Culture › Livres

Samantha Wafo: «Je ne suis pas rêveuse, mais optimiste et déterminée»

Entretien avec la jeune camerounais de 22 ans qui vient de publier un recueil de poèmes «Ma pomme de vie», paru récemment aux Editions Jets d’encre

«L’écriture, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée», nous confie Samantha Wafo, jeune auteur camerounaise dont le premier livre, un recueil de poèmes, a été édité en juin 2014 par les Editions Jets d’encre. Dans cet entretien accordé à Journalducameroun.com, la jeune poète parle l’ouvrage, de son inspiration, sa conception de l’écriture, son rapport au Cameroun, ses projets futurs, etc.

Les éditions Jets d’encre viennent de publier un recueil de poésie de Samantha Wafo intitulé «Ma pomme de vie». L’auteur peut-elle se présenter à nos lecteurs et internautes ?
Samantha Wafo, dont le nom complet est « Simone Tuekam Wafo », est une jeune écrivaine camerounaise âgée de 22 ans, née à Douala, qui a dû arrêter les études suite à des problèmes de santé. Aujourd’hui, elle se consacre entière à sa plus grande et belle passion: l’écriture. C’est ainsi qu’elle vient de publier un recueil profond de poèmes aux éditions Jets d’encre, «Ma pomme de vie», paru en Juin 2014.

Ma pomme de vie, c’est 72 poèmes qui nous promènent à travers l’amour, l’espoir, la femme, les épreuves du quotidien, la patrie. Qu’est-ce qui vous a inspiré et pourquoi le choix de la poésie ?
Mes problèmes de santé et le fait que j’ai dû stopper les études de manière forcée m’ont beaucoup inspirée. Je me suis repliée sur moi-même, tout en cherchant la guérison, j’ai dû affronter d’énormes moments de dépression. C’est ainsi que pour combattre la maladie et garder l’espoir pendant ces moments difficiles, je me suis plongée dans ce que j’aime le plus: La lecture et l’écriture. Mon inspiration me vient donc ainsi à chaque fois. Ce que je vis, ce qui se passe dans mon entourage, ce qui se passe en Afrique et ailleurs, c’est tout cet univers qui inspire mes écrits. Dans mes notes personnelles, j’ai souvent fait des chroniques politiques, des romans de faits sociaux, quelques pièces théâtrales. Mais dans ces moments de dépit, je me suis découverte aussi poète d’où le choix de la poésie.

Nous avons relevé, dans des poèmes comme «Afrique, centrale ville», « Essence de vie», cette invite à prendre positivement à la vie, ces notes d’espoir. Peut-on dire que vous êtes une rêveuse ?
Rêveuse? Je ne pense pas l’être mais optimiste et déterminée, oui je le suis ! On doit toujours tirer le bon côté de la vie et de toute chose. Malgré les difficultés qu’on peut avoir, il faut rester déterminé et se dire qu’on peut tout surmonter. Pour moi, l’espoir doit être infini.

Les notes d’espoir s’accompagnent aussi de notes de tristesse. Pouvez-vous nous parler du poème «Vent de chagrin». Les personnages ne sont-ils qu’imagination ? Entre Françoise qui refuse François en mariage, le boutiquier qui se voit refusé le visa, la patiente malade dont les parents n’ont plus d’argent, y a-t-il un lien ?
Dans le poème « Vent de chagrin », rien n’a été imaginé. Malheureusement, tous ces événements, je les ai vécus d’une manière ou d’une autre, même si la coïncidence entre François et Françoise peut paraitre surprenante. Je pense qu’il y a aussi le bonheur chez nous malgré le fait que de nombreuses personnes, à l’image du boutiquier du poème, cherchent à tout prix un visa pour l’Occident. De tous ces événements, il n’en ressort que chagrin, tristesse, amertume entre une déception de c ur, le rêve d’un monde meilleur brisé, et une maladie qui nous tue à petit feu faute de moyens financiers.

