Politique › Judiciaire

Tribunal: la justice examine les preuves en l’absence des leaders ambazoniens

 Le ministère public a présenté mercredi, une série de documents, d’éléments audio et vidéo constituant les preuves devant appuyer l’accusation retenue contre Julius Ayuk Tabe et ses compagnons. Lesquels n’étaient   pas présents à l’audience.

Le commissaire du gouvernement a présenté mercredi, 29 mai, les éléments de preuves devant appuyer l’accusation dans le procès opposant l’Etat du Cameroun aux leaders de l’Etat immatériel « d’Ambazonie » pour terrorisme. Il s’agit de procès-verbaux des enquêtes judiciaires, des éléments audio de l’exploitation des détenus Secrétariat d’Etat à la défense (Sed) ainsi que des vidéos des violences en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Certaines impliquent directement certains des accusés.

Les membres du premier gouvernement imaginaire  » d’ambazonie » sont poursuivis en justice pour des faits de : complicité d’actes de terrorisme, apologie des actes de terrorisme, recrutement de personnes en vue de leur participation aux actes de terrorisme, financement de terrorisme, sécession, révolution, bandes armées, insurrection, hostilité contre la patrie, atteinte à la sûreté de l’Etat, propagation de fausses nouvelles, défaut de CNI.

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« A l’issue de l’enquête ouverte au service central de la recherche judiciaire de la Gendarmerie nationale, des procès-verbaux ont été établis. Ils constatent des destructions, dégradation d’édifices, incendies, des blessures, des homicides et tous les dommages causés par les instructions et les initiatives des accusés. Car les groupes armés mis en place sont véritablement passés à l’action », a indiqué Engono Thadée, le commissaire du gouvernement à l’introduction des preuves mercredi.

Dans le détail, il est reproché à la bande à Ayuk Tabe d’avoir joué un rôle important dans la mue des revendications corporatiste des avocats et enseignants des régions anglophones en un mouvement sécessionniste. Le ministère public les poursuit également pour avoir encouragé, facilité, et financé la formation des groupes armés. Toutes choses qui, appui Engono Thadée, ont mis en mal la souveraineté  de l’Etat dans cette partie du pays.

« Il est à noter que la plupart des accusés ne nient pas et continuent même à clamer leur appartenance à ces groupes, car chacun d’eux possède un groupe armé ».

L’audience de mercredi s’est déroulée en l’absence des accusés. Ayuk Tabe et ses compagnons se pourvoient en cassation au sujet de leur renvoi au Nigéria où ils ont été arrêtés en janvier 2018. Ils ont tour à tour soumis cette requête devant le Tribunal militaire et  la Cour d’appels, et ont, à chaque fois, été déboutés. Ils demandent à la Cour suprême de censurer la non-conformité de la décision de la Cour d’appel aux règles du droit.

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Ils ont saisi le Lieutenant-colonel Jacques Boudouin Misse Njone d’une correspondance lui demandant de surseoir la procédure pendante devant le Tribunal militaire du fait du pourvoi. Le sujet a été débattu lors de l’audience de mercredi. Ce, d’autant plus que l’affaire avait été renvoyée au 29 mai pour comparution des accusés et de leurs avocats. « Aucun obstacle de droit ne s’oppose à la poursuite de cette affaire. Croire le contraire serait donner raison à ceux qui croient pouvoir prendre le Tribunal en otage. Cela ne peut pas et ne doit  pas se faire », a déclaré Me Hachet, l’un des avocats de la partie civile. S’appuyant sur les articles 370 et 365 du Code de procédure pénale, le juge a conclu par défaut que toute la procédure se poursuivrait comme si les accusés avaient plaidé non coupable. L’affaire est renvoyée au 19 juin.


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