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Santé: Faire reculer la mortalité maternelle, un combat difficile

le nombre de décès des femmes du fait de la maternité ne recule pas assez vite

Alors que le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans a fléchi depuis 1990, la mortalité maternelle reste un problème obstinément insoluble.
Fonds des Nations unies pour l’enfance, Rapport du 15 janvier 2009

Dans beaucoup de pays, avoir un enfant demeure une aventure périlleuse: selon un récent rapport de l’Unicef, plus d’un demi-million de femmes meurent tous les ans, dans le monde, à la suite d’une grossesse ou d’un accouchement difficile. L’Afrique subsaharienne concentre avec l’Asie les plus forts taux. Ainsi, la probabilité qu’une jeune fille de 15 ans décède d’une complication liée à sa grossesse est de 1 sur 26 en Afrique, contre 1 sur 7 300 dans un pays industrialisé. Le pays où le risque de mourir en donnant naissance à un enfant est le plus grand est le Niger avec 1 chance sur 7. Sur les 536 000 décès en maternité en 2005, 533 000, soit 99%, sont intervenus dans les pays en développement. La mortalité maternelle dans le monde ne recule pas assez vite selon un rapport de l’Unicef et de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Malgré les efforts de ces dernières années, le fossé entre les pays riches et les pays pauvres reste trop grand: l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest comptabilisent 1100 décès maternels pour 100 000 naissances contre seulement 8 dans les pays industrialisés, des chiffres qui n’ont pas évolué entre 1990 et 2005. Même si elle a diminué de 0,4% par an entre 1990 et 2005, ce recul n’est pas suffisant pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement que s’était fixés la communauté internationale. Le but était de réduire de 75% la mortalité maternelle avant 2015. Pour cela, il aurait fallu que la mortalité maternelle décline au rythme de 5,5% par an entre 1990 et 2015, ce qui ne semble pas possible à rattraper. Il va donc falloir l’accélérer pour atteindre cet objectif dans les temps. C’est pourquoi malgré ce constat, l’Unicef estime que les objectifs du Millénaire pour le développement – réduire de 75 % la mortalité maternelle entre 1990 et 2015 – ne sont pas hors de portée.

Les études révèlent que 80 % des décès maternels pourraient être évités si les femmes avaient accès à des services essentiels de maternité et à des soins de santé de base.
Ann Veneman, Directrice Générale de l’Unicef

Selon L’unicef, il existe des solutions peu coûteuses qui permettraient de faire reculer la mortalité maternelle et néonatale dans les pays pauvres. La plupart des décès maternels pourraient être évités. De meilleurs soins de santé, en particulier au cours de la grossesse, de l’accouchement et de la période post-partum, jouent à cet égard un rôle capital. Au rang des interventions qui améliorent la santé maternelle, on note : les soins prénatals, des tests de dépistage du VIH et un appui psychosocial offerts par les dispensateurs de soins, la présence de personnel dûment formé au cours de l’accouchement, des soins obstétriques d’urgence, des soins post-partum et des services de planification familiale qui tiennent compte des politiques nationales. Lorsque ces interventions sont menées dans le cadre d’un continuum de soins qui intègre le foyer, la communauté, les services de santé de proximité et les services en établissement, elles ont de multiples retombées positives pour les mères, les enfants et leurs communautés.

Pour atteindre la cible des OMD, la question de la santé maternelle devra être abordée dans le cadre de dispensions continues, des soins qui reliera les services de santé essentiels pour les mères, les nouveau-nés et les enfants. De fait, les niveaux de mortalité maternelle reflètent souvent la performance générale du système de santé national des pays – en particulier au cours de l’accouchement et dans la période post natale, lorsque les nouveau-nés et leurs mères sont les plus vulnérables. La solution consiste à développer à plus grande échelle les services dont bénéficient tant les mères que les enfants car la santé de la mère est étroitement liée à celle de son bébé. Sauver la vie des mères, ce n’est pas seulement un impératif moral, comme le disait Tessa Wardlaw, Chef de la section des statistiques et de l’évaluation, à l’UNICEF c’est aussi un bon investissement qui profitera à leurs enfants, à leurs familles, à leurs communautés et à leurs pays. De fait le lien est clair entre la santé maternelle et les autres Objectifs du Millénaire pour le développement, tels que l’éradication de la pauvreté extrême, la réduction de la mortalité infantile et la lutte contre le VIH et le SIDA et d’autres maladies.


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