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Recensement au Cameroun, les résultats toujours attendus

Incapacité ou impossibilité, les partenaires internationaux et économiques du pays s’inquiètent

Il devient de plus en plus compliqué de participer à un programme social ou de soutenir des projets de développement sans avoir à sa disposition des données statistiques démographiques récentes et fiables. Cette situation est en partie due au retard pris dans la publication des résultats du troisième recensement général de la population et de l’habitat qui s’est déroulé à travers le pays en novembre et décembre 2005. L’Union européenne (UE) vient d’émettre le v u que les résultats du dernier recensement de la population et de l’habitat soient enfin publiés afin de faciliter l’accès aux données à tous les utilisateurs des statistiques démographiques car un bon nombre d’organisations et d’institutions dont des partenaires sociaux de l’Etat, le secteur privé, les départements techniques des différents ministères, les services public et parapublic en ont besoin dans le cadre d’élaboration de leurs actions à moyen ou à long terme. Le retard dans la mise à disposition des résultats de ce recensement pourrait se répercuter d’une manière négative sur la probabilité de leur utilisation. Le vieillissement des données leur fait perdre leur intérêt. Publiés trop tardivement, les résultats ne sauraient correspondre à la nouvelle réalité vécue sur le terrain. Or, ces résultats sont importants et mêmes essentiels pour bâtir des programmes et projets dans divers domaines dont ceux relatifs à la démocratie et le développement.


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Le Bucrep pointé du doigt
Le Bureau central de recensement et des études de population (BUCREP) est pointé du doigt comme responsable du retard accusé dans la publication des résultats. Pour son absence de vision, sa lenteur ou sa mauvaise utilisation des ressources humaines. On a aussi eu déplorer non seulement un financement parfois insuffisant mais encore une mauvaise utilisation du budget des activités, trop centré sur les travaux préparatoires, le dénombrement et le traitement des données. L’analyse même des données et la publication des résultats sont des chapitres qui ne sont pas souvent pris en considération, avec le sérieux qu’exige un tel labeur. De certaines sources ces travaux seraient encore en cours de nos jours dans les locaux de cette structure. Dans certains milieux plus restreints on développe une autre théorie. Le BUCREP serait le sacrifié de l’histoire. En réalité, les responsabilités d’un tel retard s’étendraient au-delà du BUCREP et concernent également le ministère de tutelle, la hiérarchie gouvernementale et la présidence de la République dont il faut questionner la volonté d’accorder tous les moyens financiers nécessaires permettant de finaliser le travail et la volonté de publier les résultats dans les meilleurs délais. Les prochaines échéances électorales sont identifiées comme un motif valable de manipulation de la publication des résultats. Cette thèse puise sa source dans l’expérience de recensement de 1987 dont les résultats sont apparus après quatre ans et dans la perspective des premières élections pluralistes que les choses se sont dénouées. Il est évident que cela avait soulevé une bonne dose de soupçon et de contestation d’une bonne frange de l’opinion qui continue à s’interroger aujourd’hui sur la crédibilité des résultats qui seront publiés dans le cadre du recensement.

Et ce n’est pas la première fois
En ce qui concerne le deuxième recensement général de la population et de l’habitat d’avril 1987, c’est après quatre ans et dans la perspective des premières élections pluralistes que les choses se sont dénouées.
Les retards dans cette opération ont été accumulés dès le début. Il aurait déjà dû être organisé depuis avril 1997. La réalisation du recensement général a été repoussée. Lorsqu’on fait une addition des retards accumulés et en supposant que c’est en cette année 2009 ou début 2010 que les résultats seront publiés, cela fait au total douze ans au moins de perdus. C’est beaucoup trop de temps perdues pour doter le Cameroun d’une base de données fiable. En attendant la centralisation des données de l’état-civil et des statistiques sanitaires et scolaires. En vue de sa meilleure exploitation. Avec une certaine nostalgie, les générations des années 70 se souviennent des plans quinquennaux de l’ancien président Ahmadou Ahidjo qui offraient une lisibilité, une visibilité et une crédibilité à la vision du développement du pays. Dans des conditions pourtant difficiles du jeune Etat camerounais qui accédait à l’indépendance le 1er janvier 1960, le président Ahidjo est parvenu à donner une orientation à sa politique de développement dite autocentrée. Sur la base d’enquêtes par sondages. Des enquêtes régionales et urbaines avaient été menées à travers le territoire national entre 1960 et 1964. Enquêtes qui ont permis de faire des prévisions sur l’évolution de la population et de planifier le développement, jusqu’à l’organisation du premier recensement général en 1976. Mais les temps ont beaucoup changé et avec eux les réalités et les contraintes. Nul ne saurait prouver que les recettes d’hier auraient dans ce domaine fait de bonnes sauces de nos jours.


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