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Propositions du BRIC pour un nouveau système éducatif camerounais

Par Ernest Pekeuho, président national du Bloc pour la reconstruction intégrale du Cameroun (Bric)

C’est pour solutionner toutes les erreurs du RDPC que le BRIC présente à toutes les Camerounaises et à tous les Camerounais à cette rentrée scolaire 2015 un projet dénommé «EDUCATION POUR TOUS».

Pourquoi un projet?
Un projet c’est d’abord une vision qui résulte de l’analyse de la société Camerounaise et de sa place en Afrique et dans le monde, mais aussi des attentes de nos concitoyens. Ce n’est pas un système ou une idéologie qui prétendrait donner la réponse avant la question; c’est un guide pour l’action, c’est un cap pour demain.

Un programme, c’est au contraire, une série de mesures que les gouvernants sont souvent incapables d’appliquer car elles dépendent d’un environnement (économique, financier et social) qu’ils ont du mal à pratiquer.

Un projet, c’est ensuite une inspiration unificatrice, il ne s’adresse pas à une partie, il concerne l’ensemble des Camerounais: il parle de tout et il parle à tous. Un Programme, c’est au contraire l’expression d’une seule sensibilité ou d’un compromis nocturne entre les courants qui se jalousent. Aussi sa nature en fait plutôt un alibi qu’un véritable engagement vérifiant ainsi la définition péjorative que Paul Valéry donne de la Politique «l’art d’empêcher les gens s’occuper de ce qui les regarde».

Le BRIC refuse de diviser les Camerounais en opposant les jeunes aux moins jeunes, le public au privé, les villes aux campagnes.

Pour nous, l’autorité de l’Etat, c’est la sécurité publique, c’est une véritable éducation, ce sont aussi les écoles publiques, présentes et efficaces.

Pour nous, le développement économique ne peut aller sans la Justice Sociale.

Pour nous, il s’agit d’amener et d’élargir les droits fondamentaux de la République: l’accès à l’emploi pour tous, l’éducation gratuite du primaire à l’université, un logement garanti à tous, la santé garantie, une sécurité assurée.

Nous voulons construire une société où chacun vit mieux et où l’on vit mieux ensemble.

Nous voulons un Cameroun puissant en Afrique Centrale, fort en Afrique et présent dans le monde.

Ces huit mots résument l’action que le BRIC propose aux Camerounais pour ces élections:

La VOLONTE: car c’est la raison d’être de la politique.

La VERITE: car les Camerounais savent que gouverner c’est prendre des vrais engagements et refuser des annonces sans lendemain et la gesticulation.

Le DIALOGUE: car chacun doit être entendu, les reformes ont besoin d’être débattues pour être réussies.

Le MERITE: ceux qui travaillent, qui font des efforts, qui prennent des initiatives ou des risques, ceux qui trébuchent, mais qui se relancent, ceux qui font du bénévolat, doivent être valorisés et récompensés à la hauteur de leur mérite. Tout ne se vaut pas et c’est à la société d’établir la hiérarchie des valeurs.

La JUSTICE: c’est la contre-partie nécessaire de la méritocratie ; certains voudraient faire des efforts, mais en sont empêchés par les handicaps objectifs qui sont les leurs. Parce que le BRIC a longtemps pensé l’inverse, nous affirmons que la responsabilité individuelle ne peut pas tout, n’explique pas tout. Ceux qui ont plus d’handicaps doivent être aidés d’avantage.

La RESPONSABILITE: c’est la condition impérative pour se donner un niveau de protection sociale. Etre aidé lorsqu’on est au chômage, être aidé lorsqu’on n’a plus rien pour vivre, être pris en charge lorsqu’on malade, c’est indispensable et légitime. Mais mal utiliser les ressources sociales, c’est mettre en péril et même rompre le contrat social qui nous protège tous. Dans notre société, l’individu n’a pas que des droits; il a aussi des devoirs.

Le RESPECT: depuis l’enseignant jusqu’au jeune du quartier en passant par la personne âgée, le policier (homme en tenue), le commerçant, l’ouvrier, le ben skineur ou l’élu, il s’élève dans notre pays un immense besoin de respect. Le morcellement de la société, la défiance entre ses composantes donne à chacun le sentiment qu’il n’est pas respecté par l’autre. L’atteinte au prestige de la nation, le doute jeté sur l’authenticité des promesses républicaines, l’impuissance de l’Etat, l’oubli des devoirs tarissent l’autorité à la source. La BRIC veut renforcer une société de respect et qui se respecte.

