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Présidentielle 2018 : débat autour de l’équilibre du temps de parole des candidats

Le ministre de la Communication a réuni les représentants des candidats et le directeur général du média public ce mardi.

« Le chef de l’Etat a un statut particulier (…). De ce point de vue, il a forcément un traitement spécial ». Ce propos controversé du directeur général de la Crtv, prononcé il y a quelques semaines et réitéré face aux représentants des partis politiques hier mardi, n’a pas manqué de susciter la grogne au sein de ces acteurs de la prochaine présidentielle. Réunis autour du ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, Charles Ndongo réagissait ainsi aux interventions des représentants des candidats à la présidentielle, qui plaidaient pour un équilibre dans les temps d’antennes pendant la campagne officielle qui commence le 22 septembre prochain.

Avant sa prise de parole, 13 mesures avaient été adoptées par les différents participants à cette réunion, pour une organisation efficace des émissions de propagande des candidats durant la campagne. Parmi ces mesures, l’on note que les temps attribués à chaque candidat seront de 13mn 20s à la radio et 6mn 40s à la télévision.

On retient également que ce qui sera dit lors de ces émissions engagent l’entière responsabilité de ceux qui émettent les propos concernés. Et en cas de doute sur la conformité des propos tenus, le directeur général de la Crtv peut suspendre la diffusion desdites émissions. Il peut également saisir sans délais le ministre de la Communication et le président du Conseil national de la communication en vue des mesures appropriées.

A la fin de cette réunion, les différents acteurs se sont exprimés sur les mesures adoptées. Pour Emile Bindzi du parti Univers, ces mesures sont une sorte de « censure ». « Nous nous retrouvons dans une situation où nous sentons venir la censure. Mais nous avons l’impression que cette campagne commence un tout petit peu sous le sceau du totalitarisme avec un certain nombre de choses que nous ne pouvons pas qualifier. Nous demandons simplement que les instances étatiques fassent preuve de plus de démocraties », a-t-il indiqué.

Bibou Nissack, le représentant de Maurice Kamto, a quant à lui regretté l’absence des responsables de Cameroon Tribune à cette concertation. « Nous avons aussi eu quelques réserves que nous avons émises, notamment le chrono dans la détermination du temps d’antenne et de parole pour qu’il n’y ait pas de quiproquo, ou d’insatisfaction de la part des uns et des autres. Nous avons par exemple proposé que ce soit un chrono affiché au mur mais, il nous a été dit que c’est la Crtv qui tiendra et qui dira quand les minutes qui sont allouées à chacun sont épuisées ou pas », a affirmé le porte parole.

Charles Ndongo est cependant resté intransigeant, maintenant que le statut spécial du chef de l’Etat n’empêchera pas que les autres candidats passent à l’antenne. « Ce n’est pas parce que le président aura eu ce traitement spécial qu’il va empêcher le peuple de faire librement son choix (…) tous les candidats verront que leurs activités seront reflétées sur les antennes du média public », a-t-il expliqué.

 

 



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