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Projets infra-structurels: Une implication plus pertinente des nationaux

C’est une des recommandations faites lors d’un dialogue entre le gouvernement et le secteur privé au cours d’une rencontre à Yaoundé

Le secteur privé a proposé mercredi 29 février 2012 lors d’une rencontre avec le gouvernement à Yaoundé la capitale camerounaise, que les pouvoirs publiques puissent prendre la décision politique de rendre prioritaire l’implication des nationaux, dans la mise en uvre des grands projets structurants, en vue de favoriser la relance de l’économie camerounaise. Jusqu’ici, les entreprises camerounaises occupent des places de sous-traitants, dans la réalisation des projets de relance de l’économie camerounaise. Ce qui selon moi pose un petit problème. Nous pouvons prendre exemple sur le Burkina Faso, où la réalisation d’un projet de route a été confiée à quelqu’un qui n’est pas un ingénieur, et il a réussi à recruter les compétences qu’il fallait et le projet a été réalisé a fait savoir André Siaka, le président d’Ecobank Cameroun. Dans un style moins technique, mais tout aussi pertinent, Françoise Fonning a partagé la même préoccupation. Le président de la République a dit dans ses discours que son nouveau septennat était celui des grandes réalisations. Et moi je propose que ce soit celui des grandes réalisations avec l’intégration des nationaux. Je ne comprends pas que nous ayons beaucoup de milliards à investir et que ce soit les autres qui bouffent. Je pense personnellement qu’il faut faire confiance aux investisseurs camerounais a déclaré la présidente du groupe des femmes d’affaire du Cameroun. Comme c’est vous qui pilotez aujourd’hui ces grands projets, nous vous interpellons directement et nous espérons que vous en tiendrez compte, a-t-elle ajouté à l’endroit du ministre en charge de l’Economie et de la Planification, représentant le gouvernement lors de cette rencontre.

En face le gouvernement a fait part de sa réserve. Il n’appartient pas aux autorités politiques, a indiqué le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, de restreindre la compétition dans l’exécution des grands projets de l’Etat, à un quelconque groupe d’investisseurs. Selon le ministre en charge de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), le secteur privé camerounais doit se placer dans une position de conquérant. Il appartient au secteur privé national camerounais de montrer ce dont il est capable. Nos projets ont l’ambition de résoudre des problèmes de grande ampleur, et nous ne pouvons-nous permettre de tatillonner, les nationaux doivent pouvoir nous convaincre qu’ils ont derrière, une garantie de l’efficacité, a-t-il indiqué. Le ministre Camerounais a renforcé sa position sur des exemples concrets. Le gouvernement dans son projet de construction des logements sociaux au camerounais, a confié l’exécution à des PME locales, aucun délais n’est respecté et les entreprises ont clairement indiqué leur difficultés à poursuivre. En face, les entreprises estiment que ces difficultés auraient pu être palliées si le gouvernement respectait ses engagements financiers dans les délais aussi.

Pour les experts, la question est toute tranchée. Le capital des nationaux n’est pas suffisamment important pour faire face à la présence des investisseurs étrangers. Dans l’économie camerounaise ce capital représente à peine 15% et ne repose sur aucune réserve d’équipement. Si une entreprise de construction de route camerounaise veut réaliser un chantier, elle doit importer tout son matériel, ce qui ne la rend pas compétitive, alors qu’une multinationale vient avec tout l’équipement qu’elle possède ou via des montages complexes. J’ai aussi entendu dire que le problème peut être résolu grâce au procédé du leasing, la même contrainte subsiste, l’opérateur de leasing national n’a pas la capacité financière d’apporter un type de matériel. Donc il ne faut pas rêver les nationaux ne peuvent pas occuper une place de choix dans la réalisation des grands projets, indique pour sa part Dieudonné Essomba, un expert en économie. Le gouvernement s’est voulu optimiste. Le ministre a engagé le secteur privé à s’approprier des avantages de l’Etat. Dans la construction des routes, par exemple, il a été indiqué la possibilité de se rapprocher du MATGENIE qui possède déjà la base infrastructurelle. Mais quid des autres secteurs. La préoccupation reste majeure avec au centre des enjeux, la conservation de l’argent du Cameroun dans son circuit monétaire interne.

Les nationaux veulent plus de marchés dans les grands chantiers
Journalducameroun.com)/n


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