Personnalités › Diaspora

Rencontre avec M. Makou Djouma, présidente de l’Ong Ocaproce International

Installée en Suisse, la Princesse camerounaise était la marraine du Davoc 2012. Elle nous parle de l’Ong qu’elle préside, ainsi que du Cameroun

Micheline Makou Djouma, en tant que marraine, quel est votre sentiment à la fin de cette édition du Davoc?
Un sentiment de satisfaction pour la richesse des intervenants. Satisfaction aussi par la grandeur des débats qui ont été de haut niveau. Satisfaction également pour la qualité de l’organisation et des participants.

Votre Ong OCAPROCE International, était partenaire et co-organisatrice de cette édition du Forum Davoc. Présentez nous la structure
L’Organisation pour la Communication en Afrique et de Promotion de la Coopération Economique Internationale (en abrégé OCAPROCE International), est une Organisation de droit suisse et une ONG Internationale. Son siège permanent est à Genève. Elle est dotée du statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social (ECOSOC) des Nations Unies, elle a également le statut de catégorie générale auprès de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), ainsi que des accréditations auprès du Financing for Development Office New York, du Secrétariat du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) et enfin, auprès de l’Union Européenne. Notre Organisation est présente dans 35 pays avec trois principaux sièges de représentation en Afrique: à Rabat au Maroc pour la sous-région de l’Afrique du Nord, à Yaoundé au Cameroun pour la sous-région de l’Afrique Centrale et en Côte d’Ivoire pour la sous-région de l’Afrique de l’Ouest. Pour les représentations auprès de l’Office des Nations Unies, nous avons un siège à New York, à Genève et à Vienne avec cinq représentants dans chacun des pays. OCAPROCE est également représentée en France et au Canada. Elle est représentée en Asie (Kashimir, Liban, Inde, Bangladesh), en Amérique Latine (Brésil et l’Equateur). OCAPROCE International est une Organisation où les femmes jouent un grand rôle à l’Office des Nations Unies notamment pour l’organisation des panels des discussions et Forums annuels sur les Droits humains des femmes et des enfants (droits économiques, sociaux et culturels), sur le Commerce et le Développement, sur la Communication et les Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies (OMD). OCAPROCE International uvre depuis plus de dix ans auprès des Nations Unies dans la défense des droits humains et spécifiquement les droits des femmes et des enfants. Nous avons initié et organisons un Forum international des ONG sur les droits économiques, sociaux et culturels de la femme. La quatrième édition s’est achevée le 07 septembre dernier au Palais des Nations. Par ailleurs, nous organisons tous les deux ans un colloque international sur les Droits de l’enfant dans la Société de l’Information et le TIC au service du développement Nous prévoyons d’ailleurs le 3ème Colloque de ce genre au Cameroun vers la fin de l’année 2013. Au Sommet mondial de l’Information et de la Communication (Tunis 2005), nous avons initié et présenter un « Plan Cadre Universel » pour l’éducation, la formation et la réinsertion des enfants marginalisés en Afrique (PCU). Dans ce plan d’action, nous avons eu beaucoup de difficultés parce qu’il y avait les grandes organisations qui voulaient absolument que ce plan puisse être présenté comme un plan commun du caucus, ce qui ne fut pas le cas. Dans ce plan qui a été adopté à Tunis 2005, avec un Projet pilote de construction et d’équipement d’un « Centre de référence Multisectoriel de communication et du développement social » en faveur de cette de la population. Le projet n’est pas validé à ce jour, nous attendons toujours l’accord de principe du gouvernement camerounais, exigé par les différents partenaires.

