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Pourquoi les journalistes camerounais se pavanent sur le front de guerre au nord Cameroun avec des gilets pare balle avec la mention du BIR?

Par Simplice T. Kamegni

Le métier de reporter de guerre attire, presqu’autant qu’il tue. Un correspondant de guerre est un journaliste qui rapporte des faits relatifs à un conflit militaire. Il peut se trouver dans les zones de combat, intégré dans une des forces en présence, ou plus à l’arrière. Il peut étudier les aspects militaires et politiques, mais aussi les aspects diplomatiques, économiques et humanitaires.

Les journalistes doivent savoir qu’ils sont protégés en vertu du droit international et même de la législation locale lorsqu’ils couvrent des conflits armés. Il arrive, néanmoins, que cette protection ne soit pas assurée comme elle le devrait, notamment dans les régimes non démocratiques ou en cas de dissolution totale de l’ordre public.

Comment les journalistes peuvent-ils se préparer à travailler dans des situations de conflit?
Il est capital que les journalistes reçoivent une formation sur les moyens de survivre dans un environnement hostile. Ce type de formation peut faire la différence entre la vie et la mort. Malheureusement, bien que les guerres et les conflits ne manquent pas en Afrique, la plupart des médias du continent n’ont pas les moyens de proposer de telles formations à leurs journalistes.

Avoir sur soi une trousse de premiers secours et savoir prodiguer les premiers soins peut aussi être une question de vie ou de mort, tout comme le fait de porter un badge de journaliste. Dans un environnement de conflit, où le risque de justice sommaire est élevé, les professionnels de la presse n’auront peut-être qu’une seule et unique chance pour prouver leur identité.

Les journalistes devraient savoir comment se conduire aux postes de contrôle militaires et que faire s’ils sont confrontés à des émeutes, ou victimes d’un enlèvement ou d’un vol. Ils devraient avoir de bonnes connaissances sur un conflit avant de s’aventurer sur place. Ils devraient aussi être conscients des dangers auxquels ils s’exposent et savoir comment y faire face. Enfin, ils devraient être en bonne forme physique et, s’ils doivent prendre régulièrement des médicaments, les avoir sur eux en tout temps au cas où ils seraient enlevés.

La formation des journalistes appelés à travailler dans des zones de danger est l’une des mesures que les organisations de presse, les organismes et les écoles de journalisme ont mis en place depuis les années 1990, pour réduire les risques.

Au Cameroun, depuis quelques temps, les journalistes camerounais se baladent sur le front de guerre dans le grand nord du Cameroun avec des gilets pare balle et équipements avec la mention « BIR » au lieu de la mention « presse ».

Sont-ils conscients de ce qui les attendent en cas d’attaque par les éléments de la secte de Boko Haram? Voulant à tout prix porter des gilets pare balle et faire des photos pour prouver dans les réseaux sociaux qu’ils sont sur le terrain, l’on est tenté de se demander s’ils ne font pas du tourisme risqué sur cette partie du territoire camerounais.

En cas d’attaque l’adversaire ne fera aucune différence entre eux et les soldats. Les éléments du BIR qui n’hésitent pas à fournir des treillis et des gilets pare balle à ces journalistes, sont-ils conscients de ce manquement professionnel? Ailleurs, dans les pays dits démocratiques, ces derniers seraient déjà sanctionnées.

La présence de journalistes sur le front comporte un certain nombre de risques, dont celui de mourir cependant, ils ne doivent pas être exposés au danger ni servir de cibles pour l’ennemi. Le BIR devrait prendre des précautions idoines.


Eric B. Lamere)/n
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