéder à polytechnique, le jeune bachelier va opter pour l’université de Yaoundé I. « Je voulais décrocher une licence en Physique, puis entrer en Maîtrise et faire Électronique en spécialisation ». Mais, plus tard, il abandonne l’idée de la Physique et opte pour l’informatique, grâce aux conseils d’un ancien camarade du lycée technique de Nkolbisson. Malheureusement pour lui, les dates d’inscription pour la filière sont dépassées. Il s’inscrit donc en mathématiques, question de parfaire son niveau. Ce n’est que l’année d’après qu’il va s’inscrire en Computer science : informatique fondamentale.

A la question de savoir si c’est grâce à sa formation à Yaoundé I qu’il gagne sa vie aujourd’hui, il répond oui et non. « L’informatique a assis mes connaissances, mais l’électronique a dirigé mes choix. je suis dans un domaine de l’informatique aujourd’hui qui combine une bonne connaissance des deux : l’administration des systèmes informatiques suppose de connaître les deux », affirme fièrement Sosthène.

Il rêvait des bateaux…

Eric Armel Ntamack n’a pas non plus trouvé la formation qu’il souhaitait après l’obtention de son Baccalauréaut en mécanique automobile. Son rêve était de travailler dans les bateaux comme technicien. Les seules opportunités qui s’offraient à lui étaient celles de la Regional Maritime University of Ghana, à Accra. La filière qui l’intéresse n’est autre que Merine engine mechanic. Seulement, son père ne veut pas le laisser quitter le Cameroun, car il trouve coûteuse la formation souhaitée par son fils. Il lui conseille alors de choisir n’importe quelle autre filière à l’université. « Je ne voulais pas perdre mon temps. Alors, j’ai décidé d’abandonner mes études ». Ne trouvant aucune filière correspondant à son domaine d’étude dans les universités publiques, et ne disposant pas des moyens financiers pour payer sa formation, il décide de se mettre à son propre compte. C’est ainsi qu’il se lance dans la vente de téléphones à l’Avenue Kennedy à Yaoundé.

Tout chemin mène à Rome

Quelques années plus tard, son père le sollicite pour venir gérer l’entreprise familiale, un garage situé dans la localité de Sombo, à une centaine de kilomètres de Yaoundé. « Je n’ai pas pu refuser, car c’était un moyen pour moi de mettre à profit tout ce que j’avais appris à l’école », déclare Eric Armel. Son père, propriétaire de cet établissement depuis des années, se sent déjà trop vieux pour s’en occuper. Depuis 2014, Eric Ntamack se donne à cœur joie au dépannage des véhicules du coin. « Ça m’a rapproché des affaires familiales et j’ai pu mettre sur pied plusieurs autres activités notamment dans le domaine de l’agriculture », se réjouit le jeune homme.

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