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Refonte des listes: 4,5 millions d’inscrits à quelques heures de la fin

Dans les différentes villes du Cameroun, les opérations d’inscription s’intensifient et les acteurs poursuivent les efforts de sensibilisation

On parle déjà d’une prorogation de l’opération de refonte des listes électorales au Cameroun. A deux jours de la fin d’une initiative lancée il y a cinq mois, seulement 4,5 millions de personnes sont inscrites sur des listes électorales. Des observateurs avertis font savoir qu’on atteindra difficilement les 5 millions de votants annoncés lors de l’élection présidentielle de 2011 et encore moins les 7,5 millions d’inscrits, annoncés par Elections Cameroon (ELECAM), l’organe en charge de l’organisation matérielle des élections, lors de la même élection de 2011. Les statistiques au 23 février place la région du nord en tête, avec 80% de réalisation des objectifs d’inscription. Un chiffre qui peut tromper, car en valeur réelle, le nord n’a que 481 872 inscrits les 832 774 inscrits de la région de l’extrême nord. Une région qui est aussi une des preuves du malaise électoral au Cameroun. La région en terme de performance est classée 9ème, avec un taux d’inscription de 60%. Alors qu’ils avaient tous critiqué le processus au début de la refonte, de nombreux partis politiques de l’opposition et même le parti majoritaire au pouvoir et ses alliés, sont rentrés dans une vaste campagne de sensibilisation. ELECAM n’était pas en reste, soutenu par de nombreux partenaires, dont l’ambassade des Etats unis au Cameroun, l’Union Européenne, des organisations non gouvernementales comme Dynamique Citoyenne et autres.

On est pourtant loin de la sérénité affichée au début de l’opération. A Elecam, on avait pensé que cela irait de soi et que les électeurs afflueront. Cette performance fait ressortir au moins deux choses. Les populations camerounaises se désintéressent de plus en plus de la politique. L’emblématique région de l’extrême nord où le nombre d’inscrits a chuté de 40% en est la preuve. La deuxième chose est qu’il y a un risque d’avoir des élections locales peu représentatives. Selon certains observateurs, le bilan actuel fait craindre la représentativité qui sera celle des instances de représentations au Cameroun, comme le parlement, le Sénat et même les conseils régionaux et communaux. Sur la base des chiffres du recensement de 2010, ils estiment à près de 9 millions, le nombre de potentiels électeurs présents au Cameroun. Dans leur logique, si le chiffre de 5 millions d’inscrits peut être compréhensible pour une élection présidentielle, dans le cadre des élections locales, on devait atteindre des objectifs plus importants. Avant même les élections proprement dites, le taux d’inscription est un indicateur de l’état d’esprit de nombreux de camerounais, qui ne font plus confiance à leurs élus locaux. L’autre réflexion que soulève les chiffres des inscriptions est que peut être ELECAM n’avait pas dit la vérité sur le nombre d’inscrits déclarés, 7,5 millions de personnes, lors de l’élection présidentielle de 2011. En principe la direction générale d’Elecam doit annoncer dans deux jours la fin des inscriptions. Mais dans les milieux autorisés, il se dit que les opérations pourraient se poursuivre. D’une part, c’est le DG d’ELECAM qui s’était fixé des délais sur des bases de budgets, au mépris de la loi qui dispose que les élections se poursuivent jusqu’à convocation d corps électorale par le président de la république en période d’année électorale.


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