Politique › Institutionnel

Quatre partis de l’opposition appellent les Camerounais à protester du 04 au 09 avril

Après le refus par les autorités administratives de la tenue de leur conférence de presse mardi, le CPP, le MRC, le parti Univers et l’UPC des fidèles annoncent d’autres leviers

Le Cameroon People’s Party (CPP) de Kah Walla, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, le parti Univers de Prospère Nkou Mvondo, et l’UPC des fidèles demandent aux Camerounais de protester du 04 au 09 avril prochain, pour refuser une éventuelle modification de la Constitution du Cameroun dans le sens de l’organisation d’une présidentielle anticipée. Les quatre partis politiques de l’opposition ont publié une déclaration à cet effet, relayée dans des quotidiens privés du Cameroun ce 30 mars, à l’instar du quotidien le Jour.

«Une vraie et bonne révision constitutionnelle doit répondre aux aspirations collectives de la société civile et à des défis qui se posent au pays.la modification de la Constitution doit pouvoir être mise en uvre avec l’ensemble des forces vives du pays. Le CPP, le MRC, l’UPC des fidèles et le parti Univers appellent l’ensemble des acteurs progressistes et des citoyens à se mobiliser pour faire échec à ce projet par une protestation massive non-violente au cours de la semaine du 4 au 9 avril sur l’ensemble du territoire national.nous invitons les Camerounais à utiliser tous les leviers que leur offre leur statut de citoyen pour reprendre leur pouvoir, exiger le respect entier de leur volonté et rétablir les fondations de la nation camerounaise», écrivent les quatre partis politiques dans leur déclaration commune.

Le CPP, le MRC, l’UPC des fidèles et le parti de l’Univers devaient lancer officiellement hier, mardi 29 mars 2016, la coalition «Stand up for Cameroon». La conférence de presse prévue à cet effet, au siège du MRC au quartier Odza à Yaoundé, a été interdite par le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 4, au prétexte qu’elle n’avait pas fait préalablement l’objet d’une déclaration. «Selon la loi, toute réunion ouverte au public, même lorsqu’elle se trouve dans un lieu privé, doit faire l’objet d’une déclaration», a-t-il justifié.

«Depuis que nous sommes dans un siège, on ne nous a jamais exigé une déclaration d’une manifestation publique. C’est une entrave à la démocratie parce que nous sommes libres de mener nos activités dans notre siège, nous ne voyons pas en quoi cela va porter atteinte à l’ordre public»], s’est plaint l’avocat Me Emmanuel Simh du MRC. «Nous sommes des partis politiques et nous tenons les conférences de presse tous les jours et n’avons jamais déclaré une conférence de presse, surtout lorsque ces conférences se déroulent dans nos sièges (.) Nous pensons qu’on ne doit pas avoir une République de deux poids deux mesures parce qu’il y a quelques jours le RDPC a bloqué toutes les routes du pays dans le cadre des marches d’appel à la candidature de Paul Biya», a renchérit Kah Walla, présidente du CPP.

Ces différents arguments n’ont pas été pris en compte par l’autorité administrative qui a fait descendre sur les lieux des policiers. Après avoir usé de gaz lacrymogène et d’eau à l’aide d’un camion anti-émeute pour disperser les personnes venues assister au lancement de la coalition, la police a interpellé une cinquantaine de personnes avant de les libérer toutes le même jour, en fin de soirée.

La conférence de presse du 29 mars a été interdite. Ici des personnes assises à l’entrée du siège du MRC face aux policiers
Droits réservés)/n

Le mandat de Paul Biya (âgé de 84 ans en 2016 dont 34 au pouvoir) s’achève en 2018. Un amendement de la Constitution en 2008 a supprimé la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. L’actuel chef de l’Etat, réélu pour un mandat de sept ans en 2011, pourrait ainsi légalement se représenter s’il le désirait.

De nombreux appels émanant de militants du RDPC et de certains corps sociaux demandent une révision de la Constitution pour l’organisation d’une présidentielle anticipée avec Paul Biya comme leur candidat.

Ce que certains partis politiques de l’opposition, à l’image de ceux de la coalition «I stand for Cameroon», voient d’un mauvais il.

Le secrétaire général adjoint du RDPC, Grégoire Owona, a déclaré dans la presse publique hier que le parti au pouvoir devrait tenir son prochain congrès ordinaire (après celui de septembre 2011) au plus tard en septembre cette année, lequel congrès permettra le renouvellement des instances dirigeantes du parti, y compris le fauteuil de président national, occupé par Paul Biya depuis la création du RDPC en 1985. D’après les textes du RDPC, le président national de ce parti est de fait son candidat à l’élection présidentielle, anticipée ou pas.

Le CPP, le MRC, l’UPC des fidèles et le parti Univers se sont réunis au sein de la coalition « Stand for Cameroon »
Droits réservés)/n



À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Retour en haut
error: Contenu protégé