La CONFIANCE: Il faut cesser de compliquer la vie de la quasi-totalité des ménages, des entreprises, des collectivités territoriales et des associations pour régler les problèmes posés par une majorité. Il faut simplifier les structures arrêter la machine à produire de la complexité, qui ne résout rien; retrouver de l’efficacité en se concentrant sur les priorités.

Chacun doit reprendre confiance dans les autres, pour une société moins rigide, plus libre et réconciliée: les citoyens dans les élus, les salariés dans les entreprises, le patronat dans les syndicats, les familles dans les services dans les services publics, le secteur privé dans les fonctionnaires, les fonctionnaires dans l’administration, les générations qui précédent dans les générations qui suivent, la jeunesse dans ceux qui préparent leur avenir, le Cameroun traditionnel dans le Cameroun multiple, l’Etat dans ce qui n’est pas lui et tout ce qui n’est pas l’Etat dans la capacité de celui-ci à garantir les principes fondateurs, à préserver la cohésion sociale et à régler les difficultés qui relèvent de sa compétence. Et la confiance que chaque Camerounais pourra avoir en lui-même démultipliera cette confiance collective.

Nous avons la possibilité d’avancer ensemble, dans la voie du progrès; ne laissons pas passer les prochaines échéances qui sont capitales et qui vont décider de notre avenir commun pour les 5 (cinq) prochaines années.

Notre conviction, c’est que le Cameroun ne peut plus attendre.
Nous pouvons encore rattraper notre retard, repartir du bon pied, nous mettre à l’heure du monde, redonner un espoir à chacun, retrouver une ambition collective pour tous.
Mais il faut le faire maintenant.

Plus nous tarderont, plus les coûts du retard seront élevés.
Nous allons plus présenter «le devoir de réussir»
S’il nous était demandé de retenir une seule idée, ce serait: l’investissement dans la formation.

Comme le disait quelqu’un, «une école ouverte est une prison fermé».

De la maternelle au collège, des amphis aux laboratoires, des bibliothèques aux musées, c’est notre responsabilité nationale qui est engagée.

C’est dans l’élaboration et la transmission du savoir que le Cameroun va se développer, car l’éducation va de pair avec le développement. Tous les pays du monde jouent leur avenir dans ce domaine. La mondialisation nous place dans une situation de défi les uns par rapport aux autres et la clé est bien l’innovation, sous toutes ses formes. A titre d’exemple, rappelons-nous que le Premier Ministre Britannique en 1995 avait défini ses priorités en trois points ainsi: Education, éducation, éducation et avec humour, son opposant conservateur avait répliqué que ses priorités étaient les mêmes mais dans l’ordre différent.

Nous pensons aujourd’hui, il est plus qu’urgent de suivre le rythme du développement. Notre école n’assure plus, elle fait peur, l’université n’a pas surmonté le défi de la décentralisation, elle n’a pas surmonté le défi de la quantité ni de la qualité. Le défi d’une université par province n’est pas lancé. «L’école pour tous» est devenue «l’école pour riche».

L’école primaire gratuite a laissé place à l’instauration des APE à la tête des parents. Le paquet minimum est détourné et quand bien même il arrive à destination, on retrouve des médicaments plus dangereux qu’ils ne soignent.

Le lycée est devenu le lieu par excellence de la corruption: la période Juin-Septembre est appelée période des récoltes? Récoltes ou semés. Nos enfants sont abandonnés à eux-mêmes, ceux qui arrivent tard rencontrent ceux rentrent tôt. «On dit que l’école du blanc ne paie plus».

Nos universités sont devenues des lieux obscurs où fraude prend le pas sur excellence, où «le garçon pour valider une unité de valeur doit se surmener et la fille doit être enceinte, en clair elle doit passer au bureau du grand prof».

Pour que l’école reste le creuset de la République;
Pour qu’elle donne à chacun les moyens de s’élever par ses efforts en s’éduquant;
Pour qu’elle donne à notre pays les citoyens éclairés dont a besoin la démocratie.

Le BRIC pense qu’il n y a pas d’autre choix que d’investir puissamment et dans la durée dans ces domaines clés. A travers eux, qui ne voit d’ailleurs que le principal bénéficiaire en sera la jeunesse.

