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Sakio Bika: «Je dédie mon titre de champion du monde à mes amis de Newbell à Douala»

Ce camerounais d’origine qui avait immigré en Australie est aujourd’hui champion du monde des supers moyens, il revient sur cette victoire et parle de ses projets pour le Cameroun

Sakio Bika bonjour vous voilà champion du monde de Boxe dans votre catégorie des Super Moyens comment vous êtes-vous sentis lorsque les juges ont décidé que c’était vous le vainqueur ? Un aboutissement, un soulagement ou quelque chose d’autre?
Après le signal de la fin du 12eme round, je me suis retourné vers mon camp et nous étions très optimistes quant à la décision qui devrait suivre. En effet, aux deux derniers rounds, je me suis donné au maximum pour m’assurer une victoire. Néanmoins, il y avait quand même un peu d’angoisse, car comme vous le savais, en boxe rien n’est jamais certain jusqu’à ce que la décision soit officiellement soit annoncée. Ainsi, dès l’annonce officielle de ma victoire sur décision des trois juges par l’annonceur Jimmy Lennon Jr que j’étais le nouveau champion du monde super moyen, mon équipe est moi étions aux anges.

Beaucoup de gens parlent aujourd’hui de cette victoire mais peu de gens savent ce que vaut ton titre au Cameroun peux-tu l’expliquer à tes frères camerounais?
Cette dernière victoire s’inscrit dans une série de récentes victoires. En 2008 déjà, j’ai été consacré champion du monde IBO (International Boxing Organization), catégorie super moyen. Cette nouvelle victoire au championnat du monde WBC (World Boxing Council) en 2013, marque une étape importante dans mon parcours professionnel et représente le couronnement d’un long travail et aussi la réalisation de mon rêve de devenir deux fois champions du monde. Pour les non connaisseurs du milieu de la boxe, Il faut quand même rappeler que des boxeurs de renoms tels que Valery Klisko, Sugar Ray Leonard, Mohamed Ali et Mike Tyson ont combattu durement avant moi pour gagner ce même titre. Vous comprenez donc ma grande fierté après une telle victoire. Devenir le premier camerounais à faire partir de la trame de ces grands champions représente une double fierté pour moi. Imaginez mon émotion lorsque les champions tels que Valery Klisko, Floyd Mayweather et De La Hoya sont venus dans mon vestiaires mes féliciter et me dire combien ils ont aimés le combat.

A qui dédiez-vous cette victoire?
Je veux tout d’abord dédier ce titre de champion du monde à ma fille Bika Zali Alice qui est née lorsque je préparais ce combat aux USA, mon épouse et mes deux garçons, ma famille au Cameroun ainsi qu’à tous les Camerounais. Je pense plus particulièrement à mes premiers entraineurs camerounais Botogo Gilbert Ajax, Jean Paul Mognemo, Banga et Justin Tchuem. Je pense également à mes amis avec qui je m’entrainais au Camp TF de New-Bell et du Camp Yabassi. Je dédie aussi cette victoire à Ekoulé Ernest, ancien président provincial du Littoral de la boxe. Sans oublier Mr Urbain Nini Teunda qui m’a beaucoup soutenu lors de mes premiers pas en boxe. Enfin, je tiens à remercier le Gouvernement du Cameroun qui a contribué à faire de moi le boxeur de renommée internationale que je suis aujourd’hui.

