Santé › Conseils pratiques

Santé: Faya Tess nous parle du préservatif féminin

L’artiste est engagée auprès de l’association Afrique Avenir pour promouvoir le préservatif féminin

Faya Tess, la sirène d’eau douce du Congo Kinshasa rumba/afro-zouk est fortement impliquée dans la promotion du préservatif féminin.

Faya Tess, vous êtes la tête d’affiche de la vulgarisation du préservatif féminin dans la communauté. Il reste quand même très peu connu !
La remarque est pertinente. Faire connaître et accepter le préservatif féminin est un travail de longue haleine. C’est une révolution dans les mentalités. Si le préservatif féminin avait été crée avant l’apparition du sida et servir seulement de contraceptif, même si, par la même occasion il allait protéger contre les autres IST, cela aurait posé moins de problèmes. Dès lors qu’il a s’agit du sida, avec tout ce que l’on raconte autour, le malentendu est né. Le sida, maladie infectieuse (pour parler comme dans un langage courant), engendre des représentations qui amènent des discours stigmatisants. Or, nous savons presque tous aujourd’hui que lors d’un rapport sexuel sans préservatif, les femmes ont plus de risques d’être contaminées. En effet, le sperme contient plus de virus que les secrétions vaginales et peut rester plusieurs jours dans les organes génitaux. Les microbes passent dans l’organisme par les muqueuses. Celles du sexe féminin ont une plus grande surface et sont fragilisées au moment des règles, après un accouchement en la présence d’IST, chez les jeunes, lors du premier rapport sexuel ou encore lors des rapports non désirés, forcés, violents etc. Il faut expliquer tout cela. C’est le travail de terrain que je mène avec Afrique Avenir. Sans cette explication, on abouti à des amalgames, à des discours dévalorisants. Le chemin est long, mais avec le concours de vous les journalistes, nous y arriverons.

Les femmes le trouvent gros, difficile à utiliser cher et rare, que leurs répondez-vous ?
Ici, c’est d’abord une question d’intimité. Quand c’est bien mis, on arrive parfois à oublier qu’il est là. Ses concepteurs ont pris en compte le moindre détail. Toutes les conditions ont été réunies pour le rendre utile mais aussi agréable. Il est fait en polyuréthanne et conserve bien la chaleur. Je conseille toujours pour un bon usage de s’entraîner pour l’installer. Quant au coût, des associations se battent pour le rendre à un prix à la portée de tout le monde. On les trouve dans toutes les pharmacies et dans les associations de lutte contre le sida.

En Afrique, la sexualité est taboue. Est-ce qu’ici en France, vous êtes très sollicitée pour en parler ?
Mettons-nous d’accord. Lorsque nous parlons d’ici, nous parlons exclusivement des africains qui vivent ici en France. Rassurez-vous, nous sommes venues en France et nous avons gardé nos habitudes culinaires, nos craintes, notre façon de manger, bref nos coutumes. Ici comme là-bas, la question du sexe est restée taboue. Cela vous donne une idée sur la complexité du travail que mène Afrique Avenir. Les « hommes africains » eux sont restés les mêmes. Et on sait qu’en majeure partie, ils sont les protecteurs de ces taboues parce que cela les arrange. Moralité, une femme qui pense à sa protection est d’emblée suspectée de vagabondage. Mon rôle est celui de lui fournir des arguments pour justifier un comportement préventif.

Et en Afrique ?
Il y a là-bas des hommes et des femmes comme moi ici qui s’occupent de cette question. Il y a très peu de moyens mais le travail qui y est mené est d’une richesse… Afrique Avenir a pris l’option de travailler en direction des africains qui sont en France, Quand on parle du sida, nous avons tendance à ne voir que l’Afrique. Ici aussi, les chiffres sont alarmants. Peut-être qu’un jour, nos actions porteront jusqu’en Afrique. Nous serons heureux de venir en aide aux nôtres.

Présentez-nous l’association Afrique Avenir
Afrique Avenir est une structure associative des africains pour les africains ici en France.
Elle a vocation entre autres, de développer des actions pour la santé, l’intégration sociale et économique et l’éducation à la citoyenneté. Elle contribue à la mobilisation des populations d’origine africaine en France et les incite à assumer leurs responsabilités pour leur mieux-être. La coordination qui constitue l’organe opérationnel, animée par un Coordinateur Principal (Romain Mbiribindi) et un gestionnaire des programmes (Jean Lusilu Voza). Six permanents et une trentaine de bénévoles font vivre différents ateliers. Notamment, un secrétariat, la production des outils spécifiques, l’Aide à la vie quotidienne, les interventions de prévention dans les églises, dans les salons de beauté (Faya Tess), dans les discothèques (JP Ngueya), dans les salles des fêtes (Charly) ou encore la sensibilisation sur les dangers de produits éclaircissant (Projet EBENE), sensibilisation et éducation sur la drépanocytose (Projet SEDAM) la diffusion de magazines de santé etc.

Faya Tess sur une affiche de promotion
Afrique Avenir)/n
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