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Recrutement: Le discours franc du ministre camerounais des finances Lazare Essimi Menye

Selon lui, il faudra des mesures exceptionnelles d’accompagnement pour rendre efficace la promesse du chef de l’état

Le ministre camerounais des finances, Lazare Essimi Menye, a fait savoir dans une de ses déclarations cette semaine, que le recrutement spécial dans la fonction publique de 25 000 jeunes ne posait pas de problème de budget. L’argent, il y en a toujours. Je crois que la première préoccupation du gestionnaire du budget que je suis, c’est les disponibilités budgétaires. Nous avons des réserves budgétaires, il y a des crédits qui nous permettent pour le moment, d’assurer le financement du recrutement des vingt cinq mille nouveaux agents que le Chef de l’Etat a promis a dit le Ministre. A l’occasion de son discours à la jeunesse, le président Biya du Cameroun avait fait l’annonce entre autres actions décisives en faveur des jeunes diplômés, du recrutement de 25 000 d’entre eux dans la fonction publique au courant de l’année 2011. Une annonce qui a été répercutée par le gouvernement dans son ensemble comme une providence. Cette option n’est pas politique, vous savez, au cours des vingt cinq dernières années, ce que nous avons connu le plus dans la fonction publique, ce sont les départs à la retraite. Il y a beaucoup de trous, ça veut dire que beaucoup de spécialités des corps de métier de l’Etat manquent de personnels parce que des personnes qui occupaient ces postes sont aujourd’hui retraitées et n’ont pas été remplacées tout au long des vingt cinq dernières années de crise a précisé Essimi Menye.

Mais cette solution doit être soutenue pour plus d’efficacité
Un argumentaire que des observateurs jugent plus cohérent, que le fait de vouloir faire comprendre que le chef de l’Etat a fait un cadeau à la jeunesse. Depuis les 25 dernières années, l’environnement de la fonction publique a beaucoup évolué, mais son personnel est resté quasiment le même. L’informatisation de la fonction publique camerounaise est une réalité, mais à peine 10% de son personnel mettent effectivement à profit cet avantage technologique. Le ministre Essimi Menye n’ignore pas le problème. Dans son argumentaire, il a clairement fait savoir que le plus difficile ne sera pas de recruter du personnel. Le plus dur affirme-t-il sera d’avoir le bon personnel, qui va permettre de parvenir à une fonction publique productive. Cela passe par un management efficient de la ressource humaine publique et aussi de l’octroi de formations supplémentaires et spécifiques. Ils doivent être formés car beaucoup parmi eux n’ont pas eu de qualifications nécessaires. Il y a des choses qu’ils doivent apprendre afin de trouver leur place dans notre administration. Une administration de qualité a besoin de personnes déterminées à servir le public et à n’importe quel endroit a dit Essimi Menye.

Comment rentabiliser cette action ?
La création d’emploi comme c’est le cas pour ce recrutement spécial devrait aussi selon le ministre, s’accompagner d’un élargissement de la base de production. Il est juste de remarquer avec le ministre que la solution du chômage ne passe pas seulement par des recrutements. Il faudrait que les nouvelles recrues, qui désormais deviennent des consommateurs directs, puissent trouver les biens économiques de nature à satisfaire leurs besoins. Or la consommation, un des piliers de la croissance, est encore pour une bonne part, tournée vers l’extérieur, au Cameroun. La raison tient de la faiblesse des offres en termes de pertinence au niveau local. Cette préoccupation dit Essimi Menye, doit être « celle de tous ». Au final le recrutement des nouveaux fonctionnaires sera financièrement lourd pour le budget et pour l’économie, puisque ce sont près de 9% des effectifs de l’administration qui seront pris en 4 mois. Des analystes estiment qu’il risque de coûter en trois années pas moins de 100 milliards au contribuable, entre les salaires, l’acquisition des infrastructures pour l’accueil des nouveaux et les formations qui ne manqueront pas d’être initiées pour un rendu plus efficient. 40% de cet argent financera la consommation de biens issus soit des investissements étrangers, soit de l’importation. La question majeure est de savoir comment l’Etat compte amortir cet investissement et surtout, sur combien de temps. Bien que le ministre des finances rassure sur les réserves budgétaires de l’Etat, la faiblesse de celles ci, avait pourtant été présentée comme un des motifs qui ont emmené l’administration à se faire financer sur le marché obligataire. Ce sont déjà 200 milliards FCFA sur cinq ans qui ont été empruntés. Le malaise des déficits budgétaires chroniques n’est pas loin.

Lazare Essimi Menye, ministre camerounais des finances
www.africapresse.com)/n



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