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RCA: L’ultimatum des combattants Séléka

Ils donnent 72 heures au président Bozizé pour répondre favorablement à leurs revendications

Ce sont les renvoyés de la prise d’otage des cinq ministres issus de la Séléka, qui ont porté le message dès leur retour sur Bangui. Le général congolais Léonard Essongo, représentant du médiateur dans la crise centrafricaine, le président Denis Sassou Nguesso du Congo, qui s’est rendu dimanche à Sibut à environ 200 km de la capitale Bangui avec cinq ministres rebelles pour discuter avec des responsables du groupé armé de l’application de l’accord de Libreville est revenu sans eux. Devant l’émissaire du médiateur venu à leur rencontre pour recueillir leurs doléances, les rebelles ont déroulé une liste de revendications en onze points.

Les deux parties devaient surtout parler du cantonnement des combattants Séléka
Présentées par le porte-parole de leur Etat-major Sylvain Bordas, ces revendications, énumérées de longues dates, vont du retrait immédiat de la troupe sud africaine à la confirmation par décret de leur grade, en passant par l’intégration immédiate au sein de l’armée nationale de près de 2000 combattants de la rébellion, pour assurer la sécurité de leurs représentants à Bangui, et l’octroi immédiat des postes ministériels choisis. Par ailleurs, la rébellion s’oppose aussi au cantonnement de leurs éléments dans des lieux différents et demande au gouvernement de les intégrer dans divers corps de sécurité choisis. La longue liste est assortie d’un ultimatum de 72 heures à l’ endroit du président Bozizé, appelé à répondre favorablement à leurs revendications. «Dans le cas échéant nous allons reprendre nos armes» a menacé Sylvain Bordas. C’est à la fin de cette rencontre que les rebelles ont décidé de retenir leurs représentants au gouvernement qui ne sont pas rentrés à Bangui avec le représentant du médiateur. Lequel n’a pas caché son exaspération. Mais le général Léonard Essongo a affirmé qu’il espérait que les ministres de la rébellion retourneront bientôt à Bangui pour occuper leurs postes au sein du gouvernement. Même si la décision de l’Etat-major de la rébellion a été approuvée par le chef de la rébellion Séléka Michel Djotodia, par ailleurs vice-premier ministre, ministre de la défense au sein du gouvernement d’union nationale. Lequel avait été mis en place dans le cadre des accords de paix de Libreville signés en janvier 2012, il était censé mettre fin à la crise inter centrafricain qui avait éclaté en décembre dernier. Mais les deux parties s’accusent mutuellement de violer cet accord arraché sous l’égide de l’organisation sous régionale.

Retour à la normale au sein de Séléka?
Depuis plusieurs semaines des dissensions au sein de la rébellion se faisaient sentir avec les attaques du 11 mars d’une des principales villes du sud du pays, Bangassou, par une faction du Séléka qui avait déjà conquis fin février la localité de Sido (nord). Ces attaques avaient alors été fermement condamnées par les ministres Dhaffane et Ghazam Betty. «Il faut comprendre que ceux qui dirigent Séléka sont ceux qui dirigent le terrain. Aujourd’hui le terrain considère que les accords n’ont pas été respectés, et le maintien du président Bozizé (au pouvoir) ne nous permet pas de ramener la paix», a réagi l’un des porte-parole de la rébellion, Eric Massi, joint par l’AFP. «Qu’il (le président Bozizé) respecte les accords ou qu’il s’en aille, sinon il ne pourra pas éviter une bataille inutile à Bangui. C’est à prendre très au sérieux, le terrain est largement armé et déterminé», a affirmé M. Massi. Mi-décembre, les rebelles du Séléka avaient pris les armes contre le régime du président François Bozizé, menaçant la capitale Bangui. Après avoir signé un accord de paix le 11 janvier à Libreville, la coalition rebelle a accepté de participer à un gouvernement d’union nationale.

Les combattants Séléka veulent marcher sur Bangui
RNL )/n
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