Politique › Institutionnel

Pour François Soudan, les ventes de Jeune Afrique «se portent bien» au Cameroun, malgré les critiques

Le directeur de la rédaction de cet hebdomadaire international est revenu lundi dans un journal local sur les accusations de complot contre le Cameroun, portées sur Jeune Afrique

«Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a été élu démocratiquement à l’âge de 87 ans et nul ne s’en est plaint. Pour le reste, c’est à l’intéressé de décider s’il veut ou non se porter candidat et aux Camerounais de trancher». Réponse de François Soudan, à une question du quotidien privé le Jour publié ce lundi 08 juin, en rapport avec une éventuelle candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle de 2018 au Cameroun. Le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire «panafricain» s’est montré tempéré, modéré, à l’image de la question suscitée, tout le long de l’interview accordé au journal que dirige Haman Mana. C’est que Jeune Afrique est accusée depuis plusieurs mois de manifester une «hostilité éditoriale» contre les intérêts du Cameroun, en voulant sa déstabilisation.

«Lorsque fleurissent les théories du complot, c’est qu’il y a un profond malaise dans la société. L’outrance, la violence, l’hystérie du vocabulaire utilisé pour critiquer Jeune Afrique dans certains journaux ou sur certains plateaux de télévision sont inquiétantes. Je me demande parfois si leurs auteurs ne relèvent pas d’une psychothérapie de groupe», s’indigne François Soudan.

Jeune Afrique est par ailleurs régulièrement accusé par certains commentateurs politiques de faire des articles positifs sur le Cameroun lorsqu’ils ont été commandés (achetés). «C’est ainsi sans doute qu’ils fonctionnent eux-mêmes. Ce n’est pas une raison pour nous prêter leurs propres compromissions», affirme le directeur de la rédaction de ce magazine.

Du temps où il traitait l’actualité camerounaise, responsabilité désormais dévolue à des «journalistes plus jeunes», François Soudan explique qu’il était soumis à un «traitement spécial» chaque fois qu’il sollicitait un visa pour se rendre au Cameroun. «Donnée par on ne sait qui, la consigne était et demeure sans appel: il me faut produire une lettre d’autorisation signée du Secrétaire général de la Présidence et de personne d’autre pour espérer obtenir ce sésame, ce qui n’est le cas pour aucun confrère ou collaborateur», relève-t-il.

Réfutant le fait d’avoir ses habitudes au Palais de l’Unité, François Soudan assure que ses rapports avec Paul Biya sont «ceux d’un directeur de la rédaction d’un hebdomadaire indépendant avec un chef de l’Etat qui n’a pas pour habitude de donner des interviews, ni de recevoir des journalistes».

Malgré les critiques apportées sur le traitement parfois fait sur l’actualité nationale, les ventes de Jeune Afrique «se portent bien» au Cameroun, conclut le directeur de la rédaction de cet hebdomadaire international.

François Soudan
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