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Santé publique: Le personnel médical reste insuffisant

C’est la principale conclusion à laquelle est parvenue un rapport du ministère de la Santé publique publié à Yaoundé

Selon un rapport du ministère en charge de la Santé publique au Cameroun, les 25 000 à 30 000 personnels médicaux qu’on retrouve tant dans le secteur médical public que privé ne suffisent pas à faire face aux besoins des Camerounais, qui sont deux fois plus important. Le personnel de santé devrait pouvoir atteindre le chiffre de 60 000 personnes d’ici 2016, si on veut pouvoir faire face aux besoins de santé au Cameroun. Avoir finalement du matériel et des appareils ne suffit plus. Il est plus qu’urgent de se doter d’un personnel médical, a indiqué le Professeur Kingue, Directeur des ressources humaines au ministère de la Santé. Avec des experts du ministère de l’économie et du plan, une réflexion s’est ouverte sur le plan du développement de la santé d’ici à 2015. Un deuxième challenge par rapport aux personnels soignant est leur répartition sur le territoire. Déjà peu nombreux, on les retrouve d’avantage dans les grandes villes, Douala et Yaoundé précisément, ce qui se traduit par un déficit plus que grave dans les zones semi-urbaine et rurales. Selon le ministère de la Santé publique, huit nouvelles écoles de formation d’infirmières ont été ouvertes. Le gouvernement espère ainsi faire passer le nombre de sages-femmes formées annuellement de 200 aujourd’hui à 1500 en 2020. Même là le problème ne serait pas résolu. On aura ajouté que quelques 15 000 infirmières en plus contre un besoin de 30 à 40 000. Dans son dernier numéro des Cahiers Economiques, le bureau de la Banque Mondiale basé à Yaoundé aborde la question de manière générale. L’analyse estime que pour pouvoir former une catégorie de travailleurs, il faudrait une bonne formation dès la base. Or ce n’est visiblement pas le cas. De nombreux jeunes abandonnent encore le cycle des études primaires, se privant ainsi de la base nécessaire pour pouvoir accéder à des formations plus spécifiques. Au final, le système offre seulement 2% capacité de formation au supérieur. Un chiffre qui étonne au regard du statut de pays en voie de développement qu’est le Cameroun.

Un autre défi est celui des traditions
Le gap le plus important se trouve dans la grande région du nord du pays (Adamaoua, Nord et Extrême nord). Mais dans ces régions là, on retrouve aussi les plus forts taux de sous-scolarisation des femmes, parfois pour des raisons de tradition. Cela entraine une situation où il y a peu de personnes locales formées aux soins infirmiers et un refus presque systématique pour les jeunes filles des régions du sud de déménager vers le nord. Il y a enfin la situation économique des infirmières dont on attend beaucoup et qui n’ont pas toujours un salaire satisfaisant. Vous réalisez qu’on donne des bourses à des administrateurs et à celles qui sauvent des vies rien du tout, elles sont dans une galère pas possible, fait savoir une infirmière de l’Hôpital central de Yaoundé. Paradoxalement à ce besoin, le ministère de la Santé publique avait fait face l’année 2011, à la protestation de certains infirmiers recrutés dans le cadre du programme PPTE. Ceux-ci reprochait au gouvernement de n’avoir pas perçu leurs salaires, et n’avoir pas pu être intégré. De nombreux experts estiment que c’est l’ensemble même de la politique en matière de santé qui devrait être revue. La première étape est celle de la formation du personnel administrateur. On ne peut pas continuer de confier la gestion de la santé publique à des médecins. Leur travail, c’est sauver des vies pas diriger des organisations. D’un autre côté, il faudrait envisager un véritable statut des infirmiers, ce qui n’existe pas encore. Enfin, il faut déjà penser à instaurer une assurance médicale obligatoire jusqu’à un certain niveau. Cela résoudrait les contraintes de financement des structures de santé, et ferait entrer de nouveaux investisseurs dans le domaine de la santé publique, fait remarquer un observateur. Avec une baisse de son budget, ce n’est pas demain que le ministère de la Santé publique fera efficacement face à son défi

Les personnels médicaux et leur parchemin
Journalducameroun.com)/n


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