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Questions sur les attentats kamikazes

Le samedi 24 juillet, Maroua a de nouveau été attaquée. Boko Haram a frappé dans un espace commercial, faisant une vingtaine de morts et des blessés

Le 12 juillet à Fotokol, un double attentat kamikaze revendiqué par Boko Haram fait une dizaine de morts. Le 22 juillet à Maroua, un autre double attentat fait une quinzaine de morts. Le 25 juillet à Maroua, un attentat plus important fait environ 25 morts. Tous ces attentats sont officiellement confirmés et reconnus par le sommet de l’Etat. Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense est d’ailleurs descendu sur le terrain le 23 juillet dernier pour apporter aux victimes le réconfort du chef de l’Etat. Et remobiliser les différents acteurs concernés par la guerre contre Boko Haram. Deux jours après le passage à Maroua du ministre Edgard Alain Mebe Ngo’o, Boko Haram a sévi de plus belle. D’où les cinq questions ci†après:

1. Comment Boko Haram réussit†il à frapper avec une telle aisance dans une ville fortement militarisée comme Maroua? La capitale régionale de l’Extrême-Nord est pourtant le quartier général décentralisé des forces armées camerounaises. Actuellement, cet espace géographique a la concentration la plus importante des effectifs de nos forces armées. Plus de 5000 hommes. Par ailleurs, tous les services de renseignement du pays y ont installé leur base arrière.

2. Pourquoi le haut commandement militaire et le sommet de l’Etat restent†ils muets sur la razzia de Boko Haram dans le village Kamouna, situé à 15 km de Darack? Mardi 21 juillet 2015, la secte terroriste a pratiquement rasé cette localité de la carte en tuant une vingtaine de personnes et en brûlant l’essentiel des maisons. Les survivants suivent actuellement des soins de santé à l’hôpital de Mada situé à 45km de Makari.

3. Le chef de l’Etat du Cameroun, et non moins chef des armées, va†t†il continuer à galvaniser par procuration (via son ministre délégué à la Défense) les troupes au front? Va†t†il frapper du poing sur la table en limogeant ses principaux collaborateurs en charge du dossier Boko Haram? Son homologue nigérian a récemment remercié les hauts responsables de l’armée nigériane, à la suite des résultats jugés peu satisfaisants après les exactions de Boko Haram dans le nord-est du Nigéria.

4. Paul Biya va†t†il continuer à entretenir la distance avec son peuple et son armée? La question mérite d’être posée après l’attentat du samedi 25 juillet 2015, avec ses 24 morts (officiels déclarés), sa centaine de blessés et ses dégâts ô combien importants. Ailleurs, pour moins que ça, l’on a vu des chefs d’Etat au chevet des rescapés ou réconfortant les familles des victimes. Rien de tout ça avec Paul Biya depuis qu’il a déclaré la guerre à Boko Haram en France voici environ un an et demi.

5. Quelle est l’efficacité des services de renseignement et partant du dispositif militaire mis en place pour combattre Boko Haram? La question a toute sa pertinence dans une guerre qualifiée au commencement d’asymétrique. Le pied†de†nez des terroristes (qui frappent par plusieurs fois dans la capitale régionale de l’Extrême†Nord) oblige à questionner le rendement de tous les services compétents: renseignement, commandement et armée. Les porteurs de bombe n’en sont pas les fabricants. Ce qui suggère des complicités et des foyers de production des arsenaux au c ur de la ville de Maroua ou dans ses environs. Comment tout cela a†t†il pu échapper aux spécialistes et professionnels du renseignement, du commandement et des armes?

La Une de l’hebdomadaire Intégration, du 27 juillet 2015
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