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Près de 1000 milliards de surliquidité pour les banques Camerounaises

L’information a été récemment donnée par l’association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun (APPECAM)

Une augmentation de près de 19%
Dans une communication rendue publique par l’association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun (APECAM), la surliquidité bancaire au Cameroun aurait dépassé plus de 1000 milliards de francs CFA ces dernières années. Le secteur bancaire camerounais est sur liquide. Ces cinq dernières années, nous avons eu plus de 1000 milliards de francs CFA de surliquidité, a indiqué Benedict Belibi, le président de l’association. De nombreux experts confirment cette situation et l’attribuent aux effets conjugués des plans de restructuration bancaire et du changement de politique monétaire suite à la crise financière des décennies quatre vingt et quatre vingt-dix. Inscrits dans un contexte de libéralisation financière, ces reformes avaient deux objectifs : d’une part restaurer la liquidité du système bancaire et d’autre part permettre un meilleur financement de l’économie nationale. Seul le premier objectif de restauration de liquidité a été le plus poursuivi. Les banques sont restées vertueuses, en limitant leurs opérations à leur métier d’origine, l’intermédiation financière, sans se lancer dans des opérations plus complexes et placées sur le long terme. Si les banques sont aujourd’hui redevenues surliquides, elles ont cependant choisi de réduire considérablement leurs apports de crédit à l’économie. Pourtant de nouvelles réflexions mettent à jour le fait que la situation qui prévaut aujourd’hui ne signifie pas que les banques commerciales camerounaises sont définitivement à l’abri d’une crise systémique. En définitive il a été admis que l’économie camerounaise comme celle de nombreux pays du sud ont finalement été affectées par la crise financière internationale. La baisse des échanges commerciaux internationaux et leur incidence sur les cours des matières premières, la chute des investissements, tant nationaux qu’étrangers, la réduction de l’aide internationale et la réduction des transferts des immigrés, ont eu de petites conséquences sur les évolutions normales des banques camerounaises, dont une bonne partie des activités dépendent de ces facteurs.

Un état qui n’est pas optimal dans l’exploitation bancaire
Une situation qui paradoxalement est aujourd’hui positive pour l’économie au cameroun. Le secteur bancaire camerounais s’est enrichi entre temps de nouvelles banques étrangères, en quête de marché pour leurs excédents de capitaux. Avec un taux de bancarisation de 10%, le marché camerounais est une sérieuse alternative. La multiplication des banques favorisent ainsi l’émergence d’une concurrence, qui est favorable à l’économie. L’APPECAM a d’ailleurs fait savoir que la surliquidité des banques camerounaises a pesé dans la décision du gouvernement de lancer courant décembre l’emprunt obligataire de 200 milliards de francs CFA au profit de la bourse nationale des valeurs mobilières du Cameroun, la Douala stock exchange (DSX). De nombreuses banques n’ont pas attendu le lancement par l’Etat de l’emprunt obligataire. Afriland First Bank par exemple, fort d’un bilan total solide, s’est engagé depuis quelques temps comme un des partenaires privilégiés de l’Etat sur un certain nombre de projet. L’institution bancaire a été annoncée dans de nombreuses opérations d’investissement public aux cotés de la Société nationale de raffinage, (SONARA), la compagnie d’électricité, (AES-Sonel) et aussi dans la construction immobilière. D’un autre côté, on observe aussi que l’encourt des crédits accordé par les banques camerounaises à leurs clientèles a connu une hausse de 7,6%, selon des chiffres communiqués par le conseil national du crédit. Le marché du crédit semble désormais s’ouvrir à nouveau aux particuliers notamment ceux travaillant dans la fonction publique ou dans les entreprises de réputation établie, en raison d’une forte présomption de crédibilité. Un mécanisme spécifique d’assurance permet aujourd’hui une augmentation de ce type d’opération.

Un besoin urgent de réinventer le métier de banquier
Les banques n’ont pas le choix, font savoir des experts. Le financement de l’économie et des marchés serait leur meilleur gage de survie sur le long terme. Il est vrai que le métier de la banque est avant tout commandé par la maîtrise des risques. Certes, ceux-ci dépendent en bonne part de la capacité des gestionnaires à les maîtriser et, sur ce point, les banquiers au Cameroun comme partout en Afrique centrale ont une solide réputation. Cependant ils dépendent aussi de facteurs exogènes tels que les évènements politiques et sociaux, les dysfonctionnements de la justice, la lourdeur de l’administration et autres, vis-à-vis desquels les banques ont peu de prises. Sur ce dernier point, les banques commerciales camerounaises demeurent encore souvent trop vulnérables. Elles préfèrent encore financer des transactions ‘self liquidating’, celles qui sont remboursées par la transformation du bien financé en liquidités, comme les avances à des entreprises de commerce, de services ou exerçant dans les marchés publics. Mais la marge de man uvre des banques reste très étroite. Près de 50% des dépôts bancaires, sont encore le fait de particuliers et constituent des placements à court terme. Avec tous le risques de cette situation, une reflexion et une évolution s’imposent..

Image d’illustration
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