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République démocratique du Congo: Des milliers de femmes sont violées chaque jour

Plus de 400 000 femmes sont violées chaque année, selon une étude de chercheurs américains

Les viols qui se multiplient au jour le jour au Congo-Kinshasa ont attiré l’attention d’une équipe de chercheurs américains. Ces derniers ont mené une étude qui révèle qu’environ 400 000 femmes sont violées chaque année en République démocratique du Congo, soit plus de 1150 par jour et près de 50 par heure. Les chiffres publiés le mercredi 11 mai dans The American Journal of Public Health, sont 26 fois plus élevés que l’estimation de l’ONU qui fait état de 16 000 viols par année en RDC. Selon l’étude, environ 60 % des victimes sont violées par leur conjoint. « Notre étude confirme que les précédentes études sur les viols et les violences sexuelles sous-estimaient gravement la prévalence réelle des violences sexuelles en RDC », a déclaré Amber Peterman, principale auteure de l’étude. Les chercheurs se sont basés sur des statistiques médicales de 2006 et 2007, portant sur 3400 Congolaises réparties sur tout le territoire. À partir de ces données, ils ont tiré des conclusions à l’échelle nationale. Les chercheurs ont extrapolé les résultats d’une enquête de santé menée en 2007 auprès de 10000 femmes âgées de 15 à 49 ans en les combinant à des estimations de la population totale. Tous les chiffres proviennent de services de l’administration congolaise assistés par des bailleurs de fonds internationaux. Les universitaires constatent que les violences sexuelles sont largement répandues en-dehors des zones de guerre de l’est du pays, où différents groupes armés sont responsables de milliers de viols. La province de l’Equateur, à plus de 1000 km des attaques de groupes rebelles du Kivu, figure ainsi parmi les plus touchées.

Les scientifiques américains de l’étude remarquent que leur estimation, qui porte sur tout le territoire national, est bien supérieure. Ils constatent également qu’un nombre encore plus important de femmes rapportent avoir eu des relations sexuelles forcées avec leur partenaire habituel. Ces conclusions rejoignent celles d’autres études récentes, selon lesquelles les violences sexuelles ne sont plus seulement des faits de guerre mais se répandent aussi dans la société congolaise. Cependant, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende estime que l’augmentation des statistiques sur les viols relève plus des progrès dans leur signalement que d’une montée de la violence. « Là où il n’était même pas possible aux victimes de faire enregistrer un cas qui leur est arrivé, maintenant la chose est possible, et donc il est tout à fait normal que nous ayons connaissances de cas qu’il ne nous était pas possible de connaître avant », a déclaré monsieur Mende. Les Nations unies émettent des doutes quant aux résultats de la recherche. La responsable de l’équipe de l’ONU chargée de la lutte contre les violences sexuelles en RDC, Beatrix Attinger Colijn, juge que les auteurs se sont fondés sur un échantillon trop petit et n’ont pas assez pris en compte les facteurs culturels. Elle estime par ailleurs que des statistiques vieilles de cinq ans ne sauraient refléter la situation actuelle.

Depuis plusieurs années, la RDC, qui compte 70 millions d’habitants, est déchirée par la guerre depuis plusieurs dizaines d’années. Les milices utilisent les violences sexuelles contre les civils comme une arme de guerre. Dans le Nord-Kivu, la province la plus éprouvée par les conflits, 67 femmes sur 1000 ont été violées au moins une fois, selon l’étude. Les auteurs de l’étude recommandent par ailleurs que les futures politiques de lutte contre les violences sexuelles soient étendues au-delà des zones de conflits armés et s’attaquent à leur acceptation par la société.

Selon le rapport, 50 femmes sont violées toutes les heures en RDC!



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