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Pr. Cesar Kapseu: «Les énergies renouvelables sont une alternative aux énergies conventionnelles»

Le co-auteur de l’ouvrage intitulé énergies renouvelables en Afrique Subsaharienne souligne l’importance de l’usage de ces énergies en Afrique

Dans quel contexte avez-vous publié cet ouvrage ?
Nous connaissons en ce moment un problème crucial lié au manque ou à l’insuffisance des énergies. Il y a le retour du délestage presque partout, on en parlait il y a cinq ans. Maintenant, il est temps de parler des énergies renouvelables qui sont une alternative aux énergies conventionnelles. L’autre aspect qui justifie la publication de cet ouvrage, c’est évidemment la pluralité des sources d’énergies qu’on dispose et qui doivent nécessairement être mises à la disposition des populations. Nous avons eu écho dernièrement des inondations dans le Grand-Nord Cameroun dues aux changements climatiques liés au mode de consommation des énergies fossiles. Ces énergies fossiles s’épuiseront avant la fin de ce siècle, il est temps de réfléchir comment trouver d’autres sources d’énergies afin de les substituer, il faut bien que notre économie puisse tourner.

En Afrique subsaharienne, les énergies renouvelables sont-elles vraiment une alternative aux énergies conventionnelles ?
Disons que pour le moment, le coût de la production et de l’exploitation des énergies renouvelables surtout à travers les plaques solaires, reste élevé. Mais on peut l’amortir rapidement puisque si vous investissez sur 1 kilo watt, c’est-à-dire à peu près 1.500.000 F CFA, vous récupérez après cinq ans. Et la durée de vie d’une plaque solaire est de 25 ans, donc c’est carrément une consommation gratuite. Les énergies renouvelables ne sont pas seulement une alternative à d’autres formes d’énergies, elles leurs sont complémentaires. Ces énergies sont liées au climat et notre milieu est favorable à sa production.

Les Etats africains ont-ils des moyens requis pour vulgariser l’usage des énergies renouvelables ?
On dispose suffisamment de moyens humains. En tant qu’expert, on peut affirmer que la masse critique peut être formée, elle est disponible. En matériel, il faudra simplement des initiatives politiques. Si le politique décide de lever les barrières douanières ou même de fabriquer localement les panneaux solaires, chaque citoyen pourrait bien s’en procurer.

Quelles retombées ces Etats pourront-ils en tirer ?
Les énergies renouvelables sont génératrices d’emploi. Le Cameroun est un grand bassin drainé d’eau presque partout, chaque partie exploitée est une source de richesse, il y a tellement de main d’ uvre locale. On peut exploiter également le soleil qui est en abondance en Afrique subsaharienne. Il y a aussi un potentiel éolien qui est exploitable. L’intérêt politique se situe au niveau de l’équilibre en offre puisque les énergies renouvelables peuvent être fournies même aux coins les plus reculés, donc forcément il y aura stabilité.

La cérémonie de dédicace est prévue le 10 avril à Yaoundé. Des enjeux ?
Les enjeux sont importants. On invite tous les professionnels des énergies renouvelables. Nous sommes heureux que le ministre de l’Enseignement supérieur ait accepté de parrainer cette cérémonie, que le PDG de SOSUCAM la préside, ce qui montre l’intérêt que les pouvoirs publics et les industriels accordent aux énergies renouvelables. C’est aussi l’occasion de rencontrer tous les auteurs qui ont contribué à la production de cet ouvrage et d’échanger avec eux car les enjeux sont importants.

Pr. Cesar Kapseu

Journalducameroun.com)/n

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