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Quelles conclusions une semaine après le début du sommet de Copenhague sur le climat ?

La semaine s’est achevée sur une grosse manifestation et rien de concret sur le plan des négociations officielles

Nouvelle phase des négociations
Ce lundi 14 décembre 2009, la 15ème conférence sur les changements climatiques qui se tient à Copenhague au Danemark, entrera dans sa deuxième phase des négociations. Les principales discussions ont tourné sur la nécessité pour les plus gros pollueurs à réduire leurs émissions de Gaz à effet de serre (GES) et sur l’obligation pour les pays développés du nord de payer pour les conséquences liées aux changements du climat dans les pays sous développés pour la plus part du sud, le tout avec pour base de départ le protocole de Kyoto qui lui prendra fin en 2012. La communauté scientifique a fixé des objectifs clairs sur les niveaux de réduction qu’il faudra atteindre en 2050 si on veut maintenir l’équilibre sur la planète. Pour rester en dessous du seuil fatidique des 2 °C de réchauffement, les pays à forte industrialisation devront réduire d’au moins 85 % leurs émissions d’ici à 2050. Toute action qui serait reculée dans le temps diminuerait les chances d’atteindre cet objectif, affirment les scientifiques, qui par ailleurs rajoutent, que les émissions devront commencer à décroître au niveau mondial en 2015.

De nombreux intérêts non alignés
Copenhague servant de plate forme de négociation du système de coordination mondial qui devra être mis en place après 2012, est de ce point de vue considéré comme le sommet de la dernière chance. Pourtant au regard de la première semaine des travaux on relèvera avec les nombreuses associations qui manifestent à Copenhague depuis le début de la conférence, que les délégués ont discuté de tout, sauf sur l’essentiel : Sauver la planète. La première chose qu’on constate est que dans un contexte où une catastrophe produirait des conséquences à l’échelle de la planète, les intérêts demeurent dispersés. Le pire c’est que ces intérêts se retrouvent aujourd’hui au-delà du simple clivage qui oppose les pays du Nord responsables et les pays du sud, victimes. Les petits Etats insulaires, dont l’existence est directement menacée par la hausse du niveau de la mer, ainsi que les pays africains et les pays les moins avancés, sont disposés comme les autres pays du sud mais eux en voie de développement, Inde, Chine(deuxième plus gros pollueur de la planète), Brésil et Afrique du Sud sont aujourd’hui prêts à contribuer à la réduction des émissions de GES. En retour ils exigent un accord général qui soit juridiquement contraignant, de manière à ce que les pays industrialisés soient obligés de respecter leurs objectifs de réduction au taux de préservation et leur nécessaire aide financière vers eux.

La permanente difficulté financière
Pour ce qui est des financements, qui seront nécessaires pour aider les pays en développement à la fois à réduire leurs émissions, à financer des projets d’adaptation et du transfert de technologies, il a été établi qu’il faut que les pays industrialisés mettent sur la table, chaque année, 100 milliards d’euros à partir de 2013. Principal obstacle à cette solution dans le cadre des négociations, l’obtention de ce financement. Un projet d’engagement a été retenu vendredi dernier sur les « financements précoces » pour les années 2010-2011-2012. L’Union européenne vient de dire qu’elle déboursait 7,2 milliards d’euros. Par contre, pour ce qui est des financements de moyen terme, qui devront être prévisibles, stables et suffisamment ambitieux, rien n’a été proposé au terme de la semaine des négociations. Certains pays européens affirment logiquement que le principe de responsabilité qui fonde cette contribution ne peut être retenu à leur encontre, dans la mesure où leurs industries ne produisent pas suffisamment de CO2 pour nuire à la planète. D’un autre coté, les principaux pays industrialisés (Etats unis et Europe Ede l’ouest) sont prisonniers de leurs modèles économiques et victimes de leurs modes de vie. Ils ne peuvent sans conséquences baisser leur taux d’émission de Gaz à effet de serre. Une proposition très vite remise en cause, a été faite de destiner une partie de l’Aide Publique au Développement (APD) au financement des conséquences du changement climatiques dans les pays pauvres. De nombreux experts font remarquer que toute diminution de l’APD dans le contextuelle actuel signifierait moins de centres de santé, d’écoles, plus de morts du paludisme, du sida et de malnutrition dans les pays pauvres.

Les experts craignent un échec
La situation économique internationale du moment rend les données des débats plus complexes mais aussi plus intéressants. Aujourd’hui, il n’est pas question pour les pays émergents (inde, Afrique du sud, chine et brésil) de s’engager absolument sur des objectifs de réduction, cela mettrait un frein supplémentaire à leur croissance. Mais d’un autre coté, ces pays, l’inde et la chine en tète, sont conscient que la politique climatique visant à développer les technologies propres leur permettraient de contourner les coûts énormes des hydrocarbures qui plomberait à nouveau leurs économie en cas de retour de la croissance. Aujourd’hui, on sait que les pays industrialisés doivent réduire en 2020 leurs émissions de l’ordre de 25 à 40 % par rapport à 1990. Les propositions qu’ils ont faites sont aujourd’hui sont en moyenne entre -15 et -20 %. Sur ce point-là, la moitié du chemin n’a pas encore été faite pour maximiser les chances de rester en dessous de 2 °C. Tout en admettant que Copenhague 2009 a déjà à son actif le mérite d’avoir fait considérablement avancer les débats, il ne sera pas sauf évolution spectaculaire des positions au niveau de la rencontre des chefs d’Etats et de gouvernements, le sommet de l’engagement définitif pour la protection de la planète.


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