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Renforcement du marché financier au Cameroun, un palliatif contre la crise économique

Certains experts de l’environnement des affaires au Cameroun suggèrent un renforcement des pouvoirs de la Douala Stock Exchange

La crise économique mondiale en cours a relancé les questions relatives aux financements des économies en Afrique en général et au Cameroun en particulier. Des études récentes révèlent que pour ce qui est du Cameroun, seulement 22% du PIB qui est l’indice de richesse globale d’un pays est destinée à l’investissement. En claire la quantité d’argent que les camerounais réservent pour le financement des activités économiques est près de quatre fois plus faible que la quantité dévolue aux dépenses d’acquisition. La réalité qu’entraine cette situation est double et liée. La première est la faible affectation de l’épargne publique comme privée, qui empêche le renforcement de l’existence des structures de production ou de prestation de service locaux. La deuxième qui découle de la première soumet l’économie camerounaise aux contraintes tant des investissements étrangers que des cours du marché internationaux. Autrement dit, dans un contexte de crise comme celui d’aujourd’hui, la diminution des sources extérieures d’investissement implique des restructurations qui ont souvent pour corolaire au mieux des réductions d’effectifs donc l’augmentation du chômage, au pire des désinvestissements.

C’est pourquoi depuis un certain nombre d’année déjà au Cameroun, des experts de l’environnement des affaires se battent pour que le marché financier puisse déployer la pleine capacité de ses moyens. C’est le cas de Jean Pascal Eyebe Mpesse. Pour ce conseiller juridique et fiscal les avantages que l’économie camerounaise tirerait à renforcer les pouvoirs de la Douala stock exchange sont multiples. Elle peut être utilisée comme un instrument de financement des entreprises et de l’économie. En ce sens que l’on peut recourir essentiellement à l’emprunt obligataire ou à l’offre de vente en bourse des actions d’une société; à l’occasion généralement de l’augmentation du capital social: la SOCAPALM aujourd’hui en est un exemple. Comme instrument de financement de l’Etat et des collectivités territoriales, on peut procéder à l’emprunt obligataire public, comme ce fut le cas de la Cud (Communauté Urbaine de Douala). L’opération a connu un franc succès dans un pays pauvre très endetté, puisqu’elle a permis à la Cud de lever 12 Milliards en quelques mois malgré les limites de cette opération. A ce titre, si Camtel lançait un emprunt obligatoire où plaçait ses actions en bourse, sa privatisation n’aurait jamais été élastique. Déjà toutes offres étrangères sont infrastructures. L’Etat camerounais peut valablement profiter de cette situation pour lancer un emprunt obligataire pour la Camtel afin d’éviter une privatisation longue. Il donnerait plus de chance à la Douala stock exchange d’avoir plus d’une société dans son porte feuille. Il peut également créer ses propres sociétés et envisager des joints ventures avec celles étrangères pour exploiter le fer et la bauxite de Mbalam.

Elle peut également servir de mobilisation et de numération sécurisée de l’épargne publique et d’investissement des capitaux internationaux dans la création des sociétés locales, des marchés publics. Dans le cas de la promotion de la compétitivité et de la saine concurrence entre les entreprises, toute entreprise soucieuse de croissance et de crédibilité doit aspirer à être cotée en bourse. Et même les critères rigoureux et sélectifs d’éligibilité en bourse poussent par conséquent les entreprises à développer la bonne gouvernance et l’excellence. La bourse principalement au Cameroun peut être comme une technique de privatisation des entreprises publiques et parapubliques. Car, un cadre idéal de placement et de vente avantageux des entreprises publiques et parapubliques à privatiser, permet une spéculation sur les titres aidant l’État à vendre au meilleur prix les actions en vente. Il relève enfin avec pertinence qu’elle pourrait permettre une garantie efficace de la transparence et de sécurité financière dans les opérations de privatisation; en ce qu’elle assure une très grande célérité dans les opérations de privatisation, d’éluder les conflits d’intérêts auteurs de celle-ci, les détournements de fonds ou la corruption des agents publics impliqués dans les dites opérations et partant se présente aussi un instrument de promotion du capitalisme ou d’épargne populaire, en ce qu’il ouvre au plus grand nombre d’investisseurs: Personnes physiques ou morales à l’actionnariat des sociétés.

Mais en fait, la création de la bourse de Douala intégrait tous ces objectifs. Pourtant il est clair que les pouvoirs publics du Cameroun, pour diverses raisons, semblent avoir mis cette institution sur pied, plus par effet de mode que par anticipation. Des personnes bien avisées avancent que la situation bénéficient aux investissements français locaux qui seraient durement mis à rude épreuve face à la forte mobilisation des capitaux des camerounais. D’autre pensent que même si l’Etat stimule l’intérêt pour le marché financier de Douala, il lui faudrait déployer beaucoup de force pour combattre le secteur informel, principal bénéficiaire des flux internes de capitaux, du fait de l’incapacité d’une bourse des valeurs à s’imposer dans son environnement.

Bourse de Douala
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