Pour nous, l’éducation doit être la priorité dans les faits, dans les discours.

Maternelle et Primaire
L’école primaire doit être gratuite et libre sur toute l’étendue du territoire.

Les objectifs de l’école primaire seront de faire réussir 100 % de tous les enfants qui y entre avec le CEP.

L’école primaire a à l’égard de l’enfant une obligation des résultats. Dans l’apprentissage des savoirs fondamentaux et la transmission du patrimoine culturel. Cette obligation est d’autant plus grande qu’elle concerne les enfants des familles défavorisées, Nous affirmons que plus un enfant est défavorisé, plus l’école a le devoir d’être exigeante et ambitieuse pour lui.

La liberté pédagogique doit être garantie à chaque enseignant, car il est clair aujourd’hui que ce soit des méthodes répétitives, participatives ludiques ou autres, Chaque enfant est différent.
L’enseignant s’appuiera sur les techniques de la NAP (Nouvelle Approche Pédagogique) pour mieux gérer sa classe.

Chaque salle de classe du primaire aura au plus 40 élèves et mise sous la direction de 02 (deux) maîtres (un principal et un assistant). Seuls les deux maîtres et le directeur sauront leurs rôles pour éviter une mauvaise interprétation par l’enfant.

L’école primaire sera sous l’autorité d’un maître nommé par le maire de la commune concernée après avis du délégué Régional de l’Education de base. Il doit jouir d’une expérience d’au moins 20 (vingt) ans comme enseignant. Le responsable d’établissement aura ainsi à définir les grandes lignes de gestion de la structure qui lui est confiée en conformité avec la mairie.

Les établissements ont pour obligation de diversifier les méthodes et les approches, valoriser de nouvelles compétences chez les élèves telles que les compétences manuelles, artistiques, la créativité et l’imagination. Les heures de sport et d’informatique seront systématiques dans tous les établissements primaires. L’éducation culturelle sera innovée, car la culture est facteur de sens de la cohésion. Le bilinguisme sera fortement développé.

Avec les mairies d’arrondissement et les enseignants volontaires, nous expérimenterons une nouvelle organisation scolaire consistant à recentrer l’école sur la transmission des savoirs fondamentaux; ce serait «l’école du savoir» et à confier les activités d’éveil, le sport, la culture, l’apprentissage de la vie civique dans toutes ses dimensions (citoyenneté, écologie, lutte contre la corruption, lutte contre le détournement, sécurité routière, secourisme, alimentation etc.) la découverte des métiers et le soutien scolaire aux municipalités: ce serait «l’école de la vie».

Secondaire
Le collège est une institution, sa mission est de transmettre le savoir, de faire comprendre à chaque élève les principes de la République, bref de procurer à chaque élève la boite d’outil qui en fera de lui un homme libre. En cela elle est une institution qui s’appuiera sur une hiérarchie (celui qui sait et celui qui apprend) et des règles (le respect de l’autre , la fraternité) l’école n’est pas un lieu comme les autres , un espace banal pratiquant la confusion des genres et la spontanéité. A fortiori, la violence ne saura donc y pénétrer. C’est donc l’autorité du professeur et la discipline qu’il faut restaurer.

L’objectif faire réussir 80 % de chaque classe d’âge doit être atteinte.

Pour ce faire le statut particulier des enseignants doit être adopté
La lutte contre la corruption en milieu scolaire doit être systématique.

Notre système scolaire obtient avec les bons élèves, d’excellents résultats, mais n’oublions pas ceux donc l’école doit aussi leur donner une chance, ceux donc le parcours est parfois plus lents et parfois chaotique. Nous devons nous fixer un premier objectif de diviser par deux le pourcentage en multipliant par deux les succès. Pour le faire, il est important de vérifier qu’avant d’entrer au collège chaque élève sait lire compter et écrire, laisser entrer au collège un enfant qui ne possède pas ces apprentissages fondamentaux c’est de la non-assistance à élève en danger. Cela implique qu’on puisse proposer à ceux qui n’y sont pas encore parvenus un soutien et un suivi adaptés.

Les inadaptés sociaux seront orientés vers des internats ou des collèges spécialisés afin de bénéficier d’un encadrement renforcé dispensé par des psychologues et des encadreurs.

