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«Quel christianisme pour la libération du Cameroun?» de Ludovic Lado Sj

Il démontre la réalité du péché social au Cameroun, les maux qui minent le clergé et la dimension subversive du message évangélique

Dans ce livre divisé en cinq chapitres, l’écrivain dégage les contours d’une éthique chrétienne de la dissidence en restant plus près possible de l’esprit des évangiles. Il s’agit d’une reprise du message du Christ dans toute sa radicalité pour aider les chrétiens camerounais à redécouvrir la dimension subversive de l’amour chrétien. Le premier chapitre dépeint la réalité du péché social au Cameroun. Le second chapitre jette un regard critique sur les maux qui minent le clergé camerounais. Le troisième chapitre souligne la dimension subversive du message évangélique, comme force de transformation sociale. Le quatrième chapitre explore les enjeux de l’éthique catholique du développement pour l’Afrique en général. Au cinquième chapitre l’auteur plaide pour un christianisme africain plus prophétique dans un continent qui saigne. Assiégé par une modernité mondialisante qui bouscule ses valeurs, le Cameroun connaît une véritable crise de repères. Ces dernières années, le Cameroun s’est distingué par des scoops tristement célèbres : feymania, corruption, détournement de fonds publics, homosexualité, pédophilie, prostitution par internet etc.

Nous sommes à l’école du mal et Dieu nous interpelle tous comme jadis il interpella le peuple d’Israël (Osée 4 verset 1 à 3). Le mal ne profite à personne, même pas à celui qui le commet. En tirant une sonnette d’alarme dans cet ouvrage, j’assume simplement mes responsabilités de prêtre de Jésus-Christ face à cette misère morale et sociale du Cameroun. Ce ne sera peut-être pas qu’une autre voix qui crie dans le désert, mais elle faite pour crier justifie Ludovic. Dans ce livre l’auteur se pose des questions au sujet du Cameroun : Comment en sommes-nous arrivés à un tel degré de « servitude volontaire » à la fois civique et morale ? Face à cette déchéance, plusieurs se sont installés, pour des raisons de survie, dans la débrouillardise, l’autre nom de la résignation qui mène inexorablement vers le suicide collectif. Dans cette mouvance de la déchéance, les chrétiens camerounais, tous ceux qui se réclament de Jésus-Christ, ont du mal à sortir du lot. Ils doivent prendre au sérieux leur vocation de disciples de Jésus-Christ. Face au mal, Jésus a été un « rebelle ». S’il ne l’avait pas été, les autorités religieuses et politiques de son temps ne l’auraient pas crucifié. Mais la rébellion de Jésus n’est pas celle de la violence des armes véritable solution de misère. Jésus est un rebelle dont la seule arme est l’amour de Dieu et du prochain, le refus de coopérer avec les structures injustes de son temps. L’expérience a montré que l’alternance politique n’est pas panacée .Il est temps, pense l’auteur, que les chrétiens camerounais le clergé comme les laïcs, redécouvrent la substance subversive du message de Jésus-Christ et assument leurs responsabilités dans la cité.

Ludovic Lado est jésuite, docteur en anthropologie sociale et culturelle de l’université d’Oxford. Il est actuellement enseignant et vice-doyen des sciences sociales et de gestion de l’université catholique d’Afrique Centrale.

«De la déchéance à la dissidence: Quel christianisme pour la libération du Cameroun?» de Ludovic Lado Sj
Journalducameroun.com)/n


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