Dossiers › Présidentielles 2011

Présidentielle 2011: Entre appel au boycott et indifférence des camerounais

Un groupe politique camerounais a invité ses membres à ne pas se rendre dans les centres de votes, alors qu’au sein de la population, l’indifférence règne

Le Southern Cameroon National Council (SCNC), un groupe politique camerounais qui revendique l’indépendance de la parti anglophone, a demandé à ses militants et à toutes les personnes originaires de cette partie du pays, de ne pas se rendre aux urnes le 09 octobre prochain lors de l’élection présidentielle. L’information rapportée par le site du Daily nation un journal camerounais, mentionne que, dans un communiqué le chef de ce mouvement justifie sa consigne par le fait que le Cameroun anglophone ne fait pas partie du Cameroun. Nous serons bientôt libérés de cette dépendance et les anglophones qui iront voter le 09 octobre, le feront à leurs risques et périls aurait affirmé le communiqué, selon ce journal. Il reste difficile de déterminer les raisons d’une telle sortie. Il est aujourd’hui admis par de nombreux observateurs, que le SCNC n’a pas réussi à acquérir la légitimité du Cameroun anglophone. De nombreux experts estiment que ce groupement fait uniquement de la mauvaise publicité, pour faire entendre parler d’eux. D’autres organisations notamment de la diaspora appelle aussi au boycott de ces élections, au motif qu’elles seront favorables au « Dictateur » Paul Biya. Plusieurs candidats et adversaires du président sortant et candidat à sa propre succession ne sont pas de cet avis.

Il sera pourtant difficile pour le SCNC de se faire entendre. Ce mouvement ne fait pas l’unanimité dans le Cameroun anglophone. Lors du fédéralisme, le Cameroun anglophone était dominé par l’actuelle région du Nord-Ouest dont la principale ville est Bamenda. Au sein des populations du Sud-ouest (Buea), il se dit qu’à cette époque, le gouvernement de Bamenda marginalisait les populations de la région Sud-ouest. Très peu sont donc d’accord pour une sécession, où ils ne seront peut être pas les vainqueurs. Si parfois on a du mal à s’identifier aux francophones, on s’identifie encore moins aux gars du SCNC de Bamenda, parce que dans l’histoire, ils n’ont pas toujours été corrects avec nous, affirme Benjamin Itoe, originaire de Kumba. Pourtant le taux d’abstention risque d’être important au-delà de toute consigne politique. En cause, la population camerounaise est détachée des questions politiques. L’environnement aussi y est favorable. Alors qu’on vient de franchir le weekend de campagne, une personne, est véritablement en vue, c’est le candidat Paul Biya. On retrouve son image à tous les carrefours de Douala et de Yaoundé. Qui veux tu que je vote mon frère, je ne vois aucun candidat dans l’opposition et je ne vois pas comment Paul Biya peut organiser des élections et les perdre déclare Thierry Sop, un conducteur de moto à Douala la capitale économique du Cameroun, à la vue du passage du cortège de l’un des candidats. Au final, le discours sur la paix semble gagner de l’ampleur. Je ne vote pas, mais même si je le ferai, ce serait Paul Biya, au moins avec lui on peut avoir une certaines stabilité, indique pour sa part Florence K, une étudiante.

L’affiche de campagne du président sortant Paul Biya, candidat à sa propre succession
journalducameroun.com)/n


L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé