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Santé: Hausse du prix des consultations chez les médecins privés au Cameroun

La mesure annoncée depuis décembre est devenue effective en ce début d’année, le ministère de la santé marque sa désapprobation

Une mesure prise depuis décembre..
La prise en charge des patients dans les hôpitaux et centres de consultations privés au Cameroun, à connu une augmentation de 50 % depuis ce début de mois de janvier 2011. Cette situation fait suite à une décision du Syndicat national des médecins privés du Cameroun (SNMPC). L’augmentation des frais de consultation explique-t-on au SNMPC, se justifie par le coût élevé du matériel. « Tout augmente et devient de plus en plus cher. Depuis quinze ans nous appliquons les prix de 1987 et de 1994 alors que nous avons des charges à supporter », avait fait savoir face aux médias, le président du SNMPC. Ainsi, pour une consultation en médecine générale, le tarif passe de 6000 francs CFA à 10 000 francs CFA, la même consultation chez les spécialistes est désormais fixée à 15 000 francs CFA. Par ailleurs, les consultations d’urgence et de nuit passent du simple au double, de 10 000 francs CFA à 20 000 francs CFA. Les accouchements normaux sont facturés à 75 000 CFA et ceux des jumeaux à 140 000 CFA. Le SNMPC a déclaré avoir impliqué l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) avant d’annoncer la publication des nouveaux tarifs. Mais au siège de l’ordre, on se refuse à tout commentaire sur le sujet. « ce n’est pas nous qui gérons cela », a fait savoir une secrétaire qui oriente toute requête du genre, vers le syndicat qui a augmenté les prix Le sujet aujourd’hui divise dans le corps médical, et la mesure a été diversement suivie. Dans certains hôpitaux de la ville de Douala, la capitale économique, on continue d’appliquer les anciens prix. « Les malades paient difficilement et si nous augmentons aujourd’hui, cela pourrait faire fuir bon nombre d’entre eux, or entre temps les charges elles restent inchangées; donc si un privé installé en cabinet peut se permettre d’augmenter ses prix, nous dans le cadre de l’établissement hospitalier c’est un peu plus délicat », fait remarquer le responsable d’un centre de soin de cette ville

. Et que le ministère critique parce que unilatérale
Au ministère de la santé, on se dit préoccupé par la mesure. « Ce qui gêne ce n’est pas l’augmentation des prix, mais c’est d’avantage le fait que les médecins aient décidé de procéder à cette augmentation de manière unilatérale » affirme Essomba Arthur Georges, le directeur de l’organisation des soins et de la technologie sanitaire au ministère de la santé. Le gouvernement semble donc impuissant face au puissant lobby de médecins spécialistes. Dans un pays où le salaire minimum inter professionnel garanti (SMIG) est de 28000 francs CFA, les soins médicaux de qualité sont considérés comme inaccessibles pour beaucoup de camerounais. Une autre réalité est que dans les cliniques privées à priori chers ou dans les hôpitaux publics où le carnet de maladie coûte normalement 900 francs CFA, les frais de consultation prélevés varient de 3000 francs CFA à 6000 francs CFA selon que l’on est consulté par un généraliste ou un spécialiste. Dans certains hôpitaux publics, la facture d’un traitement est parfois aussi lourde que dans les structures privés, avec en prime, la qualité en moins. Le fait est qu’il n’existe pas au Cameroun, une nomenclature pour les prix pour chaque service. Lorsqu’on paye un certain montant, on ignore très souvent ce pourquoi on paye, et la panique des familles face à des cas de santé difficiles, favorisent très souvent l’absence de choix, et le règlement des notes exorbitantes. Une association de consommateurs a saisi le Premier ministre pour marquer son indignation. En réponse à cette préoccupation globale, le gouvernement répond qu’il a un vaste plan de construction de centres de santé de référence, afin d’augmenter les capacités d’accueil des hôpitaux publics. Le budget pour l’année 2011 a connu une hausse dans le domaine de la santé, mais aucun plan clair n’a encore été présenté face à cette situation. Pourtant, de l’avis des experts seule une amélioration de la qualité des soins (accueil coût, qualité capacité) dans les hôpitaux publics, permettra d’inverser la tendance.

Hôpital Laquintinie de Douala
journalducameroun.com)/n


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