La gratuité sera systématique et l’Etat versera à chaque établissement scolaire public une enveloppe pour son fonctionnement, cet enveloppe dépendra du nombre de salle de classe et de l’effectif (Un taux forfaire d’un million de franc par salle de classe est à envisager).

Les chefs d’établissements pour faire face à la discipline recruteront des surveillants de secteurs à hauteur de un surveillant pour trois salles de classes. Les pédagogies seront diversifiées, les bonnes méthodes venues du terrain seront généralisées, le parcours scolaire sera personnalisé et enfin une forte promotion de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Les salles multimédia seront ouvertes dans tous les établissements avec un minimum de 100 ordinateurs connectés au réseau Internet.
Les nouveaux établissements scolaires seront construite pour viser l’objectif 40 élèves par salle de classes.

Chaque arrondissement devra avoir au minimum un lycée d’enseignement général, un lycée d’enseignement technique (Dans les zones bilingues les lycées seront tous bilingues).

Tous les lycées seront équipés des laboratoires scientifiques et des terrains de sports.

Chaque Lycée devra avoir à sa tête un proviseur nommé par le Président du conseil régional ou le Gouverneur de la région de la localité il devra jouir d’une ancienneté de 20 ans comme enseignant.

L’organisation des journées pédagogiques, des séminaires pédagogiques doit se faire chaque trimestre.

Des «cafés pédagogiques» entre parents, enseignants et syndicats seront organisés dans le but de se ressourcer.

Le probatoire qui est depuis plusieurs années la propriété des camerounais doit être supprimé.

Le BEPC sanctionnera un cycle de 5 ans et se fera dons désormais en classe de seconde.

La lutte contre la corruption en milieu scolaire sera systématique, pour faire renaître l’excellence les nouveaux élèves seront recrutés tous sur concours dirigé par une commission constituée de:
-Président: Le président de la région(le Gouverneur) ou son représentant.
-Vice président: Le maire de la commune concernée ou son représentant.
-Secrétaire: Le Proviseur.
-Secrétaire adjoint: Le président de l’APEE
-Membres: Un représentant du délégué régional.

Un représentant du délégué départemental.
Deux représentants des enseignants (les deux enseignants les plus anciens au grade le plus élevé).
Tous les animateurs pédagogiques.
Un représentant du recteur de l’université la plus proche de l’établissement concerné.

La commission siège sur convocation du président de la région ou son représentant:
-Elle définie la politique de gestion de l’établissement scolaire.
-Elle est chargée de l’organisation matérielle de tous les concours
-Elle contrôle la gestion financière effectuée par le proviseur et l’Intendant.

Les ministres de l’économie et des finances, de la fonction publique et des enseignements secondaires doivent mettre tout en marche pour que chaque nouvel enseignant recruté et intégré à la fonction publique puisse toucher sa solde au plus tard trois mois après sa prise de service.

Enseignement Supérieur
Une étude menée sur le terrain nous permet de faire le constat selon lequel dans toutes les Régions du Cameroun sans université 50 % de bacheliers mettent fin à leurs études. .Partant de ce constat Le BRIC propose la construction des universités dans toutes les régions du Cameroun tout en prévoyant deux à trois dans les Régions du Centre du Littoral de l’ouest et de l’Extrême-nord. Ensuite, moderniser le système universitaire.

Malgré les progrès réalisés qui ont permis l’accueil de très nombreux étudiants dans les universités, le Cameroun investis trop peu et très mal dans l’enseignement supérieur. Nos grandes écoles sélectives sont trop petites de plus en plus homogènes socialement et ne font presque pas de recherche. Nos universités non sélectives sont sans autonomie, fictivement placés sur un pied d’égalité, obligées d’accueillir des étudiants mal préparés dont 3 sur 4 échouent au bout d’un an. Sans oublier qu’elles sont alimenté des filières d’enseignements sans débouchées à la sortie.

En laissant cette situation perdurer, nos jeunes sont mis en grand danger: il ne faut pas chercher beaucoup plus loin la raison des difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, ni celle de leur départ en masse à l’étranger dans les pays africains ,européens et même américains ,ni celle de l’immense sentiment de frustration de ceux qui reste ,ni celle de nos difficultés économiques.

