Opinions › Tribune

Pour un catalogue de bonnes pratiques de la diaspora camerounaise

Par Tangang Meli Loumgam

Traditionnellement, les catalogues de bonnes pratiques dans le champ d’action de l’aide au développement concernent les exemples de projets qui ont été implémentés avec succès et qui sont durables. L’accent est rarement mis sur les obstacles, difficultés rencontrés dans la réalisation des projets. Le focus ici n’est pas le projet lui-même, mais les challenges rencontrés dans le processus de mise en uvre de ces projets. Les membres de la diaspora contrairement aux autres acteurs de développement rencontrent très souvent des défis particuliers qui sont liés à leur statut. Alors que ces défis ont dans certains cas été à l’origine du désenchantement surtout des premières générations, au fil des ans beaucoup de personnes engagées ont trouvé des astuces et mécanismes pour gérer ces défis. Malheureusement, ces solutions trouvées sont peu partagées ou tout au mieux, ne circulent qu’entre amis et connaissances. La présente initiative vise à concevoir un catalogue qui rassemble toutes ces solutions et les met de manière simple à la disposition du grand public. Il devrait être gratuit et téléchargeable sur internet.

Les défis dont il est question se rapportent à titre d’exemple à la famille, au cercle d’amis, à la politique, à l’administration, aux communes, aux organisations locales, aux écoles ou aux hôpitaux que ce soit dans le cadre d’un don humanitaire, d’un investissement, d’une campagne de sensibilisation, d’une activité de formation. Ces défis concernent par exemple les conflits en famille, la «feymania» des amis, la corruption, la lenteur administrative, la bureaucratie, le manque d’intérêt, le suivi, transparence, l’arbitraire juridique.

Au-delà des expériences vécues dans le cadre de la réalisation des projets au Cameroun, les membres de la diaspora sont de manière générale porteurs d’idées, de valeurs, d’opinions, de pratiques nouvelles ou différentes qu’ils transmettent dans leurs pays d’origine consciemment ou inconsciemment, par téléphone, e-mails ou lors des multiples visites. Ces transferts sociaux cependant et indépendamment de ce l’on en pense rencontrent très souvent des résistances farouches puisqu’ils entre en contradiction avec les réalités endogènes. Les transferts sociaux peuvent se rapporter au mariage, au rapport entre homme et femme, à l’éducation des enfants, à la sorcellerie, à la religion, aux traditions, au rapport entre aînés et cadets .etc. Dans ce cadre, les membres de la diaspora ont également développé des stratégies pour résoudre les conflits qui en résultent.

Le débat actuel sur le rôle de la diaspora camerounaise montre une chose: Tout le monde souhaite un engagement plus soutenu et large de la diaspora et pour cela, il faut réunir toutes les forces et et tous les moyens possibles. Un catalogue avec des exemples clairs de bonnes pratiques pourrait encourager certains. On ne peut pas attendre un changement de régime pour s’engager. On ne peut pas attendre des conditions idéales pour s’investir. Faisons bon usage des moyens dont on dispose pour contribuer au développement. Il faut d’une manière ou d’une autre faire partie du changement que l’on souhaite.

Pour toutes propositions, bien vouloir écrire à: meli1er@yahoo.fr en indiquant comme objet «catalogue de bonnes pratiques».

Merci d’avance pour votre contribution.


diasporaalliance.org)/n


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