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Quota dans les grandes écoles : L’antécédent dangereux de Maroua

La décision du chef de l’Etat d’augmenter le pourcentage des ressortissants du grand Nord admis au concours de l’Ens de Maroua laisse perplexe l’opinion publique

La décision du chef de l’Etat d’augmenter le pourcentage des ressortissants du grand Nord admis au concours de l’Ens de Maroua laisse perplexe l’opinion publique. Cette « discrimination positive »pourrait entraîner un effet domino.

C’est un secret de polichinelle. Dans tous les concours organisés par les pouvoirs publics au Cameroun, il est pratiqué un système de quota. Cette pratique daterait d’avant l’indépendance du pays en 1960. L’objectif étant de permettre à toutes les régions d’être représentées au niveau de l’élite du pays.
C’est ainsi que dans le cadre du concours d’entrée à l’école normale supérieure de Maroua (chef lieu de la région de l’Extrême Nord) crée par décret présidentiel en 2008, le pourcentage de 37% était prévu pour les ressortissants des trois régions septentrionales à savoir l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême Nord. Encore appelée région du « Grand Nord », cette zone du Cameroun concentre le tiers de la population du pays. Elle est donc, conséquemment d’un poids électoral indéniable. C’est d’ailleurs ainsi que, fort opportunément, la création de l’école normale supérieure de Maroua fait suite à une promesse de campagne de Paul Biya lors de l’élection présidentielle de 2004.


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La matérialisation de cette promesse quelques années après qu’elle a été faite ne laissait présager que des difficultés logistiques (manque de bâtiments et de moyens pour leur réalisation). C’était sans compter avec une déclaration signée des députés du Grand Nord réclamant que le quota alloué à cette zone passe de 37 à 60%. La décision du chef de l’Etat a suivi les revendications des protestataires. D’après les élus du peuple, il s’agit de « combler le déficit éducationnel de cette région ». « Les enseignants ressortissants d’autres régions refusent de se rendre chez nous » soutiennent les députés. Ainsi, par une décision signée le 13 décembre 2008, Paul Biya constitue un jury spécial ayant pour mission de revoir les résultats du concours d’entrée à l’école normale supérieure de Maroua et de faire passer le pourcentage d’admis du Grand Nord de 37 à 60%. Décision prise dans l’urgence pour éviter une marche pacifique de protestation prévue par les députés du Grand Nord le 19 décembre 2008 À Maroua.
Certaines personnes déduisent que « si chaque fois qu’une école est localisée à un lieu, les ressortissants du coin doivent la considérer comme leur propriété, cela signifie que chaque camerounais n’est plus partout chez lui au Cameroun ». Plusieurs observateurs croient savoir que « le système des quota remet en cause la méritocratie ». « On ne va pas prendre des gens juste pour les prendre » s’indigne un étudiant tout en précisant : « c’est vrai que tout le monde doit avoir sa chance, mais cela doit être sous le signe du mérite ».
La question relative aux quotas dans les grandes écoles et dans les postes administratifs, à défaut d’être tabou, se débat en coulisse. Des cas comme celui de l’école normale supérieure de Maroua sont là pour rappeler que l’affaire ne fait pas réellement l’unanimité. D’autant plus que même si la raison évoquée pour son maintien semble acceptable, le gros du problème réside dans l’applicabilité de ce système. Sachant que le Cameroun compte plus de 200 tribus et ethnies réparties sur tout son territoire.


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