En 2010 alors que vous accordiez une interview à JDC (www.journalducameroun.com) vous disiez déjà que devenir champion du monde n’était pour vous qu’une question de temps, alors dites-nous en résumé un peu le parcours qui vous porte jusqu’à la tête de votre catégorie?
Oui, en effet je m’étais conditionné pour un tel aboutissement. Début ma première victoire du championnat du monde en 2008, mon objectif principal était de réaliser le rêve de devenir double champion du monde avec une victoire a la BWC. Aussi, je me suis mis au travail avec des entrainements tant en Australie qu’aux USA. Il faut quand même rappeler que cette victoire est l’aboutissement d’un long parcours qui a commencé au Cameroun où j’ai été successivement champion du littoral, champion du Cameroun. Par la suite en Afrique, où j’ai été champion d’Afrique Centrale et champion d’Afrique. Aussi, j’ai représenté le Cameroun aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Au niveau de l’Australie, je suis devenu champion Australien en 2003 et champion Australie-Pacifique en 2006. En outre, j’ai été champion OPBF (Oriental and Pacific Boxing Federation) en 2004 et 2005 au Japon. En 2008, j’ai gagné le championnat du monde IBO (International Boxing Organization). En 2012, j’ai gagné deux ceintures: une américaine, la NABF (North American Boxing Federation) et une intercontinentale, la WBO (World Boxing Organization). En 2013, j’ai participé avec succès aux phases éliminatoires de la WBC qualifiantes pour la première place mondiale. Comme vous pouvez le constater, cet aboutissement est un long parcours et je peux vous assurer que ça n’a pas été un long fleuve tranquille. Il y a eu des moments de défaites et de doutes. Mais, je ne me suis jamais découragé et j’ai gardé le cap. J’ai persévéré et redoublé d’efforts au travail.

Comment votre victoire a été accueillie en Australie pays dont il faut rappeler vous avez aujourd’hui la nationalité?
Le combat pour la ceinture du WBC était télévisé en direct en Australie, ce qui peut vous indiquer l’intérêt que les Australiens avaient pour ce combat. Cette victoire a été célébrée par beaucoup d’Australiens ainsi que les camerounais résidents en Australie tant dans les bars tard en soirée qu’en famille. A mon retour à Sydney, malgré le fait qu’on n’ait pas rendu publique les détails de mon arrivée, j’ai été très surpris par l’accueil enthousiaste de nombreux personne qui avaient passées de nombreuses heures à m’attendre à l’aéroport international de Sydney. Par ailleurs, de nombreux récits de ma victoire ainsi que les photos du combat ont été publiés dans la presse écrite et en ligne en Australie. J’ai aussi été contacté pour donner de nombreuses interviews. Enfin, c’est toujours gratifiant de se faire interpeller par de nombreux fans lors de mes déplacements en ville ou lors de mes marches pour prendre des photos ou alors demander des autographes.

Sakio Bika, champion du monde de boxe, catégorie des supers moyens
journalducameroun.com)/n

Finalement on dira que le Cameroun vous a donné la vie et l’Australie l’a embellie?
Effectivement, j’adhère à votre formulation. Je suis très heureux de porter cette double affiliation. Comme vous avez pu le constater, les drapeaux des deux pays étaient présents à la fin du combat pour célébrer ma victoire.

Okay vous êtes australien sur les papiers, mais est ce que lorsqu’on vous a déclaré vainqueur vous avez d’abord pensé à vos amis de Newbell à Douala où vous avez grandi et débuté ou alors à vos copains d’entrainement de Sydney?
(RIRES) c’est certain que mes premières pensées sont allées à mes amis du pays après toutes ces années d’entraînements au pays dans des conditions pas toujours faciles. Je profite de l’occasion pour demander aux jeunes boxeurs camerounais de ne jamais perdre espoir. La persévérance et le travail bien accompli sont toujours récompensés.

Le sport au Cameroun est en quête de nouveaux héros avec le football qui vit des moments difficiles, est ce que vous reviendrez au Cameroun pour présenter votre titre et encourager de jeunes boxeurs à suivre le même chemin que vous?
Absolument, j’ai en projet de venir au Cameroun avant la fin de l’année 2013 présenter mes différentes ceintures(voirhttp://www.sakiobika.com/). J’ai aussi de nombreux projets pour le pays, y compris l’ouverture d’un complexe sportif dédié aux activités de boxe, faire la promotion des équipements de boxe (gants, coquilles, casques de protection, sac et pattes de boxe) utilisant mon label. A bientôt au pays

Sakio Bika (en blanc) avec des collaborateurs
journalducameroun.com)/n
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