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Présidentielle 2018 : questions autour du don d’Issa Tchiroma à Garoua

Issa Tchiroma, Grégoire Owona et Joseph Le le 8 septembre à Garoua (c) Twitter

Les 1000 tables bancs offerts par le président du Fsnc à Garoua font planer le spectre d’un achat des consciences des électeurs durant la présidentielle. Une pratique bien connue dans le milieu politique camerounais.

Le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, a tenu un meeting «de remerciement et de soutien à la candidature du président Paul Biya» samedi dernier à Garoua. Devant une foule que les organisateurs évaluent à environ 10.000 personnes, le président national du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) a réitéré son «soutien total au candidat du Rdpc», promettant que «pas une voix ne lui échappera dans la région du Nord». Le meeting de Garoua a été marqué par la présence de Joseph Le et Gregoire Owona, deux ministres et hauts cadres du Rdpc. Mais le public présent a surtout retenu l’impressionnant don qui a été fait par le président national du parti hôte, le Fsnc.

A la fin d’un discours prononcé pendant près d’une heure de temps, en effet, Issa Tchiroma a solennellement annoncé qu’un millier de tables bancs seront mis à la disposition des écoles de deux départements. «Nous donnons 500 tables bancs au département de la Benoue et 500 autres à celui du Mayo Louti. Et ce n’est qu’une mise en bouche, car nous allons revenir les jours prochains pour apporter encore plus pour notre campagne porte à porte», a affirmé Issa Tchiroma. Une action qui semble tirer  sa raison d’être de la nature même de cette élection, qu’il qualifie de «difficile». « C’est la campagne la plus difficile de la carrière de Paul Biya (…), les ministres sont venus ici parce qu’il y a péril en la demeure», a-t-il ajouté.

Pour certains acteurs de la vie politique, les déclarations d’Issa Tchiroma augurent un achat de conscience des électeurs. Une pratique connue dans le milieu politique camerounais, et très souvent décriée. « C’est une mauvaise pratique qui est entrée dans nos habitudes en raison de la précarité dans laquelle vivent certains électeurs », explique Ginette N., une électrice. « Le vote est une décision importante qui a des répercussions sur la vie de toute une nation, il est donc dangereux de le faire, sous l’influence d’un kilogramme de maquereau ou de riz », ajoute-t-elle.

Selon l’article 289 du code électoral, des peines sont prévues par l’article 123-1 du Code Pénal contre celui qui « par dons, libéralités, faveurs, promesses d’octroi d’emplois publics ou privés ou d’autres avantages particuliers faits en vue d’influencer le vote d’un ou de plusieurs électeurs, obtient leur suffrage soit directement, soit par l’entremise
d’un tiers ». Il en est de même pour tous ceux qui « acceptent ou sollicitent des candidats des dons, libéralités, faveurs ou avantages», dans l’optique de leur accorder un vote favorable.

Il est difficile de savoir si cette disposition fera disparaître définitivement les fameuses distributions de «maquereaux» et de «riz». L’on sait néanmoins que la loi est intransigeante, et que des dénonciations ne sont pas à exclure.

 



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