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Prix du pain: Doit-on craindre des hausses au Cameroun ?

Des observations laissent entrevoir qu’une intervention rapide de l’Etat pourrait éviter une hausse catastrophique

La position des importateurs camerounais est attendue
Le prix du pain pourrait augmenter au Cameroun dans les prochaines semaines. La seule chose qu’on ignore c’est quelles proportions et pour combien de temps? En cause, la décision de la Russie de geler jusqu’à la fin de l’année ses exportations de blé en raison de la grave intensité de chaleur dont a été victime le pays. Une décision qui a créé une situation « sérieuse » sur le marché de cette céréale. Pour l’instant, le consommateur camerounais ne ressent pas encore les effets de cette situation. Mais dans les coulisses, les acteurs de la filière se réunissent pour voir dans quelles mesures ils pourront arranger les prix. Les décisions de ces importateurs nous permettrons de décider sur ce qu’il y aura lieu de faire avec le prix du pain. Mais une chose est sûre, si le prix du blé augmente, le prix du pain va inévitablement monter, nous a avoué un boulanger de Yaoundé. Les experts eux ont une plus grande crainte. Selon eux, si les prix de la farine du blé augmentent encore au Cameroun, cela pourrait causer des problèmes, comme en février 2008, lorsque la flambée des prix des produits alimentaires au cours des trois premiers mois de 2008 par rapport à la même période de 2007 avait frappé de plein fouet le marché, entrainant des vagues de protestations. Le problème maintenant est de savoir combien de temps la hausse des prix va durer. Une chose qui est difficile de savoir pour le moment. Par expérience, lorsqu’elles interviennent au Cameroun en raison d’une conjoncture internationale incontrôlable, les hausses de prix restent généralement maintenues.

Des circonstances favorables à une légère hausse
Logiquement, la hausse des prix semble évidente et inévitable. Le premier ministre russe Vladimir Poutine a indiqué, lundi 9 août, que la production du pays ne s’élèverait cette qu’à 60 à 65 millions de tonnes de céréales, dont environ les deux tiers de blé, loin des 90 à 95 millions de tonnes initialement prévus. Le Kremlin a aussi décidé d’instaurer un embargo sur ses exportations de céréales pour ne pas trop affecter la consommation intérieure. Les marchés sont d’autant plus agités, que d’autres grands exportateurs mondiaux de blé, ont aussi rencontré des problèmes climatiques. Canicule dans les autres pays de la mer Noire (Ukraine et surtout Kazakhstan), vague de chaleur en juin ayant affecté les rendements en Europe, inondations au Canada… Résultat, le prix de l’épi de blé a connu une hausse spectaculaire de 38% entre le début du mois de juin et la fin du mois de juillet 2010. Au cameroun, où une bonne partie des revenus des ménages sont consacrés à l’alimentation, l’impact pourrait être important. Le prix du blé compte pour au moins 50 % dans celui du pain au Cameroun, nous a indiqué notre boulanger. Or le pain est devenu un aliment de base dans les principales villes camerounaises. D’un autre coté les autorités malgré leur volontés et leurs initiatives permanentes, ne sont pas encore parvenus à trouver un remède efficace contre les spéculateurs, dont les actions pèsent souvent pour près de 40% sur les hausses effectives des prix.

Une intervention préventive des autorités reste nécessaire
Selon une certaine analyse cependant, la situation de hausse des prix du pain pourrait être évitée si les autorités s’emparent rapidement du problème et ne perdent pas une seule minute. Au ministère du commerce, on indique être au courant de la situation internationale, mais on se refuse à faire tout commentaire sur le sujet. Des observations plus optimistes, ont effectivement indiqué que malgré la tension que connait actuellement le marché du blé, les prix restent très en deçà de ceux connus en février 2008. D’un autre côté, des agriculteurs attirés par les prix élevés durant cette période-là, avaient remis en activité des terres inutilisées ou semé sur des surfaces plus importantes. Cela a eu pour conséquence de faire passer les stocks mondiaux à 197 millions de tonnes, très loin du plancher de 118 millions connu en 2007-2008. Cela dit, la hausse de la demande internationale de blé fera en sorte que l’offre soit légèrement inférieure de près de 5 millions de tonnes. Ce qui normalement devrait laisser envisager une hausse très faible des coûts. Une vague d’espoir existe et appartient à l’Etat. En limitant les taxes à l’importation, le gouvernement camerounais pourra limiter l’impact des hausses des cours. D’autant que l’effet tampon du taux de change devrait être moins fort qu’en 2007-2008. Les prochaines semaines seront décisives, surtout avec le début de l’année scolaire, et sa forte demande en consommation de pain.


Journalducameroun.com)/n


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