Dossiers › Spécial Can 2013

RDC: Dieumerci Mbokani, une graine d’Ibrahimovic

Le buteur d’Anderlecht, au profil comparable à celui du Suédois du PSG, sera le principal atout de la RDC pendant la Can

Le technicien français n’est pas seulement le sélectionneur de Dieumerci Mbokani, il est aussi celui qui lui a donné sa chance au plus haut niveau. C’était en 2006 et Claude Le Roy s’en souvient comme si c’était hier. «Je l’ai repris pour un match amical au Mexique. C’était ma dernière rencontre, je savais déjà que j’allais partir (entraîné le Ghana, Ndlr). Je ne l’avais vu qu’une seule fois à l’ uvre avec son club du TP Mazembe mais j’étais directement tombé sous le charme. J’ai lancé de nombreux grands attaquants dans ma carrière de coach, comme George Weah par exemple, et j’ai compris rapidement que Mbokani pourrait s’ajouter à mon petit palmarès. Le stade Azteca de Mexico était totalement plein, soit 100 000 personnes. Dieumerci, du haut de ses 21 ans, n’était pas du tout impressionné et il a inscrit un but somptueux. Il a vu que le gardien s’était avancé et il a tiré de 50 mètres. » Convaincu des immenses possibilités de l’attaquant, Claude Le Roy n’hésite pas à le comparer aux plus grands. « Il y a un an, j’ai dit au Congo que Dieumerci Mbokani avait le même profil que Zlatan Ibrahimovic. Tout le monde s’est foutu de ma tronche mais je reste convaincu que j’ai raison. Il est l’un des rares joueurs à pouvoir jouer en pivot et en profondeur avec une facilité déconcertante, comme le Suédois du PSG. C’est un grand luxe pour une équipe dans le foot moderne, croyez-moi».

Attaquant prolifique, il a marqué les esprits partout où il est passé, excepté à Monaco. A ces débuts au TP Mazembé, il a inscrit 67 buts en 72 matchs sur deux saisons. Transféré à Anderlecht, il est prêté par la suite au Standard de Liège en juin 2007. Et dès sa première saison, il fait passer le trophée dans les mains de son nouveau club, mettant fin à 25 ans de disette pour son écurie. Numéro 9 du club, il inscrivit 15 buts lors de sa première saison sous les couleurs blanches et rouges. Reste qu’à 27 ans, Dieumerci Mbokani ne joue toujours « qu’en Belgique ». Une anomalie ? Non, juste un retard à l’allumage, selon le coach français. « Il ne faut pas sous-estimer la difficulté de passer d’un petit quartier congolais à une grande ville européenne comme Bruxelles. Cela n’a pas été simple à assumer pour Dieumerci. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est un mec facile. A partir du moment où tu es honnête avec lui, il ne fera pas de vagues. Il a parfois un caractère spécial, mais c’est aussi ça qui fait sa force. Pour moi, le talent se crée toujours à partir d’une mentalité différente de la moyenne. Dieumerci pourrait déjà jouer dans un plus grand championnat mais il n’a pas été compris en France (Notamment à Monaco Ndlr). Vous savez, mes compatriotes adorent porter des jugements de valeur sans vraiment connaître. La Belgique a fait plus d’efforts pour accepter Dieumerci et vous avez la chance de le voir à l’ uvre toutes les semaines. De toute manière, il a encore cinq années de carrière devant lui. Il peut très vite atteindre le top. Il va participer à la Coupe d’Afrique qui est le troisième événement foot le plus regardé sur la planète. Je pense qu’il peut devenir la grande révélation du tournoi. »

Dieumerci Mbokani

Radio Okapi)/n

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