Sport › Football

Samuel Eto’o: « La Fecafoot menace de me tuer »

La star camerounaise qui accuse les dirigeants de sa fédération d’incompétence s’est confiée sur le site Je Wanda.

Dans un entretien vidéo hallucinant de deux heures de temps avec la revue camerounaise Je Wanda, Samuel Eto’o dénonce, dans une langue vulgaire du Cameroun (camfranglais), les agissements de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) et dit craindre pour sa vie. «Ils me menacent, ils veulent me tuer. Je vis aujourd’hui avec un groupe de policiers. Un dort même devant ma porte. Ce n’est pas par snobisme, c’est pour ma sécurité, a avoué l’attaquant international de l’Anzhi Makhachkala. Je ne porte pas l’équipement donné par la fédération, je demande tout directement à Puma. Je ne mange pas avec mes coéquipiers car j’ai peur qu’on m’empoisonne.» «Les dirigeants sont des incompétents, des corrompus. Ce sont de vieilles personnes qui ont gaspillé notre argent au lieu de servir le football. Ils ne pensent qu’aux voyages en première classe et à leurs comptes en Suisse», a poursuivi l’ancien joueur du Barça, demandant leur démission. Absent de la Can 2013, le Cameroun a perdu mercredi dernier contre la Tanzanie (0-1) lors d’un match auquel Samuel Eto’o a refusé de participer, sous prétexte qu’il est blessé. Voilà plusieurs mois que les relations entre Samuel Eto’o et sa Fédération sont houleuses, pour le dire le moins. Ces derniers temps, elles ont atteint le point le plus culminant. Après huit mois de suspension pour avoir boycotté un match amical contre l’Algérie, le joueur le mieux payé au monde (20 millions d’euros par an à Anzhi Makhatchkala) avait été convoqué le 25 août dernier pour jouer contre le Cap-Vert. Mais, il avait refusé de jouer ce mach aller du dernier tour des éliminatoires de la Can 2013. A l’époque, il avait évoqué «l’amateurisme et la mauvaise organisation» au sein de l’équipe du Cameroun.

Depuis, le quadruple ballon d’or africain (2003, 2004, 2005 et 2010), qui a rejoué avec les Lions indomptables lors du match retour contre le Cap-Vert à Yaoundé, a précisé sa pensée devant les internautes de Je Wanda. «Il y a certains messieurs qui veulent continuer à gérer l’argent que nous autres (joueurs) nous générons pour voyager en première classe, construire de très belles maisons, rouler dans de belles voitures à la sueur de nos fronts », a déclaré le meilleur buteur de l’histoire des Lions. Joint au téléphone, le chef de département de la communication de la Fécafoot Junior Binyam, indique qu’il n’y aura pas de réactions officielles «aux élucubrations de Samuel Eto’o. Puisqu’il n’y a rien de concret dans ce qu’il a dit. Il n’a pas avancé un seul chiffre, un seul lieu, et encore moins un nom (concernant les menaces de mort) ».

En évoquant la Can qui s’est achevée dimanche avec le triomphe du Nigeria, Samuel Eto’o a fait remarqué qu’elle a été d’un assez bon niveau, mais que le mérite est aux équipes africaines « qui ont accepté de résoudre leur problèmes internes comme le Nigeria, le Togo. ». Et parlant du Togo, prochain adversaire du Cameroun aux éliminatoires de la Coupe du monde 2014, le capitaine des Lions indomptables, très pessimiste, indique qu’il « Ne voit pas le Cameroun en train d’affronter cette équipe au vu de sa prestation à la Can et au regard de l’état actuel des Lions ». Pour ce match du 23 mars à Yaoundé, l’on verra si le sélectionneur camerounais convoquera son joueur emblématique, désormais tourné vers d’autres batailles.

Samuel Eto’o Fils, Attaquant de l’Anzhi Makhachkala
À LA UNE
Retour en haut