Dossiers › Présidentielles 2011

Présidentielle camerounaise: Les grandes man uvres des Nations unies

Les agences de l’Onu sont au four et au moulin pour une élection libre et transparente, dont les résultats sont acceptés par tous

Activisme. Activation. Branle-bas. Les mots ne manquent pas pour qualifier l’apport du système des Nations unies dans l’organisation de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011au Cameroun. L’implication – trop visible au goût de certains observateurs – des Nations unies dans la future présidentielle camerounaise commence par le sommet. En juillet 2011, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Bureau régional des Nations unies en Afrique centrale séjourne au Cameroun. Abou Moussa vient officiellement se présenter aux autorités camerounaises après sa prise de fonction et le démarrage des activités en mars 2011 du Bureau régional des Nations unies basé à Libreville au Gabon. A l’occasion, les deux parties parlent d’élection présidentielle et de la préservation de la paix au Cameroun. Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu, dont la mission est éminemment politique, se montre particulièrement offensif sur le sujet. Suffisant pour mettre en exergue la mobilisation du système des Nations unies en matière électorale au Cameroun.

1-Le Programme des Nations unies pour le développement et la gouvernance démocratique au Cameroun Le partenariat entre les deux parties remonte à 2003. Il se matérialise dans le cadre de projets d’assistance électorale. Objectif : concourir au renforcement du dialogue entre les différents acteurs, au renforcement de la transparence du processus électoral et à la promotion de la participation citoyenne. Pour ce faire, le Pnud a par exemple offert à Elections Cameroon (Elecam) une plate – forme informatique accompagnée d’un logiciel spécialement conçu pour gérer efficacement l’actuel fichier électoral. Par ailleurs, à travers les Projets Elections et CHOC, le Pnud mène une intense activité de terrain et de plaidoyer. Outre la dotation du matériel électoral (urnes transparentes.), il y a la formation, l’éducation et la sensibilisation du corps électoral. Le Pnud travaille en partenariat avec les autres agences spécialisées de Nations unies et les organisations de la société civile camerounaise. Ce qui est dans le droit fil de ses missions : « Le Pnud appuie les efforts des pays à renforcer leurs institutions démocratiques à travers des élections libres et transparentes et établir des espaces dans lesquels les parties politiques, une société civile très dynamique, et les médias d’éthique peuvent évoluer ».

2-Le Centre des Nations unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale propose un code de bonne conduite électorale aux partis politiques camerounais. « .Nous encourageons vivement les partis politiques à signer un code de conduite pour le respect des droits de l’homme et pour l’acceptation du résultat des urnes. Après les élections, il ne doit avoir ni de vainqueurs triomphalistes ni de perdants désespérés, la seule victoire devra être celle du peuple camerounais ». Cet extrait d’allocution est de la Directrice du Centre des Nations unies pour les droits de l’homme et la démocratie. Madame Maarit Kohonen Sheriff, Représentante régionale du Haut- commissariat en Afrique centrale, s’exprime ainsi le 14 juin 2011, à l’ouverture de l’atelier national sur « les partis politiques, les droits de l’homme et les processus électoraux au Cameroun ». Mme Maarit Kohonen Sheriff justifie sa démarche : « Au Cameroun, nous devons cultiver les atouts indispensables pour organiser des élections libres, honnêtes, et transparentes dénuées de toute violence. Le peuple camerounais est un peuple de dialogue et de paix qui a toujours su surmonter les défis de son évolution démocratique ». Et de suggérer la protection et la promotion des droits de l’homme avant, pendant et après le processus électoral : « C’est bien au Gouvernement qu’il incombe la responsabilité première de garantir l’exercice de ces droits citoyens. Cependant pour réussir de bonnes élections, chacun jouer son rôle. En effet, les leaders des partis politiques ont un rôle primordial à jouer dans ce processus de compétition pour le pouvoir. Ils doivent contribuer à l’émergence d’une opinion nationale favorable à la paix et à la tolérance. Ils ont le devoir et la responsabilité de sensibiliser leurs adhérents afin qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales, qu’ils participent au vote dans la dignité, sans discrimination et dans le respect des valeurs démocratiques. La gestion des relations entre partis politiques et la presse sont également d’importance ». Le Centre des Nations unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale se montre par ailleurs préoccupé par le travail des médias en période électorale. A son initiative, un atelier national s’est tenu du 27 au 29 juillet 2011 à Mbalmayo sur le thème : « Médias, les défis à relever en période électorale ». Le renforcement des capacités des journalistes camerounais à la couverture des élections s’est étendu à d’autres villes carrefours du Cameroun telles que Douala, Bafoussam et Garoua. Entre autres thèmes au menu des échanges : Prévenir les crises électorales au Cameroun, le rôle des médias ; Normes internationales des droits de l’homme relatives aux élections, etc. Le Centre des Nations unies pour l’information et la documentation a appuyé l’organisation de ces ateliers.

3- Onu Femmes engage les politiques à accorder plus d’intérêt à l’aspect genre. L’agence spécialisée des Nations unies propose aux partis politiques camerounais de « mettre en place des mesures concrètes pour favoriser l’égale participation des hommes et des femmes au processus électoral, aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». Par ailleurs, Onu Femmes et le Pnud accompagnent depuis deux ans Elecam l’opérationnalisation de l’approche genre dans le processus électoral. Les résultats de cet accompagnement sont de plusieurs ordres : l’élaboration d’un plan stratégique pour l’amélioration de l’égale participation des hommes et des femmes au Cameroun ; le développement d’une stratégie de sensibilisation et d’éducation civique dans une perspective genre pour les différentes opérations du cycle électoral ; la conception et l’élaboration des outils de communication et de sensibilisation intégrant le genre dans le cycle électoral ; la sensibilisation et l’éducation civiques en matière électorale ; le soutien aux partis politiques pour l’intégration de l’approche genre dans leurs stratégies électorales. Le 11 mai 2011 par exemple, dans le cadre du Projet relatif à la promotion des droits civils et politiques de la femme au Cameroun, Onu Femmes a financé avec la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) une campagne de sensibilisation sur les droits civils et politiques de la femme. Il s’agissait en fait d’une journée d’échanges avec les représentants des partis politiques et les organisations de la société civile sur l’implication de la femme dans le processus électoral.

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