Société › Société

Pr. Michel Tchotsoua: «Il s’agit d’une science relativement récente mais hautement déterminante»

Le pionnier du Master professionnel Géomatique-aménagement-gestion des ressources à l’Université de Ngaoundéré évalue le parcours trois ans après son implantation

Pr Michel Tchotsoua, cela fait deux promotions pour le Master GAGER, quel bilan faites-vous?
Au niveau du bilan, je dirai honnêtement que je suis satisfait. Vous n’avez qu’à vérifier sur les sites internet du labo. Actuellement tous travaillent et ont des meilleurs boulots. Je le dis parce que c’est encore hier que j’ai reçu un mail de l’un des anciens qui est au Tchad qui témoignait sa satisfaction. Ceci d’autant plus qu’il s’agit d’une science relativement récente mais hautement déterminante pour la planification, l’aménagement et la gestion des ressources.

Est-elle une science dont le concept échappe encore à beaucoup d’apprenants?
Bien sûr! C’est une science et comme telle, il y a des outils qu’il faut maîtriser et beaucoup de ses outils sont en libre services, mais bon nombre de personnes ne connaissent pas. Il y a Google earth, Google map qui sont en libre service et nous les utilisons à fond pour pouvoir atteindre nos objectifs de formation ou bien d’expertise en matière d’aménagement et de gestion des ressources. Il faut comprendre que la formation en géomatique master Gager est une formation référencée au niveau international déjà. Mais à côté de cela, nous avons via notre plateforme, le site du laboratoire géomatique, essayé de diffuser les informations. Nous recevons un bon nombre d’apprenants mais ce qui bloque un peu c’est le coût de la formation qui est effectivement élevé mais ce n’est pas pour des formations à distance. Vous pouvez le vérifier sur le site de l’Auf (Agence universitaire et de la francophonie, Ndlr), les formations vont de 1500 euro jusqu’à 10000 euros.

Peut-on s’attendre à une éventuelle diminution du coût de formation?
C’est notre souhait et nous nous déployons pour pouvoir diminuer et pour trouver des bourses. Dans les deux premières promotions, 70% sont déjà des travailleurs, des fonctionnaires. Ils viennent juste pour acquérir cette science en fonction de leur service. Or, notre souhait ce que des étudiants soient formés dans ce master qui est assez futuriste dans la gestion des ressources et d’aménagement du territoire.

Combien de pays participent aujourd’hui à cette formation?
Pour la deuxième promotion on avait 3 pays : le Cameroun, le Tchad et le Benin. Celle qui est en cours comprend 4 pays : la Tunisie, le Tchad, la République centrafricaine et le Cameroun.

Estimez-vous que vous auriez pu allez plus loin?
Jusque là mon rêve et mon souci majeur reste encore non satisfait c’est-a-dire la formation des étudiants et les professionnels viendraient seulement compléter le nombre.

Couvrir l’Afrique, est-ce possible ?
Oui ! Couvrir l’Afrique pourquoi pas ? Quand nous aurons couvert l’Afrique, on aura des centres de regroupement. Par exemple en Afrique de l’Ouest on pourra créer un centre de regroupement, en Afrique australe, un centre de regroupement, etc. pour le moment, nous sommes basés en Afrique centrale et précisément au Cameroun à Ngaoundéré.

Beaucoup d’observateurs estiment que le Master GAGER est un business rentable. C’est une hypothèse que vous pouvez confirmer?
Non je ne peux pas confirmer ! Si c’était vraiment une question de business, j’aurai mieux à faire que de m’évertuer dans cette formation.

C’est dont une question de rêve?
C’est de montrer que c’est possible aussi en Afrique. La formation à distance c’est l’avenir de la formation universitaire particulièrement pour l’Afrique où les infrastructures font très souvent défaut. Avec cette formation à distance, la visibilité est très grande au niveau international. Je voudrai préciser que la géomatique est une science, un outil d’aide à la décision.

Pr Michel Tchotsoua, responsable du Master professionnel Géomatique-aménagement-gestion des ressources à Ngaoundéré

Journalducameroun.com)/n

À LA UNE
Retour en haut