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Rencontre de la diaspora camerounaise le 13 mars en région parisienne, Louis Henri Ngantcha nous en parle

Initiateur de la rencontre, il évoque les contours de cette action qu’il inscrit dans le temps

Quel était l’objet de la rencontre de dimanche 13 mars dernier?
En tant que Camerounais de l’extérieur, Je souhaitais rencontrer tous les camerounais de la diaspora afin que celle-ci s’exprime. Qu’elle dise comment est-ce qu’elle voit le Cameroun, comment est-ce qu’elle pense apporter sa contribution pour l’émergence du Cameroun, quels sont ses problèmes actuels et futurs, quel est son sentiment par rapport au contexte sociopolitique qui sévit aujourd’hui en Afrique en général, notamment dans le Maghreb, et dont certaines personnes en appellent au Cameroun

Un mot sur l’association qui organisait cette rencontre?
C’est l’association ACADIDE, l’Association des Camerounais de la Diaspora et des Sympathisants pour le Développement. ACADIDE c’est une association que nous avons crée il y a deux ans au Cameroun. J’ai initié cette association parce que lorsque je suis arrivé au Cameroun, j’ai fait le constat suivant : quand on rentre au pays, on a besoin d’intégration et on a besoin d’être aidé pour pouvoir investir. Et pour l’instant, il n’y a pas une structure pour cela, même si au Ministère des relations extérieures, il y a une division qui s’occupe des camerounais de l’extérieur. Malgré son uvre certaine, elle n’est pas très connue par ceux qui arrivent. J’ai donc eu à bénéficier d’apports d’amis et de frères pour pouvoir m’en sortir. Et je me suis dis ceci : ceux qui n’ont personne, comment feront ils ? Alors j’ai pensé à mettre sur pied cette association dans le but d’aider, sans prétention aucune, tous les camerounais de la diaspora et les amis du Cameroun qui veulent investir ou s’investir au Cameroun, à pouvoir mener à bien leur projet. Un cabinet d’avocat travaille à nos côtés et prochainement, nous comptons rencontrer le patronat camerounais afin de négocier avec eux des modalités pratiques pour servir d’interface visuel dans la publication et le transfert des appels d’offres en direction de la diaspora

Quel bilan peut-on tirer de la rencontre de dimanche dernier?
Je pense sincèrement que c’était une très grande réussite parce que je ne m’attendais pas à voir autant de monde pour une première d’une part, et d’autre part la richesse et la contradiction dans les échanges constituent pour moi un motif de satisfaction, mais cela appelle à beaucoup de responsabilité et d’écoute de notre part, nous qui initions une telle démarche car nous nous sommes rendus compte de l’attachement réel des camerounais à l’extérieur vis-à-vis de leur pays, nous entendons donc poursuivre cette démarche citoyenne en toute simplicité. Il y avait plus de 400 personnes. Il y en a qui sont venus d’autres villes de France ou d’autres pays, tels que le BENELUX et le royaume uni.

On doit s’attendre à la multiplication de ce type de rencontres ?
Oui ! Nous avons enregistré plusieurs demandes, et nous avons donc l’intention de faire autant que possible le tour, aller partout où il y a une communauté importante de camerounais. En Allemagne, en Italie, en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis au Canada au Brésil, et même en Afrique parce que la diaspora n’est pas qu’en occident. Je voudrais porter ce message là ! Nous savons que dans ces pays là, les camerounais s’organisent déjà brillamment, nous apporterons juste notre ouverture et notre écoute ainsi que notre expérience du terrain comme valeur ajoutée.

Est-ce que vous pensez que ce type d’action suffise à résoudre le problème qu’on a évoqué tantôt ?
Il faudrait être prétentieux pour penser que ce type d’action à elle seule peut suffire. D’ailleurs il y a beaucoup de gens qui font des choses. Je n’innove pas ! Mais la différence est que j’ai vécu à l’étranger et aujourd’hui je suis élu sur le terrain au Cameroun, donc je pense que je suis suffisamment crédible pour dire fidèlement ce qui se passe au Cameroun et expliquer également au camerounais sur place ce qui constitue la diaspora et quel peut être son apport. Ayant à l’intérieur le regard d’une personne qui a vécu longtemps en occident, je pense en outre que la diaspora a des attentes, mais c’est dans la paix et la stabilité qu’on peut trouver un écho et des réponses à cela. Cette majorité là, je l’incite à prendre la parole car jusqu’à présent on écoute que ceux qui parlent haut et fort, ceux qui sont véhéments. Je pense que la diaspora peut être une « diaspora de proposition ».

