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Rencontre avec Claude Loe, consultant formateur qualité hygiène et sécurité alimentaire

Il nous raconte son parcours, son quotidien et nous parle du Cameroun son pays. Entretien

Vous êtes consultant formateur qualité hygiène et sécurité alimentaire. Cela signifie quoi exactement?
Après des responsabilités en management stratégique de la qualité et de la sécurité alimentaire dans des entreprises agroalimentaires, puis coordonnateur de projets qualité, je suis aujourd’hui en charge de projets d’amélioration de la qualité et de la sécurité alimentaire dans l’industrie de la restauration collective en région parisienne et parallèlement je collabore avec deux cabinets de conseil comme consultant formateur.

Comment définissez vous l’hygiène et la sécurité alimentaire ?
La qualité par définition est l’aptitude d’un produit ou d’un service à satisfaire, au moindre coût et dans les moindres délais les besoins des utilisateurs. Actualisée, c’est l’aptitude d’un ensemble de caractéristiques intrinsèques à satisfaire des exigences. (ISO 9000 2000). Le concept de sécurité alimentaire fait référence à la disponibilité ainsi qu’à l’accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes. Elle dépasse la notion d’autosuffisance alimentaire. Elle est toutefois à distinguer de la seule sécurité sanitaire des aliments, qui a trait à l’hygiène et à l’innocuité des aliments, ainsi qu’au maintien de leur salubrité.

Comment peut-on s’assurer qu’on mange bien et des produits contrôlés?
En matière d’hygiène alimentaire, les professionnels de l’agroalimentaire ont essentiellement une obligation de résultats: ils restent souvent libres du choix des moyens. Ils disposent d’un vaste panel d’outils, certains sont obligatoires, d’autres volontaires comme les guides de bonnes pratiques ou encore la démarche de certification ISO 9001. Ces outils s’intègrent tous dans une démarche de qualité dans la fabrication des produits alimentaires. L’assurance de la qualité est la partie du management de la qualité visant à donner confiance en ce que les exigences de qualité soient satisfaites. Mes compétences se limitent aux qualités organoleptiques et nutritionnelles des produits fabriqués. Le bien manger rassemble des notions de nutrition, de physiologie de l’alimentation et de diététique, sujets complexes dont je ne suis pas expert.

Est-ce que le fait d’avoir ces compétences et ces connaissances vous fait consommer différemment d’un citoyen lambda?
Dans l’agro alimentaire aujourd’hui, le législateur a donné des obligations au producteur en termes de sécurité. Donc ce dernier a une obligation de résultat. Je ne consomme pas différemment, mais je sensibilise sur des détails comme la date de péremption, le taux de sucre ou de gras dans un produit.

Racontez-nous votre cursus académique
Ce métier se fait suite à un diplôme de 3è cycle, soit d’ingénieur agroalimentaire ou médecine vétérinaire, ce qui est mon cas. Mais en plus il faut avoir une spécialité en management de la sécurité et de la qualité des denrées alimentaires d’origine végétale ou animale. J’ai fais un doctoral au Maroc, je suis un ancien boursier de la coopération camerounaise et marocaine.

Et vos études primaires, secondaires, vous les avez faites au Cameroun?
J’ai fais mes études primaires à Edéa d’où je suis natif. J’ai fais des études secondaires à Edéa aussi. Après le CES d’Edéa, je suis allé au collège Sacrée c ur de Makak où j’ai eu mon baccalauréat scientifique. Je suis ensuite entrée à l’université de Yaoundé où j’ai obtenu une bourse d’étude marocaine, promotion 1988/1989 économie appliquée et statistiques. Mais arrivé tard au Maroc, je n’ai pu faire ces études et j’ai eu le choix entre la médecine humaine et vétérinaire. Pour un nombre de raisons, j’ai choisi la médecine vétérinaire. Après mon doctorat à l’institut Hassan II de Rabat, j’ai choisi de continuer mes études à cause de la conjoncture au Cameroun. Et je me suis inscrit en management de la sécurité et de la qualité des denrées alimentaires à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons Alfort, en banlieue parisienne.

C’était en quelle année?
1998. Il fallait attendre d’être intégré dans la fonction publique et je ne voulais pas croiser les bras, j’ai donc décidé de poursuivre mes études en France. J’ai donc fais cette formation spécialisé dans le monde agro-alimentaire.

