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Regards croisés sur les vertus du dialogue et de la tolérance

Par Guy Samuel Nyoumsi, Vice-président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN)

Au moment où se tient la 71ème session de l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New-York, la prise de parole des Chefs d’Etat à la Tribune du même nom, campe prioritairement les guerres avec leur cortège de souffrances ; la question des réfugiés d’essences diverses ayant atteint un niveau inégalé ces dernières années ; le défi climatique devenu un enjeu planétaire de premier ordre ; l’internationalisation du terrorisme, rendue au stade de la menace d’effondrement des piliers sur lesquels sont structurés et bâtis nos Etats et Nations du 21ème siècle.

Les thématiques sus énumérés ne revêtiraient leur pertinence et leur efficacité que si, l’Organisation des Nations-Unies (ONU) issue de la Société des Nations (SDN) dont le Général de Gaulle, en son temps, avait eu la lucidité ou l’incongruité de qualifier de « machin », « prenait le pli » Dieu seul sait, combien douloureux, de considérer les Nations grandes et petites comme unies dans une communauté de destin.

Passées les réclamations devenues incantatoires d’attribution d’un siège à l’Afrique au Conseil de Sécurité de l’ONU, une question lancinante s’incruste dans la conscience collective africaine : Pourquoi l’Afrique devrait-elle mériter d’être à l’unanimité des grandes puissances logée « au ban des Continents n’ayant pas qualité de décider dans le concert uni des Nations » ?

Nous n’évoquons cette réalité où l’inéquité se le dispute avec la marginalisation que pour nous interroger sur une problématique de l’heure dont le compte à rebours est en marche.

Si le Continent africain est relégué aux ornières des Nations Unies, pourquoi les peuples africains devraient-ils espérer que les Constitutions africaines consensuellement adoptées par les parties prenantes à l’intérieur des Etats, puissent survivre aux crises, alors que sur un « coup de tête » des anciennes puissances tutrices, leurs décisions ou arrêts pourraient être contestés.

Le Gabon attend ce jour que la Cour Constitutionnelle vide le contentieux qui oppose le Président sortant Ali Bongo Ondimba et le Leader de « la coalition de l’opposition » Jean Ping.

Notre v u, qui dans le cas d’espèce ne saurait être pieux, est qu’il soit dorénavant admis que quiconque ne respecte pas les lois, les règlements et la constitution de son pays n’a d’autre choix que de se déclarer inapte à conduire la destinée du pays pour lequel il aspire au magistère suprême.

Les Républiques Fédérale d’Allemagne, de Belgique, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France, ont chacune en ce qui la concerne, leur constitution, leur code électoral, et l’expression des suffrages qui ne font jamais l’objet de récriminations ou d’interventions extérieures. Pourquoi faut-il, qu’en Afrique chaque pays étant en mesure selon ses lois de disposer de lui-même, il y ait des voix dans la « doxa » attitrée, pour avoir à redire, reconsidérer, voire « intervenir et punir » ?

La Communauté Internationale et l’ensemble des Nations réunies à la 71ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU ont été, fort à propos, interpellées par le Président Sénégalais Macky Sall sur l’urgence d’interroger les vocables « Nations », « Unies » et de reconsidérer le prisme « déformant » et nécessairement « contreproductif à l’aune duquel persiste le distinguo entre « grandes » et « petites » Nations.

Nous sommes parfaitement d’avis que les nations africaines ont besoin de « Leaders transformatifs » conscients de ce que : « ceux qui ne progressent pas régressent ». Le cap de l’industrialisation, les défis énergétique et climatique, l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030 doivent mettre d’accord les protagonistes politiques africains de tous bords afin que cessent les querelles intestines et stériles qui ternissent l’image du Continent dans le concert des Nations.

Un proverbe africain dit en substance : « Pour dialoguer, il faut être deux. ». Puissent les Gabonais de tous les horizons se souvenir des vertus du dialogue et de la tolérance afin que ce pays qui est cher à tous les Africains devienne ce qu’il est : un havre de paix et de prospérité pour tous.

Paris, le 23 Septembre 2016.


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