Jean Paul SAMNICK le modérateur (à gauche) et Louis Henri Ngantcha, le président de Acadide (à droite), le 13 mars 2011
Journalducameroun.com)/n

Comment est perçue la diaspora au Cameroun ?
On perçoit à tort la diaspora camerounaise d’une manière négative. On se dit, voilà des gens qui sont partis, ils ont oublié cette terre qui les a vu naître, les a nourris. Certains sont même partis avec des bourses financées avec l’argent du contribuable et aujourd’hui, ils sont à l’abri et demandent à nos enfants de descendre dans la rue pour faire comme en Egypte, en Algérie ou en Tunisie mais aussi avec beaucoup de suspicion, et malheureusement le comportement d’une infime minorité peut être nuisible à l’ensemble.

Et pour vous c’est quoi le problème ?
Il y a aussi un besoin de dialogue entre les pouvoirs publics et les camerounais à l’extérieur du Cameroun. Certaines personnes n’ont même pas la bonne information. Je suis venu avec des reportages sur les réalisations au Cameroun en matière de voirie urbaine. J’ai fait passer cela en boucle dans la salle. Il y avait des gens qui étaient surpris de voir qu’à Douala, on a des routes qu’on a aujourd’hui. Certaines personnes voyaient Yaoundé et se demandaient si c’était vraiment Yaoundé. Juste parce que les gens n’ont pas la bonne information. Vous savez, la communication c’est quelque chose d’important et il y a ce manque de communication aujourd’hui. D’où la création de cette plateforme et c’est dans les doléances de la diaspora. Certains demandaient même qu’il y ait un ministère chargé de la diaspora.

Vous parlez de création de plateforme. Ça veut dire qu’il faut envisager un rapprochement entre votre mouvement par exemple et les autres, qui à vos yeux sont véhéments
Il ne s’agit aucunement de rapprochement mais d’un acte d’intelligence collective citoyenne autour des valeurs et du devenir de notre chère Nation. Ce sont des camerounais et j’ai envie de leur dire à travers mon action citoyenne qu’il existe des méthodes encore plus efficaces, constructives et surtout moins nuisibles à la communauté pour faire entendre sa voix et participer à l’épanouissement de la cité.

Est-ce que vous avez réellement pensé à ce rapprochement là?
Dans un premier temps, il fallait d’abord que j’écoute ceux qui sont dans la majorité silencieuse. Cette majorité qui ne s’exprime qu’à travers son aide quotidienne à la famille, à travers son intégration responsable et brillante dans chaque pays où elle se trouve et cela a commencé à Paris ; les gens ont pris position pour dire leur préoccupation par rapport à l’évolution de leur pays, leur volonté chère de voir les structures évoluer positivement mais aussi leur aversion pour le désordre, la casse au Cameroun, les insurrections et autres, certains ont d’ailleurs rappelé leur expérience malheureuse du début des années 90 avec les villes mortes etc.. Idée qu’ils ont condamné énergiquement ; disent ils, « le Cameroun n’est pas la Tunisie, le Cameroun n’est pas l’Egypte ».

On va terminer par un mot sur vous
Je suis Louis Henri Ngantcha, je suis né le 06 mars 1967 à Loum, j’ai vécu en France pendant une vingtaine d’années, mon épouse et mes enfants y vivent toujours. Je suis expert en hygiène du travail, sécurité incendie. Ici en France, j’ai travaillé au ministère de l’éducation nationale et au ministère de l’industrie. Je suis rentré au Cameroun en 2004. Je suis maire élu à Loum depuis 2007.

Vous pouvez nous situer Loum?
Loum est à une heure trente de route de Douala, Loum a comme départements limitrophes le Nkam, c’est-à-dire Yabassi qui est au Sud de Loum, au Nord, nous avons la ville de Tombel, à l’ouest, on a Nkongsamba. Donc c’est une ville carrefour, c’est une ville qui a 120 000 habitants, où toutes les ethnies se côtoient et où il fait bon vivre. C’est une ville agricole, terreau favorable à l’expansion agricole chère à la politique du gouvernement où j’invite d’ailleurs particulièrement tout membre de la diaspora à s’y promener et y investir, ils s’y sentiront à la maison.

Photo de famille avec quelques participants
Journalducameroun.com)/n



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