En lisant «Matin Bonheur», «O toi», « Douala la belle », on retrouve cet amour des lieux de l’enfance. Que représente pour vous la ville de Douala ?
Douala la belle, c’est la ville dont on ne devrait pas rêver, de par son désordre urbain, ses habitants à l’esprit « je m’en fous » qui ne se soucient, et ne se préoccupent de rien d’autre que leur gagne-pain. Elle n’est peut-être pas belle comme les grandes villes du monde : Londres, Paris, Istanbul… avec leurs monuments, immeubles, espaces verts… Mais elle est belle à sa manière. Tout ce qui la constitue, ce mélange de cultures, la rend spéciale. Il faut y vivre pour comprendre cette sensation tout comme « le Cameroun ». On s’en plaint mais en regardant parfois ce qui se passe ailleurs, on se dit : « Mieux chez nous ».

Qu’est-ce qui vous amène à magnifier la femme et en particulier la mère ? A de nombreuses reprises, les poèmes lui parlent («Au nom de l’amour», «Lettre à un père inconnu», «Paroles d’une mère», «déjà», etc.)
Si vous le permettez, j’en profite pour dire à ma mère que je l’aime beaucoup ainsi qu’aux nombreuses mamans que j’ai. Pour moi, la femme est l’essence même du bonheur d’un homme, la mère l’essence du bonheur et de la réussite d’un enfant, d’une famille. La femme est une pièce maitresse de nos vies quotidiennes. Lorsqu’elle est de bonne de moralité, elle transmet le succès. Je trouve qu’on ne la valorise pas assez. Elle-même ne prend pas suffisamment son destin en main. Elles sont peu celles qui le font. Il faut un réveil de la femme.


Que représente l’écriture pour vous ?
L’écriture c’est la plus belle chose qui me soit arrivée. Quand j’y pense, j’en ai les larmes aux yeux, de joie bien sûr. Je veux en faire mon métier pas pour gagner de l’argent, mais pour partager cette passion avec les autres; voyager à travers le monde pour parler de ce que je vis, de ce que peuvent vivre les gens, ce qu’ils ressentent, dénoncer et apporter une lueur d’espoir dans les vies. Même à 80 ans, si Dieu me permet d’y arriver, je me vois toujours en train d’écrire. Je ne sais pas quoi, mais j’écrirais si j’en ai les forces. Je pourrais avoir une autre tâche mais je ne me sentirai aussi bien que lorsque j’écris L’écriture c’est ce que je suis, c’est moi, c’est ma vie.

D’autres projets en cours ?
Oui, j’ai des projets en cours. La sortie prochaine d’un autre livre, « un roman » dans lequel je souhaite que les gens en ressortent l’esprit plein « d’optimisme » face à tous les obstacles que l’on peut rencontrer, surtout en ces moments de crises et conflits que nous vivons. Je souhaite également qu’à travers moi, beaucoup de jeunes camerounais et africains se lancent dans la lecture et l’écriture. L’Africain ne lit pas. Quelqu’un disait un jour:  » Si tu veux cacher un trésor à un Africain, mets le dans un livre ». Les grands écrivains africains sont pour la plus parts des « Vieux », où est passé la jeunesse? Qu’est-ce qu’elle fait donc de son stylo ? Je ne suis qu’à mes débuts? Je ne prétends pas être un modèle. Je veux seulement voir les jeunes prendre le royaume de l’écrit. C’est aussi une façon de changer les choses.

Un mot pour la fin?
Je vous remercie de m’avoir donné cette tribune pour m’exprimer et parler du livre. Le même sentiment va à l’endroit de vos lecteurs et internautes. Je profite surtout de votre tribune pour dire un grand merci à ma maison d’édition: Les éditions Jets d’Encre, qui ont apprécié mon travail, m’ont accompagnée dans cette aventure malgré mon statut d’auteur inconnu. Cette maison d’édition m’a permis de réaliser mon rêve en faisant un merveilleux travail sur cette uvre. Il faut savoir être reconnaissant, alors je leur dit: «Merci, en espérant que cette aventure ne fait que commencer.

Samantha Wafo
Journalducameroun.com)/n


L’Info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé