Politique › Institutionnel

Retour sur l’affaire Bapès Bapès

L’actuel ministre des Enseignements secondaires, mis en détention provisoire et libéré 24 h après, est poursuivi, d’après un journal judiciaire, pour détournement de près de 800 millions de F

Louis Bapès Bapès, l’actuel ministre des Enseignements secondaires du Cameroun, auditionné le 31 mars dernier par une juge d’instruction du Tribunal criminel spécial, Annie Noëlle Bahounoui Batendè, avant d’être aussitôt inculpé et placé en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé le même jour, pour se voir libéré le lendemain, serait poursuivi pour le détournement d’une enveloppe d’un peu plus de 746,613 millions de FCFA.

Les chiffres sont ceux de l’hebdomadaire camerounais spécialisé dans les affaires judiciaires, Kalara, qui indique que le détournement supposé concerne des sommes destinées au Fonds de solidarité et de promotion de l’éducation, et des primes du personnel du ministère des Enseignements secondaires (Minesec). Cette affaire contre l’actuel ministre, selon le journal dirigé par Christophe Bobiokono, n’est que la suite de l’interpellation, en janvier 2010, d’une vingtaine de responsables du Minesec au tribunal de grande instance du Mfoundi.

Louis Bapès Bapès aurait été épargné à cette époque par des pressions venant de la présidence de la République, du fait de son statut de membre du gouvernement. On se souvient qu’il n’en avait pas été de même pour la deuxième personnalité du Minesec, Catherine Abena, nommé en 2004 par décret présidentiel en même temps que Louis Bapès Bapès, comme secrétaire d’Etat auprès du ministre des Enseignements secondaires. Catherine Abena a été inculpée et mis en détention provisoire en 2010, libéré l’année suivante du fait de son état de santé, elle est décédée en mars 2014, au moment où son dossier devait s’ouvrir au Tribunal criminel spécial. Bapès Bapès aurait bénéficié de sa reconduction au gouvernement en 2011 pour voir les poursuites contre lui renvoyées.

La juge d’instruction qui a décidé d’auditionner le ministre, de l’inculper pour détournement de deniers publics, et de le placer en détention provisoire avant de le faire libérer le 1er avril 2014, aurait été soumis à diverses pressions dont la principale est liée au fait que le président de la République ait refusé de le relever de ses fonctions, en décidant, le 1er avril 2014, de se rendre en Belgique pour le 4e sommet Union Européenne – Afrique. Ce qui a mis le magistrat, « dos au mur », selon l’expression de Kalara, conjugué à un état de santé « un peu chancelant » du ministre.

En étant toutefois inculpé, la comparution de Louis Bapès Bapès est attendue pour tirer au clair les responsabilités présumées de trois autres ex-responsables du Minesec en prison depuis plus de quatre ans en attente d’un jugement: Mme Minko née Eboutou Rose, ancien contrôleur financier du Minesec ; Nicodème Akoa Akoa, ancien inspecteur général dans ce département ministériel ; Jean-Rouly Mbila, ancien directeur des Examens, Concours et de la Certification au Minesec.

Louis Bapès Bapès
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