On entend toujours parler de Princesse Makou Djouma, est ce que vous pouvez-vous présenter?
Je suis Micheline Makou Djouma. Si certains m’appellent Princesse, c’est bien vrai, parce que je suis issue d’une dynastie. Je suis l’héritière de ma grand-mère, la Princesse Djouma de la dynastie des Rois de Bamougoum (Mifi) dans la région de l’ouest Cameroun. J’ai été intronisée comme « Mafo Djouma » en 1990, à Bamougoum ou je suis née, par le Roi Fotso Kenkeu de la 20ème Dynastie. J’ai fais des études primaires et secondaires techniques au Cameroun. Ensuite j’ai travaillé comme secrétaire contractuelle d’administration pendant dix ans au Cameroun et ai pris mon départ volontaire en 1999. Mais parallèlement je faisais mes activités économiques et à cet effet, j’avais mon entreprise d’Import-Export (Marks international Corporation) et j’étais membre fondatrice du Groupement des femmes d’Affaires du Cameroun avec Madame Françoise Foning. J’avais une autre société avec les partenaires Belges (SINCAB Sarl), mais malheureusement la crise économique ne nous a pas permis de continuer. J’ai fait plusieurs stages de formation tant au Cameroun qu’en Europe. Par exemple sur les droits de l’homme (Université d’été) à Genève, Haut-commissariat aux droits de l’homme. Nous avons des formations régulièrement aux Nations Unies (ateliers de formation sur les droits de l’enfant et des femmes). Après ce parcours j’ai créé une ONG en juin 1999 qui s’appelait Organisation Camerounaise pour la Promotion de la Coopération Economique Internationale et qui représente légalement OCAPROCE International au Cameroun. La raison qui m’a motivée était le fait que je voyais très souvent les enfants dans la rue. Un jour j’ai vu les gens fuyaient parce qu’il y avait un corps d’enfant de la rue mort à la poste centrale de Yaoundé, j’ai donc décidé de créer une association pour les aider. Puisque je connaissais déjà la scène internationale en ma qualité de membre du groupement des femmes d’affaires du Cameroun, j’ai immédiatement contacté des organisations au niveau international pour chercher des partenariats. Je suis allée dans plusieurs pays pour ça. Un jour, par une simple correspondance sur l’Internet, un expert des nations unies avait envoyé un projet sur les mutilations génitales des femmes et il demandait la traduction. J’ai fait traduire ce projet en français et à partir de là, j’ai commencé à recevoir les invitations pour participer aux conférences des Nations Unies.

c’est comme ça que vous vous êtes installée en Suisse?
M’installer c’est trop dire ! Je suis entre New York, Genève et Vienne ou je suis représentante principale de mon Organisation auprès de l’Office des Nations Unies. Lorsque j’avais obtenu le premier Statut à la CNUCED, il était question de laisser des représentants mais en Suisse je ne connaissais personne à l’époque alors je me suis proposée de travailler d’abord pour chercher les représentants par la suite mais après, j’ai eu le Statut Consultatif Spécial auprès du Conseil Economique et Social (ECOSOC) des Nations Unies. C’est en ce moment-là que les choses sont devenues plus sérieuses vu la taille du travail à faire. Mais là encore, il faut cinq représentants en dehors du Président et du Directeur administratif dont, il faut sept personnes en tout. Et je coordonne au niveau international, c’est encore plus difficile !

Micheline Makou Djouma, pendant l’entretien
Journalducameroun.com)/n

Ça se passe bien en Suisse?
Jusqu’à ce jour, ça se passe bien dans tous les pays où nous travaillons, mais ce n’est pas facile pour les ONG Africaines. Nous avons mis sur pied un Forum international sur les droits économiques, sociaux et culturels de la femme que nous défendons. Nous sommes d’ailleurs aux côtés du Conseil des Droits de l’homme pour renforcer ses actions notamment pour plaider auprès des Etats qui ont pris des engagements pour le respect, la promotion et la mise en uvre effective de ces droits des femmes dans le monde.

Quels sont les objectifs d’OCAPROCE International au-delà du Davoc 2012?
J’ai été sollicitée par Casa Net pour les accompagner dans l’organisation de cette édition du Davoc. C’est ainsi que nous avons établi des accords de partenariat à long terme. Nous allons continuer à travailler ensemble parce que nous poursuivons les mêmes objectifs, à savoir le développement du Cameroun. Quand on est ensemble on devient plus fort et je remercie aussi le gouvernement camerounais parce que c’est la première fois que je le vois soutenir une action de la diaspora de manière aussi réelle. Après DAVOC 2012, nous avons un Plan d’action et allons le poursuivre.

Quel est votre rapport avec le Cameroun?
Je voudrai vous rappeler que je suis camerounaise avant toute chose ! Je peux vous affirmer que nous avons de très bons rapports, je suis en bons termes avec les deux ambassadeurs qui sont en Suisse particulièrement avec celui des Nations Unies qui encourage beaucoup nos actions. J’aimerais que le gouvernement se donne plus de mal pour identifier les valeurs camerounaises de la diaspora et les soutenir. Tout ce que nous faisons c’est pour l’honneur du Cameroun.

Un mot pour terminer
Je voudrai dire à mon pays que je suis fier d’être camerounaise, je le serais toujours et ce pays doit aussi être fier de moi. Je voudrai également dire qu’il y’a des valeurs camerounaises cachées à la diaspora. Tout ce que je fais je le fais avec conviction pour que l’image du Cameroun soit soignée.

Cérémonie d’ouverture du Davoc, le 12 octobre 2012 à Genève
Journalducameroun.com)/n


L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé