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Pr. William Eteki Mboumoua: «C’est une suspension momentanée»

Le président National de la Croix Rouge camerounaise rassure de ce que le centre Henry Dunant sera bientôt (re) ouvert aux réfugiés urbains

Depuis quelques jours, les réfugiés urbains ne reçoivent plus des soins au centre de santé Henry Dunant. Qu’est ce qui explique ce changement impromptu?
Nous avons connu ces derniers temps, quelques disfonctionnements dus au manque de personnel en nombre et en qualité. Pour fonctionner, le centre médico social Henry Dunant a besoin d’au moins trois médecins. Un médecin généraliste qui occupe les fonctions de Directeur du centre Henry Dunant ; un médecin conseiller santé qui est celui qui suit particulièrement la situation des réfugiés et un autre médecin qui peut être spécialiste, gynécologue ou chirurgien. Donc, il s’est trouvé que le médecin Directeur du centre de santé Henry Dunant est allé en mission à l’Est Cameroun pour soutenir le travail du Haut Commissariat pour les Réfugiés centrafricains. Son séjour ne devrait pas durer. Le médecin conseiller santé n’a pas démissionné, mais a été écarté pour certaines raisons. Il s’est donc trouvé une seule personne, le Docteur François Dadao, qui est gynécologue et s’occupant surtout de la maternité. Ce dernier assumait les fonctions par intérim du Directeur du centre. Ce docteur n’avait pas de très bons rapports avec le personnel titulaire, les infirmiers et autres. Il préférait alors travailler avec un personnel vacataire de son choix. Mais, il s’est posé un problème. Ce médecin n’a pas analysé ce que valait la prise en charge des médecins vacataires, de telle sorte que ce qu’il a présenté comme facture pour remettre aux vacataires n’était pas acceptable et ce personnel a dû partir. J’ai essayé avec le personnel infirmier de réorganiser le service, mais le docteur Dadao n’a pas suivi. Il y a donc eu un léger dysfonctionnement avec les réfugiés qui arrivaient et n’étaient pas directement pris en charge. Et il ya quelques jours justement, après quelques incidents fâcheux, le HCR a publié un communiqué suspendant le centre de santé provisoirement de sa mission de prise en charge des réfugiés.

Pendant combien de temps ça va durer ?
C’est une situation qui n’est pas bonne. Mais je me préoccupe de redresser cela le plus rapidement possible. Le centre reprendra ses activités avec deux médecins que je crois pouvoir mettre en place.

Le Haut Commissariat pour les Réfugiés et la Croix Rouge gèrent un projet dénommé « projet pour les réfugiés urbains du Cameroun ». En quoi consiste ce partenariat?
C’est un projet qui consacre un partenariat. Les réfugiés sont sous la responsabilité d’une institution internationale des Nations Unies qu’on appelle le Haut Commissariat pour les Réfugiés, qui a des moyens mais qui ne peut pas gérer directement toutes les situations. Voilà pourquoi le HCR prend des sociétés de partenariat comme la Croix Rouge. Le projet Croix Rouge -HCR à Douala et Yaoundé est un projet de coopération où la Croix Rouge est l’organe opérationnel gestionnaire des réfugiés et si dans le domaine sanitaire, il y avait comme c’est le cas, une défaillance du partenaire Croix-Rouge, il existe des conventions avec d’autres centres médicaux pour suppléer la Croix-Rouge. La Croix Rouge doit suivre la scolarité des enfants, la santé et les problèmes sociaux des réfugiés. La Croix Rouge devrait aussi suivre les micros projets en faveur des réfugiés. Mais cette compétence nous a été enlevée parce qu’apparemment, nous n’étions pas assez performants. Donc, c’est le Hcr qui finance la Croix Rouge pour prendre en charge les réfugiés et ce projet concerne uniquement les réfugiés urbains de Douala et Yaoundé.

La perte du poste de recettes du HCR ne va-t-elle pas perturber le fonctionnement du centre de santé Henry Dunant?
Le centre Henry Dunant n’a pas été uniquement créé pour les réfugiés. C’est un centre qui est destiné à nous permettre d’assumer notre mission. Nous sommes par ailleurs auxiliaire des pouvoirs publics pour les tâches humanitaires, notamment la santé. Du moment où nous sommes financé par le HCR et que la Croix Rouge aujourd’hui ne s’occupe pas des réfugiés, cela pourrait gêner pour un temps le fonctionnement du centre parce que les réfugiés sont une clientèle importante pour nous. Mais, je puis vous assurer que c’est une fermeture momentanée. Les réfugiés eux – mêmes préfèrent un centre comme le nôtre pour leurs besoins sanitaires. Si les mesures que j’envisage se mettent en marche le plus rapidement possible, comme je le souhaite, les choses vont revenir à la normale.

William Eteki Mboumoua, président National de la Croix Rouge camerounaise
Journalducameroun.com)/n


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