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Recrutement spécial: Le suspens se prolonge

Le ministre Emmanuel Bonde, en charge de la fonction publique au Cameroun est revenu sur la question des 25 000 emplois

Plusieurs difficultés subsistent
Aucune date n’a finalement été donnée pour la publication de la liste des camerounais qui seront retenus, dans le cadre du recrutement spécial des 25 000 demandeurs d’ emplois. Le ministre de la fonction publique était face à la presse le mercredi 29 juin. Il a fait le point avec les journalistes sur la situation. Il en est ressorti que pour l’heure, le véritable travail a débuté le 6 juin 2011, avec l’examen des dossiers. Le ministre a fait savoir cette fois, que la principale cause de retard était, l’existence de nombreuses anomalies dans les candidatures. On relève ainsi les erreurs sur les fiches de candidatures, le retard dans l’acheminement des dossiers des régions vers le pôle central, les transmissions tardives des dossiers venant des ambassades, les dépassements d’âge, les cas de changements d’âge, de double identité ou de substitutions d’identités, la vérification de l’authenticité des diplômes, la diversité des institutions de délivrance desdits diplômes et l’assainissement du fichier des candidats. Le comité technique signale 3 253 cas de dépassement d’âge et de dépôts multiples, 7 408 cas de changement d’âge, de substitution d’identité et de double identité, 280 cas de faux diplômes pour 35 759 diplômes déjà authentifiés a indiqué le ministre. Sur la date estimative du rendu des résultats aucune précision. Sur les critères de sélection des candidats, on apprend qu’un arrêté du premier ministre en fixera les modalités. Le ministre Bondé a toutefois insisté sur le fait que seront mis en avant, les critères de compétence.

Des difficultés ignorées au départ
C’est au mois de février 2011, que l’annonce de ce recrutement spécial avait été faite par le président Paul Biya, lors de son traditionnel discours à la jeunesse. Une annonce qui intervenait alors que de nombreux pays africains du Maghreb traversaient des troubles sociaux politiques. De nombreux experts envisageaient la possibilité d’une contagion dans l’Afrique subsaharienne et surtout au Cameroun, avec l’approche de la commémoration des évènements de février 2008. De nombreux responsables du gouvernement et de partis avaient récupéré l’affaire pour la présenter comme une action d’envergure à l’actif du président Paul Biya. La date de rigueur du 31 mai 2011 avait été fixée pour la publication des résultats. Et le début du mois de juillet pour le paiement des premiers salaires. Dans plusieurs sorties médiatiques, le ministre en charge de la fonction publique s’était voulu rassurant, indiquant que le gouvernement savait ce qu’il faisait. Après avoir déposé leurs dossiers entre le 14 mars et le 14 avril prochain, l’administration va continuer à faire son travail. Mais pour le public, l’étape qui l’intéresse, est celle située autour du 2 mai 2011. Car, c’est à cette date que la liste des présélectionnés sera publiée et autour du 6 juin 2011, le personnel recruté sera affecté dans les différentes administrations. Ce qui marquera le début de l’opération de prise en charge financière indiquait-il lors d’une sortie médiatique sur le sujet à la radio nationale

Ainsi, le gouvernement avait choisi de méconnaitre publiquement toutes les difficultés qui entouraient la conduite d’une telle opération, dénonçant des critiques stériles et non constructives. Face aux parlementaires en début du mois de juin, le ministre Emmanuel Bonde avait changé de discours. Il indiquait que la raison du retard de la publication des listes, était due au fait que certains dossiers sont envoyés depuis les Etats-Unis d’Amérique et de Côte d’ivoire (en raison de la crise peut-être ?). Un argument jugé spécieux par de nombreux observateurs. Selon un correspondant du journal camerounais anglophone « Eden », des candidats vivant aux Etats-Unis ayant appris que leurs dossiers tardaient à arriver au pays, auraient cherché à s’enquérir auprès de l’ambassade à Washington. Personne n’a voulu répondre, et à un journaliste on lui a demandé de quoi il se mêlait, rapporte le journaliste. Finalement la sortie du ministre Bonde confirme ce que pensaient de nombreuses personnes. L’opération n’a pas été préparée. Les inquiétudes du Fonds monétaire international (FMI) sur la difficulté à payer les nouvelles recrues étaient pertinentes. Il y a ainsi de forts risques que jusqu’en 2012, aucun des 25 000 emplois ne soient octroyé. Le rapport de la situation est attendu par le premier ministre au plus tard le 31 décembre 2011, a-t-on appris. Mais aucune précision sur le type de rapport. Celui sur la vérification des dossiers qui permettra ensuite de définir les critères de sélection, ou alors celui sur le recrutement global avec les listes complètes ? À ces deux questions aucune précision n’est donnée. Dans un pays où on a souvent nommé des morts, il y a des chances que les listes définitives trouvent que certains candidats n’ont pas tenu le coup plus longtemps.

Le recrutement spécial des 25.000 demandeurs d’emplois s’éternise
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