Les études de vétérinaires, ce n’est pas pour travailler dans des cabinets de vétérinaires ? Ou alors, ça ne vous a pas tenté ?
C’est une conception ancienne. Aujourd’hui on parle de sciences vétérinaires qui sont une ouverture vers la recherche ou l’industrie pharmaceutique. Il y’a aussi des options d’ans l’agro alimentaires et c’est ce que j’ai choisi de faire.

Est-ce que vous avez beaucoup d’interventions dans votre secteur?
Le boom de la qualité remonte à l’époque des grandes crises sanitaires de la fin des années 90 : (dioxine, farine animale). En France aujourd’hui la qualité est entrée dans les m urs, avec l’application de plusieurs directives européennes, mais aussi et sur tout les signes de garantie de la qualité symbolisés par différentes certifications à différents référentiels et normes internationaux (ISO, BRC, IFS, etc..) ainsi que différents labels.

Claude Loe
Journalducameroun.com)/n

Effectuez-vous souvent des voyages professionnels au Cameroun?
Nous suivons quelques projets de développement dans le domaine agricole et agroalimentaire ; je vais donc être amené à effectuer plusieurs missions au Cameroun dans le cadre de la mise en place, du suivi et l’évaluation. Je suis ressortissant de la Sanaga maritime et tous mes voyages restaient pratiquement privés et familial, toute ma famille résidant à Edéa.

Pour en revenir au Cameroun pensez-vous qu’on y mange sainement?
Je raffole du poulet ou du poisson braisés faits dans les gargotes, du soya et autres mets succulents de nos terroirs, quand je suis au Cameroun. Devrais-je aussi énumérer les indigestions et les gastroentérites conséquentes ? Au niveau sanitaire, pour être sérieux, oui je pense qu’on pourrait mieux faire. Ne dit-on pas que prévenir vaut mieux que guérir ? Evidemment qu’un produit manufacturé sortant de chez SCORE ou MONOPRIX est bien et sûr s’il est conservé dans les conditions optimales indiquées, que dire des produits sur les étals de nos marchés ou à même le sol, les conditions de conservation, les dates limites de conservation ou d’utilisation optimales. Il faut continuer à sensibiliser nos populations à l’hygiène en général, et à l’hygiène alimentaire en particulier, au lavage des aliments, la cuisson au point, etc.

On va évoquer deux polémiques alimentaires au Cameroun. La première est celle sur le lait chinois qui avait été interdit de vente, mais il a fallu que la ligue des consommateurs bouscule le gouvernement. Votre avis
Dans le cadre de mes missions professionnelles, je suis naturellement informé des scandales alimentaires et je suis au fait de ce qui s’est passé. Le mot qui me vient à l’esprit est la sensibilisation. Nos autorités ont intérêt à être sensibles à la notion de sécurité parce que c’est à eux qu’incombe de donner les agréments pour importer, exploiter ou produire. Pour moi le scandale n’est pas au niveau du consommateur qui lui consomme ce qu’on met à sa disponibilité, mais aux autorités. Un produit qui quitte le Chine pour le Cameroun devrait être contrôlé. C’est un devoir envers le peuple.

Deuxième polémique, les poulets dioxines appelées poulets congelés à tort ou à raison. Des associations ont reproché les pays occidentaux de déverser en Afrique et notamment au Cameroun des poulets de mauvaise qualité. Un commentaire?
Je reviens sur ce que j’ai dis. Le peuple ne peut consommer que ce qu’on met à sa disposition, il n ya pas d’autres alternatives.

La faute à qui selon vous ?
Je suis qui pour juger ?

En tant que professionnel, vous avez un avis sur les responsabilités
Les garde-fous, on les met avant que le produit n’arrive chez le consommateur. Les produits doivent être analysés avant de valider les agréments. Donc c’est un problème de procédure.

Venant des pays consommateurs ?
En effet. C’est le pays consommateur qui reçoit et qui doit donc vérifier par responsabilité vis-à-vis des consommateurs. On ne peut pas produire moins cher à l’étranger que sur place, et il arrive que des produits soient de contrebande et ne subissent pas les contrôles normaux. Là aussi, il faudra sensibiliser les consommateurs.

Vous avez des projets concernant votre expertise pour le Cameroun?
Je souhaite vivement m’impliquer davantage ; et c’est chose faite dans le cadre des projets agricoles et agroalimentaires évoqués plus haut ; concernant l’expertise, nous recherchons des partenariats d’excellence afin de faire rentrer nos produits dans d’autres marchés, satisfaire aux exigences des cahiers de charges des normes européennes par exemple ; les produits, les pratiques, la traçabilité et la formation.

Claude Loe
Journalducameroun.com)/n



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