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Présidentielle au Paraguay, qui devrait garder le cap à droite

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Le Paraguay, un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, a voté dimanche pour choisir son nouveau président, la droite étant favorite pour garder le pouvoir avec Mario Abdo Benitez, issu d’une famille liée à la dictature (1954-1989).

Le candidat du parti Colorado, qui gouverne le Paraguay presque sans interruption depuis 1947, dispose de jusqu’à 20 points d’avance dans les sondages sur son adversaire Efrain Alegre, porté par la coalition de centre gauche Ganar.

Les bureaux de vote ont fermé à 16H00 (20H00 GMT). Peu après la clôture du vote, les autorités électorales ont fait état d’une participation d’environ 65%, et la cheffe de la mission de supervision de l’Union européenne, la Roumaine Renate Weber, a assuré constater « une grande participation citoyenne ».

Des sondages réalisés à la sortie des urnes sont attendus vers 21H00 GMT, avant la publication des premiers résultats partiels de ce scrutin à un tour autour de 0H00 GMT lundi.

Les 4,2 millions d’électeurs devaient choisir le successeur du président sortant Horacio Cartes mais aussi renouveler leur parlement et élire les gouverneurs des 17 départements du pays.

Dynamisme économique d’un côté, pauvreté, corruption et trafic de drogue de l’autre: le , enclavé entre la Bolivie, l’Argentine et le Brésil, a été profondément marqué par la longue dictature d’Alfredo Stroessner (1954-1989).

Et c’est un candidat dont la famille est liée à cette époque trouble qui est le favori du scrutin: z, 46 ans, surnommé « Marito », est le fils de Mario Abdo, secrétaire personnel de Stroessner.

« J’ai gagné mes références démocratiques au cours de ma carrière politique », s’est-il justifié dimanche après avoir voté.

– Vote de sanction? –

Le candidat a passé ces dernières semaines largement en tête des intentions de vote, mais il n’est pas abri d’une mauvaise surprise liée au mécontentement général.

« Si Abdo Benitez perd, ce sera un vote de sanction pour Cartes, qui a eu un gouvernement d’exclusion. Il y a une réaction de lassitude », a expliqué l’institut de sondages Sneard à l’AFP.

Alex Giménez, étudiant de 18 ans votant pour la première fois, veut justement croire en une victoire d’Alegre: « La majorité des gens ont de la rancoeur envers Cartes », a-t-il témoigné.

Horacio Cartes, patron millionnaire de l’industrie du tabac, a misé pendant son mandat sur la croissance économique, d’environ 4% par an grâce aux exportations de soja, de viande et d’électricité.

Mais il n’a progressé ni sur le front de la pauvreté, à un niveau alarmant de 26,4% officiellement, ni sur celui de la corruption, dans ce pays classé 135e sur 180 par l’ONG Transparency International dans son classement annuel de la perception de la corruption.

Le président sortant a reconnu dimanche, après avoir voté, que « tout reste à faire » au Paraguay: « Nous avons des dettes sociales, ce n’est pas concevable qu’avec toute la richesse que nous avons et en étant 7 millions d’habitants, nous ayons ce niveau de pauvreté ».

Diplômé en marketing aux Etats-Unis, « Marito » promet de réformer le système judiciaire pour le rendre plus vertueux et maintenir la même politique économique que son prédécesseur.

Face à lui, l’avocat Efrain Alegre, 55 ans, affiche des ambitions plus sociales, proposant la santé gratuite pour les plus démunis et un allègement drastique de la facture d’électricité pour stimuler investissements et emplois.

Les deux adversaires s’opposent tous deux à la légalisation de l’avortement et au mariage pour tous, dans ce pays très catholique.

Si les électeurs confient les rênes du Paraguay à Mario Abdo Benitez, cela confirmera à quel point la population a tourné la page de la période de la dictature, à la faveur du changement de génération, 43% de l’électorat ayant entre 18 et 34 ans.

« La société paraguayenne change plus vite que ses élites politiques, et il y a une génération, de plus en plus influente, qui ne se souvient pas vraiment du régime non-démocratique. C’est une première dans l’histoire du Paraguay », souligne Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getulio Vargas de Sao Paulo, dans un article publié par Americas Quaterly.

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