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Présidentielle 2018 : les partis d’opposition peinent à trouver des lieux de meeting

Deux jours après le lancement officiel de la campagne électorale, les responsables de partis dénoncent les obstacles qu’ils rencontrent sur le terrain.

 

Interdiction de meetings, changement de lieu de rassemblement, mobilisation policière….les partis d’opposition font face à de nombreux aléas depuis le lancement de la campagne officielle de la présidentielle, le samedi 22 septembre dernier. Ce jour-là, le candidat Maurice Kamto tenait son meeting devant des véhicules des éléments des forces de maintien de l’ordre, rangés en grand nombre devant militants et sympathisants du MRC. Un jour plus tôt, la tenue de ce meeting avait été interdite au motif qu’il était susceptible de «provoquer un trouble à l’ordre public» par le sous-préfet de Douala 4ème. Il se tiendra finalement sans heurts.

Comme pour le MRC, les membres de l’équipe de campagne de Cabral Libii ont indiqué que son meeting de lancement a été interdit, quelque heures avant que le sous-préfet de Douala 5ème ne rende public un communiqué pour l’autoriser finalement. Pour de nombreux acteurs de la politique camerounaise, la bataille électorale se joue également sur le terrain de la conquête des espaces de meetings. Au sein du SDF notamment, cette situation est bien connue.

«Nous avons déjà vécu ce genre de situation par le passé. En 2011, nous avons vu un meeting du chairman Ni John Fru Ndi avorter parce que l’espace aérien du Cameroun avait été fermé en raison d’un déplacement de M. Biya, alors candidat. Il se rendait à Maroua, et notre chairman à Garoua. Nous avons passé près de 24 h à l’aéroport. Imaginez la frustration des militants qui nous attendaient. Cette année, nous ne commettrons plus la même erreur», explique Joshua Osih, le candidat du SDF. Pour ce faire, le candidat s’est abstenu de dévoiler les différentes étapes de sa tournée dans le pays.

Plusieurs partis politiques ont pourtant publié la totalité de leur agenda. C’est le cas du MRC qui semble commencer à en payer le prix. Le dimanche 23 septembre dernier, les responsables de ce parti politique ont été surpris de constater que l’espace qu’ils avaient réservé pour le meeting de leur candidat à Kribi, a été pavoisé aux couleurs du RDPC la veille du scrutin, les forçant à annuler cette étape de leur tournée.

«Le MRC a déclaré son meeting en bonne et due forme. En date du 20 septembre les responsables du parti ont déposé, chez le Préfet de l’Océan, la note portant objet : meeting de Maurice Kamto à Kribi et nous avons reçu l’accusé de réception. Aux environs de 21h 30, quand nous allions pour prendre connaissance du site, nous avons trouvé des personnes installant chaises et tentes. Ils nous ont fait comprendre que c’est le RDPC qui leur a demandé de venir faire le travail car il y tiendra un meeting au petit matin. Mais le matin, aucun meeting du RDPC ne s’est tenu à cet endroit qui nous a été refusé», explique un cadre du MRC sous anonymat.

A Douala, un responsable de parti confie que les responsables de la Camtel ont refusé de céder leur terrain, qui abrite pourtant de nombreuses manifestations publiques.

 

 

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