Pour rendre l’université plus adapté le BRIC propose.
-l’instauration dans toutes les universités un vrai système LMD;
-La gratuité de toutes les universités au Cameroun;
-L’octroi des bouses aux meilleurs étudiants, aux étudiant en difficultés et aux étudiants handicapés;
-La lutte contre les lenteurs dans le traitement des notes et délivrances des attestations et diplômes;
-L’informatisation des notes;
-La mise en réseau des universités;
-Le transfert d’une université à une autre plus souple et plus rapide;
-Les facilités dans la création et l’ouverture des universités privées;

-L’ouverture dans toutes les universités de:
Une faculté de médecine
Une école normale (instituteur et professeurs des lycées)
Une école d’ingénierie.
-L’ouverture dans toutes les universités des formations professionnelles.

La rupture actuelle trop brutale entre le lycée et la faculté serait, dans ces conditions, bien atténuée, par l’organisation chaque trimestre d’une semaine d’orientation.

Chaque élève fera connaître ses v ux, afin qu’un dialogue puisse s’engager avec l’université dans laquelle il souhaite aller. L’élève sera informé sur toutes les filières ainsi que des débouchées réelles. Une première année généraliste sera ouverte dans certaines universités pilotes pour approfondir les choix aux étudiants qui le souhaitent.

La vie étudiante sera transformée grâce à un effort sur le logement, la création des campus universitaires dignes de ce non, l’ouverture des bibliothèques sept jours sur sept.

Les bourses seront un outil significatif de soutien pour les familles qui ont du mal à financer les études de leurs enfants et pour les élèves méritants. Pour cela, il est important de:
-Définir une procédure d’attribution des bourses;
-Les bourses doivent parvenir aux étudiants en octobre;
-Une vraie compensation pour les étudiants qui vont étudier loin de leur famille;
-L’attribution des bourses aux enfants des familles très pauvres;
-L’augmentation du montant des bourses des enfants ayants des bons résultats: cela s’appelle récompenser le mérite.

Nous voulons créer et donner une deuxième chance aux enfants qui ont échoués.

Du fait sans doute de sa tradition universitaire ancienne, le Cameroun accorde une grande importance aux diplômes. Ce n’est pas gênant en soi, à condition que cela n’enferme pas à vie ceux qui n’en ont pas et même ceux qui en ont dans un destin tracé à l’avance.
C’est un véritable projet de société qui nous anime; nous voulons donner de la mobilité, de l’espoir, rendre de nouveau possible la promotion sociale. Nos filières sont trop cloisonnées. Nos destins sont trop écrits à l’avance. Pourquoi une infirmière qui travaille depuis 15 (quinze) ans et qui veut devenir médecin doit-elle passer le concours de première année, alors que ce concours est uniquement fait pour sélectionner des bacheliers?

Pourquoi un fonctionnaire qui travaille depuis 10 (dix) ans dans l’administration et qui a fait la preuve de son mérite doit-il passer, pour être primé, un concours dont le contenu n’a rien à voir avec ses activités passées et futures? Pourquoi un gardien de prison ne peut-il pas changer de métier pour rejoindre un autre secteur de justice? Nous voulons rompre avec la société où tout est joué avant 20 (vingt) ans, pour créer une société ou l’avenir est toujours ouvert.

Voilà des propositions claires que nous faisons en cette rentrée scolaire pour ouvrir le débat sur notre éducation en ménopause totale.

L’école de demain, nous la voulons audacieuse parce que les défis et les exigences qui pèsent sur elle sont immenses.

L’école de demain, nous la voulons ambitieuse parce que ses atouts et son potentiel sont réels et importants.

L’école de demain, nous la voulons généreuse parce qu’un monde nouveau est en inventer.

L’école de demain, nous la voulons responsable, parce que nous la laisserons à nos enfants.

Jamais notre pays n’a eu autant besoin de reprendre confiance en l’avenir. Jamais l’horizon ne lui a semblé aussi étroit. Jamais l’avenir ne lui a semblé aussi précaire.

Que dire à une génération qu’un minuscule groupe d’hommes a privé de tous depuis 1982?

Que dire à une génération de diplômés des universités du Cameroun qui ont eu pour seul boulot des stages mal payés?

Que dire à une génération qui depuis 1982 à passé tout sont temps à suivre des slogans sans jamais les voir se réaliser?

Que dire à une génération qui a faim?

A cette génération qui doute, qui désespère, et qui gronde, nous n’avons qu’une chose à dire, la vérité.

Pour elle nous n’avons qu’une chose à faire, agir.

Ernest Pekeuho.
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